jeudi 22 octobre 2026

Monsieur Isnard, voici des arguments pour vous permettre d’assumer vos propos courageux au sujet du prétendu « massacre du 17 octobre 1961 » à Paris

Scientifiquement, l’affaire est entendue : le « massacre » des Algériens le 17 octobre 1961 à Paris est un
montage fait à l’époque par le parti communiste et par les « porteurs de valises ».
Pour l’état des connaissances, vous pouvez vous reporter aux nombreux communiqués publiés sur mon blog, entre autres, et non exclusivement, à ceux des 9 octobre 2016, 12 octobre 2021, 19 octobre 2024, et surtout au chapitre XII de mon livre Afrique, l’Histoire à l’endroit publié chez Ellipses en septembre 2026 intitulé « Le 17 octobre 1961 à Paris, les archives contre la mémoire ».
Dans ce chapitre, je démontre, archives à l’appui, qu’il n’y eut aucun mort algérien dans le périmètre de la manifestation, et que les « noyades », bien réelles celles-là, sont antérieures et postérieures à la dite manifestation, et que leurs victimes  ne furent pas des manifestants indépendantistes algériens, mais tout au contraire des musulmans pro-Français,  des Harkis, des musulmans qui avaient refusé de payer l’impôt révolutionnaire, ou bien des partisans du MNLA de Messali Hadj assassinés par le FLN.

mardi 20 octobre 2026

17 octobre 2026, le jour où la France a pris conscience qu’elle est effectivement devenue la « colonie de ses colonies »

Ce qui s’est passé le 17 octobre 2026 est la démonstration par l’exemple de ce que j’ai écrit et annoncé dans mon livre « Comment la France est devenue la colonie de ses colonies ». A savoir que nous sommes désormais dans la phase finale de cette contre-colonisation parfaitement résumée par Houria Bouteldja dans sa déclaration de guerre aux Français « de souche » :
« Notre simple existence, doublée d’un poids démographique relatif (1 pour 6) africanise, arabise, berbérise, créolise, islamise, noirise, la fille aînée de l’Eglise, jadis blanche et immaculée, aussi sûrement que le sac et le ressac des flots polissent et repolissent les blocs de granit aux prétentions d’éternité (…) ».
 
Aujourd’hui, les pillards largement issus de nos anciennes colonies justifient leur conquête territoriale par une phrase traduisant clairement leur volonté de revanche ou même de vengeance historique : « Si nous sommes ici, c’est que vous étiez là-bas ».
 
Une conquête méthodiquement préparée depuis quatre ou cinq décennies par ces élites ethno-masochistes qui dirigent notre pays et qui ont inventé la notion de la prétendue « culpabilité française ».  
N’était-ce pas Roselyne Bachelot alors ministre de la Culture, qui osa déclarer, ès-qualités, à un journal algérien « Nous devons reconnaître que la colonisation est un crime, une barbarie et que nous y avons pris notre part » (Roselyne Bachelot à l’Opinion, le 10 novembre 2020) ?
N’était-ce pas Emmanuel Macron qui, le 17 février 2017, alors qu’il n’était encore que candidat à la présidence de la République, déclara à la télévision algérienne que « la colonisation (…) est un crime contre l’humanité, une vraie barbarie » etc…
 
Résultat, parmi les millions de néo-Français et de clandestins, nombreux sont ceux qui ne s’identifient pas à une France « criminelle ». Hafsa Askar, alors vice-présidente du syndicat étudiant UNEF fut ainsi été très claire le 15 avril 2019 quand elle déclara à propos de l’incendie de Notre-Dame :
 
« Je m’en fiche de Notre-Dame de Paris, car je m’en fiche de l’histoire de France…Wallah  …on s’en balek (traduction : on s’en bat les c…), objectivement, c’est votre délire de petits blancs ».
 
Pour les razzieurs du 17 octobre, la France n’est pas une lente construction historique dont ils seraient les héritiers, mais une terre à prendre, à conquérir. Une terre sur laquelle ils cherchent à réaliser une revanche historique de nature psychanalytique.
Ne nous y trompons pas, chez eux, il ne s’agit pas de « séparatisme » comme le psalmodient les cocus de l’histoire et les sociologues, mais  de volonté de conquête.  Ils ne veulent pas faire sécession, mais tout au contraire imposer à la France leurs normes philosophiques, sociales, politiques et religieuses, leur mode de vie et leurs mœurs... En un mot, ils veulent la soumettre.
 
Cela leur semble d’autant plus facile à réaliser que, comme l’a justement annoncé Houria Bouteldja, la démographie va mathématiquement leur assurer une place de plus en plus déterminante dans la vie politique française à travers l’ethnomathématique électorale si bien comprise par Jean-Luc Mélenchon. Or, en face, les Français de « souche » ont été désarmés physiquement, juridiquement et mentalement. Ayant perdu leur instinct de défense avec leurs repères civilisationnels, ils ne croient plus en rien, leurs femmes ne font plus d’enfants et l’exacerbation féministe y a dévirilisé les mâles…

La responsabilité historique de la gauche dite « républicaine » dans le drame existentiel que connaît aujourd’hui la France est abyssale. C’est elle qui, à partir de la décennie 1960, ne cessa, au nom de l’antiracisme, de soutenir l’immigration. Ce furent ses intellectuels qui sapèrent méthodiquement, les-uns après les autres, les principes et les institutions sur lesquels reposaient jusque-là la cohésion et la cohérence de la société française. C’est elle qui a pavé la route des pillards du 17 octobre. Mais en même temps elle s’est suicidée intellectuellement. Elle a en effet organisé, promu et soutenu une contre-colonisation dont les conséquences ont mis à bas ses grands principes fondateurs universalistes.
Voilà pourquoi, face aux monstres dont ils sont les géniteurs, les hommes de gauche demeurent sans voix, mais tout en refusant toujours de voir la réalité en face. Acculés dans une impasse idéologique et sociétale, ils continuent pathétiquement à s’agripper aux « droits de l’homme », à la « laïcité » et à l’incantation quasi religieuse à la « République ». Autant de bouées crevées qui n’empêcheront pas leur noyade…
 
Pour la gauche non mélenchoniste le choix est donc désormais clair :
 
1) Soit la « soumission », comme l’a prophétisé Michel Houellebecq, c’est à dire l’entrée en dhimmitude. Une partie l’acceptera. Certains par masochisme, les autres pour ne pas devoir remettre en cause leurs principes philosophiques. Plutôt l’esclavage que la renonciation aux dogmes fondateurs.
2) Soit la remise en question de la philosophie et des impératifs moraux qui ont permis et engendré la situation actuelle, donc, le basculement dans un paradigme de survie identitaire qui répudiera les vieilles lunes idéologiques.
 
Pour la « droite », l’heure est également à la profonde redéfinition des concepts, à l’abandon des « Nuées » comme le disait Charles Maurras, donc à la remise en question des anciennes lubies comme l’assimilation ou l’intégration.  Si tant est qu’elle veuille que la France survive, elle devra se laisser guider par les porteurs de forces créatrices, cette avant-garde consciente qui, depuis des décennies, n’a cessé, en vain jusque-là, de l’alerter. Et qui, aujourd’hui, dans le chaos de la tempête est seule à avoir un cap. Celui du courage de dire aux pillards et à certains « Français dits de papier » que si leur sort leur est ici insupportable…elle leur souhaite « bon vent »…et heureux retour « au pays ». Mais que, si, toutefois, ayant tout de même décidé de rester en France pour y jouir de ses largesses, ils persistaient à y indisposer les autochtones, ils devraient alors méditer l’adresse de Cicéron devant le Sénat romain : « Quo usque tandem abutera, Catilina, patientia nostra ? « Jusques à quand, enfin, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?».
Car ce serait alors un autre cri qui jaillirait des profondeurs de notre histoire millénaire : « Contre les Huns, tous aux Champs catalauniques !!! ».
 













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mercredi 14 octobre 2026

Octobre 1996, Laurent-Désiré Kabila prête-nom du Rwanda attaque la RDC (Zaïre). Octobre 2026, trente ans plus tard, son fils, Joseph Kabila également prête-nom du Rwanda attaque à son tour la RDC

En 1996, soutenu par les Etats-Unis et par la Grande-Bretagne, le Rwanda qui avait décidé de renverser le maréchal Mobutu allié de la France, trouva un prête-nom en la personne de Laurent
‑Désiré Kabila, vieux maquisard lumumbiste. Ce dernier fonda l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Zaïre (AFDL) dont la branche armée était formée par l’armée rwandaise dirigée par James Kabarebe, bras droit de Paul Kagamé.  

Au mois d’octobre 1996, les forces rwandaises s’emparèrent de Bukavu, de Goma, de Kisangani, puis de Lubumbashi. Abandonné par la France, et  gravement malade, le maréchal Mobutu fut incapable de résister. Le 17 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila et l’armée rwandaise entrèrent à Kinshasa. Le Zaïre redevint République démocratique du Congo (RDC) et James Kabarebe fut nommé chef d’état‑major de l’armée. L’immense RDC était devenue le protectorat du « petit » Rwanda qui, à partir de ce moment, en pilla les richesses.

Trente ans plus tard, le Rwanda se trouva accusé par l’opinion internationale de mettre en coupe réglée une partie du territoire congolais. Il décida alors de donner le change en faisant oublier la trop grande visibilité du M23, son proxy. Aussi, et tout comme en 1996, il s’abrita derrière un prête-nom fondé pour la circonstance, à savoir le Front pour la refondation de la nation (FRN). A la tête de ce dernier il mit un proche de James Kabarebe, à savoir l’ancien président congolais Joseph Kabila, condamné à mort par contumace pour trahison en septembre 2025.

Le 12 octobre 2026 Joseph Kabila, apparût à Goma entouré des chefs du M23 opportunément devenu le FRN. Président du mouvement, ses vice‑présidents sont Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga, qui, tous trois formaient l’état-major de l’ancien M23 ou de ses proxys.
Le FRN affirme agir au nom de l’article 64 de la Constitution qui prévoit la légitimité résistance à un pouvoir  illégitime. Derrière ce « noble » prétexte, la réalité est que le Rwanda vient de déclencher une nouvelle guerre intra-congolaise à la faveur de laquelle il va pouvoir renforcer et pérennise sa mainmise sur le Kivu. 

samedi 10 octobre 2026

L’Algérie abandonne les Touareg du Mali

La chute de Kidal aux mains de l’armée malienne fortement appuyée par les forces russes est le résultat du revirement stratégique de l’Algérie. Voilà qui confirme mes dernières analyses dans lesquelles j’annonçais un profond changement de la politique algérienne au Sahel (voir l’Afrique Réelle n°200, ainsi que mon communiqué en date du 2 septembre 2026 intitulé « Pourquoi l’Algérie est-elle intervenue militairement au Niger ? »). Or, un tel revirement a tout naturellement conduit à l’abandon de la politique algérienne de soutien aux Touareg. Un changement de cap amorcé après la victoire russo-malienne à Anéfis du 10 juillet 2026 (voir mon communiqué en date du vendredi 17 juillet 2026 intitulé « Mali : Anéfis, un Na San malien ? »).
Cette victoire a fait comprendre à l’Algérie que son soutien aux Touareg du Mali allait provoquer une rupture avec la Russie qui, elle, et tout au contraire, est l’alliée militaire des juntes sudistes, tant au Mali qu’au Niger.
Résultat, au mois d’août 2026 Alger et Bamako ont annoncé vouloir “tourner la page des tensions”, ce qui incluait une normalisation politique et sécuritaire, donc la fin de l’appui algérien aux Touareg du Mali. Puis fin août-début septembre, l’armée algérienne a apporté son appui à la junte nigérienne aux prises avec un coup d’Etat.
Ce total retournement de l’Algérie qui illustre ce qu’est la réalpolitique est motivé par ses intérêts gaziers (le gazoduc Nigeria-Algérie), et par le nécessaire maintien de sa coopération avec la Russie, l’arrière-plan étant sa rivalité sahélienne avec le Maroc.
Comme je l’ai expliqué dans les publications citées plus haut, la Russie a contraint l’Algérie de choisir entre continuer à aider les indépendantistes touareg et donc rompre avec elle, ou tout au contraire, s’aligner sur sa stratégie de soutien aux gouvernements militaires du Mali et du Niger. Or, les Touareg étant désormais un obstacle à ses projets énergétiques, l’Algérie les a donc abandonnés, les laissant sans appui, ce qui a permis aux Russes et aux Maliens de reprendre Kidal.
 
Quatre questions se posent désormais :
 
1) L’Algérie va-t-elle laisser les forces russo-maliennes conquérir la totalité de l’Azawad, ce qui forcerait les Touareg maliens à un exode en Algérie ?
2) Comment  l’Algérie va-t-elle justifier son abandon à ses protégés touareg ?
3) Cet abandon aura-t-il des conséquences auprès des Touareg algériens ?
4) Vers qui les Touareg pourraient-ils se tourner pour avoir les moyens de poursuivre la lutte alors qu’ils ont perdu leur sanctuaire algérien ?
 
Le numéro de novembre de l‘Afrique Réelle que les abonnés recevront le 1er novembre comportera un important dossier consacré à cette question.
Pour en savoir plus sur les origines de ce conflit, on se reportera à mes livres :
- Les guerres du Sahel des origines à nos jours.
- Histoire du Sahel des origines à nos jours.

mardi 6 octobre 2026

Nouveau livre de Bernard Lugan : Afrique, l'histoire à l'endroit


















Editions Ellipses
(200 pages, 42 cartes couleur pleine page, index, bibliographie).

Ce livre met en lumière les nouveautés scientifiques qui ont fait exploser les dogmes sur lesquels repose  le « politiquement correct africain », matrice de l’acte d’accusation de l’Europe. Des nouveautés scientifiques que le monde médiatique et la classe politique refusent de prendre en compte, soit par ignorance, soit parce qu’elles pulvérisent leurs certitudes idéologiques. Un monde médiatique et une classe politique ouverts en revanche aux divagations de l’afrocentrisme et du post-colonialisme, ces véhicules d’une pseudo histoire  naviguant  entre  mythification, fictionnalisation, tradition inventée, paramnésie historique et thérapie mémorielle.
Une thérapie mémorielle destinée à enfouir les frustrations historiques de certains déracinés dans le refuge de l’imaginaire à travers une compensation-revanche s’affranchissant des règles élémentaires de l’histoire scientifique présentée comme un « complot raciste ».
A la différence de ce prêt-à-porter idéologique et de la sélection des mémoires, ce livre est construit sur le croisement des disciplines formant le socle méthodologique indispensable à toute recherche historique dont, entre autres, l’archéologie, la génétique, la paléoclimatologie, la climatologie tropicaliste, l’iconographie, l’anthropologie, etc.
 
Table des matières
 
Quelle histoire de l’Afrique ?
Première partie : La terre et les hommes
I : L’Afrique se réchauffe… depuis 5000 ans
II : Origines : « Out of Africa » ou « « Born in Europa » ?
III : L’ethnisme n’explique pas tout, mais rien ne s’explique sans l’ethnisme
Deuxième partie : Les Traites esclavagistes
IV : La Traite atlantique : « invention diabolique de l’Europe » ou « partenariat commercial » entre  acheteurs européens et vendeurs africains ?
V : Les conséquences de la traite atlantique sur la démographie africaine
VI : Les  Traites arabo-musulmanes, tabou de « l’historiquement correct » et discrimination historique
Troisième partie : Les colonisations
VII : La colonisation française : une idée de gauche réalisée par la droite
VIII : L’Empire, un boulet économique pour la France 
IX : Les colonies africaines, un « mauvais investissement » pour la Grande-Bretagne
X : Le Congo n’a pas enrichi la Belgique
Quatrième partie : L’Histoire ou les Mémoires ?
XI : L’afrocentrisme, histoire revisitée ou thérapie mémorielle ?
XII : Gorée, une paramnésie de localisation
XIII : Le 17 octobre 1961 à Paris, archives contre  mémoires 
Cinquième partie : Les controverses historiques contemporaines
XIV : Le génocide du Rwanda avait-il été programmé ?
XV : Quatorze siècles d’islamisation ont-ils transformé les Berbères en Arabes ?
XVI : La France a-t-elle créé l’Algérie ?
XVII : Guerres du Sahel : islamo-jihadisme ou résurgence de conflits séculaires ?
 
Disponible en librairies

Pour le commander via l'Afrique Réelle :
 

jeudi 1 octobre 2026

L'Afrique Réelle n°202 - Octobre 2026

Sommaire

Numéro spécial : Les cinq verrous de la mer Rouge
- L’Erythrée
- Djibouti : le siècle français
- Afar et Issa : l’impossible démocratie ethnique
- Djibouti, un Etat-Port
- La question somalienne
- Somalie : la crise de l‘année 2026 
- La Somalie : un protectorat turc ?
- Le Puntland n’est pas une fiction
Livres
Relire Henry de Monfreid pour comprendre les constantes de la géopolitique de la Mer Rouge et du détroit de Bab el Mandeb


Editorial de Bernard Lugan

Intervenant après  la quasi fermeture du détroit d’Ormuz, la prise de contrôle de la rive arabe du détroit de Bab el-Mandeb par les Houtis alliés de l’Iran bouleverse la géopolitique des flux maritimes. Par le détroit de Bab el-Mandeb  transitent en effet  10 à 15 % du commerce mondial et près de 30 % du trafic conteneurisé. Toute perturbation dans ce détroit affecte donc immédiatement les chaînes logistiques entre l’Asie, le Golfe, l’Europe et le reste du monde. 

La mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb n’ont  pas attendu la guerre  américano-iranienne pour être au cœur de la géopolitique  mondiale. Depuis le XVIe siècle, cette artère économique majeure est en effet au centre des convoitises des  grandes et des moyennes puissances. 
Longtemps cul-de-sac, la mer Rouge est devenue un des axes maritimes mondiaux les plus fréquentés après 1869, date de l’inauguration du Canal de Suez. Cependant, aujourd’hui encore, ses rivages inhospitaliers sont longés par des boutres mouillant au débouché de ces routes caravanières si bien décrites par Henry de Monfreid, et dont les constantes ethno-tribales s’inscrivent en arrière-plan des conflits actuels.

Aujourd’hui, le contrôle de ses ports clés, Djibouti, Berbera, Assab, et plus au nord ceux du Soudan, explique la présence militaire régionale des États-Unis, de la Chine, de la France, de la Grande-Bretagne, des EAU et de la Turquie. Djibouti, « hub » militaire et logistique de la mer Rouge, accueille ainsi une base américaine, une base chinoise, une base française et des navires japonais et italiens  y sont régulièrement présents. Sans perdre de vue que la Turquie qui a fait de la Somalie un quasi protectorat a opéré un retour spectaculaire dans ce qui fut son ancienne zone d’influence dont elle avait été chassée durant le premier mondial.

L’émiettement entre trois Etats, Erythrée, Djibouti et Somalie, plus deux Etats auto-proclamés, le Somaliland et le Puntland disputés entre les puissances régionales et extra régionales, ajoute à la complexité de la situation actuelle. Le but de ce numéro spécial est d’en expliquer les constantes.

D'autant plus que depuis la fin du mois de septembre, la guerre a repris en Éthiopie, une guerre sur trois fronts (Tigré, Afar et Amhara). Avec à la base, une fois encore, des questions ethno-territoriales qui menacent de faire éclater la mosaïque ethnique d’un pays enclavé depuis l’indépendance de l’Erythrée. Or, si ce conflit devenait une nouvelle guerre de tous contre tous, ce serait alors toute la région de la Corne qui pourrait s'embraser. L'Afrique Réelle du mois de novembre 2026 consacrera un important dossier à ce nouveau conflit  et à ses conséquences.