vendredi 17 mai 2024

Comprendre la question du Sahara occidental



Durant la période coloniale le Maroc fut  territorialement amputé, à la fois à l’Est, et au Sud :
- A l’Est, la France rattacha à l’Algérie les provinces marocaines du Touat, de la Saoura, du Tidikelt, du Gourara et  la région de Tindouf.
- Au Sud, l’Espagne occupa les provinces marocaines de la Saquia el Hamra et de l’Oued ad Dahab dont elle fit la colonie du Sahara espagnol (le Sahara occidental).
 
En 1956 quand il recouvrit son indépendance, l’Etat marocain millénaire fut contraint d’entériner la perte de ses provinces de l’Est et d’accepter leur rattachement à l’Algérie, Etat créé en 1962 par le colonisateur français. Une Algérie qui, s’affirmant l’héritière de la France, refusa toute restitution territoriale au Maroc.
Plus encore, en 1975, au moment de la décolonisation du « Sahara espagnol », l’Algérie chercha à faire de cette région historiquement marocaine un « Etat sahraoui », pseudopode qui lui aurait permis de s’ouvrir sur l’océan atlantique.
L’explication  de l’artificielle question du « Sahara occidental » est que, enclavée dans une Méditerranée fermée par le détroit de Gibraltar, l’Algérie a inventé la fiction d’un « Etat sahraoui » vassal dont la création lui aurait permis de disposer d’une ouverture sur le grand large atlantique.

Plan du livre

Question 1 : Qu’est-ce que le Sahara occidental ?
Question 2 : Existe-t-il un « peuple sahraoui » ? Y eut-il dans le passé un Etat du nom de « Sahara occidental » ?
Question 3 : Le Sahara occidental est-il  historiquement marocain ?
Question 4 : Comment la colonisation détacha-t-elle le  Sahara occidental du Maroc ?
Question 5 : Le Sahara occidental n’est-il qu’une partie des amputations sahariennes subies par le Maroc ?
Question 6 : Avant le démembrement colonial, la marocanité du Sahara occidental était-elle internationalement reconnue ?
Question 7 : Comment le Sahara occidental est-il redevenu marocain ?
Question 8 : La question des frontières est-elle le coeur du contentieux algéro-marocain ?
Question 9 : L’Algérie est-elle à l’origine de la question du Sahara occidental ?
Question 10 : Le plan d’autonomie est-il l’unique solution possible au conflit du Sahara occidental ?
Chronologie
Table des cartes et des documents
Bibliographie
Index des noms propres
Index des peuples et des tribus
 
Prix du livre :
- France métropolitaine :  32 euros port colissimo compris
- UE  : 36 euros port compris
- Reste du monde : 50 euros port compris

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mercredi 1 mai 2024

L'Afrique Réelle n°173 - Mai 2024

Sommaire

Dossier: 
L’Afrique du Sud  avant les élections

- L’Afrique du Sud victime de sa cleptocratie d’Etat
- De Jacob Zuma à Cyril Ramaphosa : le lent déclin du parti-Etat ANC

Dossier :
Traites arabo-musulmanes et traite européenne

- Peut-on comparer les traites arabo-musulmanes et la traite européenne ?
- Et les esclaves européens ?
- Les esclaves français rachetés en 1785 à Alger


Editorial de Bernard Lugan

Afrique du Sud : « Face à la décomposition du pays, il va bientôt falloir se décider à en rendre la direction aux Boers » !!!
 
Cette remarque aussi désabusée qu’iconoclaste a été faite par un journaliste noir sud-africain. 
Elle illustre le naufrage d’un pays dans lequel plus de 70 meurtres sont commis quotidiennement, dans lequel le chômage touche environ 40% des actifs, dans lequel le revenu de la tranche la plus démunie de la population est inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994, et dans lequel plus d’un tiers des habitants ne survit que grâce aux aides sociales.

Comment aurait-il d’ailleurs pu en être autrement dans la « nouvelle Afrique du Sud » devenue la proie du parti-Etat ANC dont les cadres, trop souvent aussi incapables que corrompus, semblent n’avoir pour objectif que leur propre enrichissement ? 
Un parti-Etat qui va risquer gros lors des élections du 29 mai prochain car il n’aura plus l’alibi du soi-disant héritage « négatif » de « l'apartheid » pour s’exonérer de son incapacité prédatrice.

En effet, en 1994, quand le président De Klerk hissa au pouvoir un Nelson Mandela incapable de le prendre par la force[1], il légua à l’ANC la première économie du continent, un pays doté d’infrastructures de communication et de transport à l’égal des pays développés, un secteur financier moderne et prospère, une large indépendance énergétique, une industrie diversifiée, des capacités techniques de haut niveau et la première armée africaine. 

Vingt-huit ans plus tard, pris dans la nasse de leurs propres mensonges, de leurs prévarications et de leurs insuffisances, les dirigeants de l'ANC ne sont donc plus crédibles quand ils continuent à mettre en accusation le « régime d'apartheid » afin de tenter de dégager leur colossale responsabilité dans l’impressionnante faillite dont ils sont les seuls responsables.

Le tout sur fond de lutte acharnée au sein même de l’ANC entre les partisans de Cyril Ramaphosa, l’actuel président de la république et l’ancien président, le Zulu Jacob Zuma qui fut poussé à la démission en 2018 sur fond de scandales de corruption. Or, ce dernier a fait dernièrement son grand retour en politique avec un seul but : se venger de ceux qui l’ont chassé du pouvoir en 2018… 
Jacob Zuma est ainsi devenu la figure centrale d’un nouveau parti créé pour barrer la route à l’ANC lors élections du 29 mai prochain, l’Umkhonto we Sizwe (MK), du nom de la branche armée de l’ANC qui, avant 1994, mena la lutte contre le régime blanc.

[1] Voir à ce sujet mon livre « Histoire de l’Afrique du Sud des origines à nos jours ». Editions Ellipses, 2022

lundi 22 avril 2024

Niger : après les Français, les Américains priés de quitter le pays…

Vendredi 19 avril, au terme de plusieurs mois de négociations accompagnées de promesses sonnantes et trébuchantes, puis de menaces, les Etats-Unis ont été finalement contraints d’accepter de devoir retirer leurs troupes du Niger. Après les Français, les voilà donc eux aussi, chassés d’un pays qui, jusque-là, n’avait rien à leur refuser.

Avec ce départ exigé par les autorités de Niamey au pouvoir depuis le coup d’Etat du 26 juillet 2023, les Etats-Unis vont perdre leur importante base d’Agadez spécialisée dans l’écoute et dans la guerre électronique. Une emprise qui leur permettait de surveiller toute la bande sahélienne, la profondeur saharienne libyenne, ainsi que toute la région péri-tchadique. Cette base qui leur avait coûté plus de 100 millions de dollars abritait également les drones utilisés dans la lutte contre les groupes jihadistes.

Les Etats-Unis avaient pourtant pensé que, contrairement à la France, n’étant pas l’ancienne puissance coloniale, ils allaient donc pouvoir rester au Niger, d’autant plus que, jusque-là, ce pays parmi les plus pauvres du monde, n’avait jamais résisté aux « arguments » du dollar…
Mais les temps ont changé. Avec l’émergence de nouvelles puissances -Russie, Chine ou encore Inde-, les pays africains peuvent désormais se permettre de ne plus être de simples correspondants acquiesçant docilement aux diktats, notamment démocratiques, des « Occidentaux ». Ou bien d’apparaître comme d’obéissants vassaux contraints de reconnaître les nouvelles normes morales occidentales -« théorie du genre » ou « singularités » LGBT-, nouveautés totalement incompréhensibles en Afrique où un homme est un homme… une femme… une femme…

Le 16 mars, le Niger avait déjà annoncé la rupture « avec effet immédiat » de l’accord militaire le liant aux Etats-Unis, vu comme un « accord imposé ». Parmi les raisons de ce divorce, le colonel Amadou Abdramane évoqua à la télévision nationale la « condescendance » de madame Molly Phee, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines. Cette dernière avait en effet déclaré avec une arrogante suffisance que les Etats-Unis étaient prêts à reprendre leur coopération à condition que le Niger rétablisse la démocratie et cesse d’entretenir des relations avec la Russie.

De telles exigences furent naturellement jugées inacceptables par les militaires au pouvoir à Niamey et ils refusèrent donc cette mise en demeure qui déniait « au peuple nigérien souverain le droit de choisir ses partenaires ».
Les centaines de millions de dollars engloutis par les Etats-Unis dans d’aussi multiples qu’inutiles programmes d’aide au développement n’auront donc pas suffi, Washington n’ayant en effet pas compris que le temps des ingérences et de l’alignement était terminé. Au même moment, le Niger s’ouvrit avec enthousiasme à la Russie. Qu’en adviendra-t-il ? L’avenir le dira…

Quoiqu’il en soit, les premiers conseillers militaires russes ont débarqué à Niamey le 10 avril dernier avec une importante quantité de matériel. Cette nouvelle coopération nigéro-russe a été illustrée à la fin du mois de mars par un long et chaleureux entretien téléphonique entre le président Poutine et le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte. L’homme auquel, avec un grand sens des réalités adossé à une fine connaissance des mentalités africaines, le président Macron avait, tel un maître à son valet, ordonné, sous menace d’intervention ( !!!), de rendre sur le champ le pouvoir à son protégé, le président Bazoum, dont le poids ethnique, donc politique, est de moins de 0,5% de la population...

Le plus grave est qu’au lieu de tirer les leçons de ces échecs, ceux qui prétendent faire la politique africaine de la France tentent maintenant de dégager leurs responsabilités en criant au complot russe et chinois. Une attitude pathétique qui ne trompe personne car c’est bien leur incompétence, leur aveuglement et leur arrogante volonté d’imposer leurs « nuées » sociétales aux Africains, qui ont ouvert les portes du continent à ces nouveaux acteurs. Et si ces derniers y sont bien accueillis, c’est parce qu’ils n’y viennent pas pour y donner des leçons de « bonne gouvernance », pour y demander aux populations de croire qu’un homme peut accoucher ou que la démocratie individualiste est la solution pour des pays à structures communautaires…

En Afrique, la redistribution géostratégique est donc en cours d’achèvement. Au Sahel, après s’être fait mettre à la porte du Mali, du Niger et du Burkina Faso pour avoir obstinément décidé d’ignorer les avis des connaisseurs de la région, les « décideurs » français assistent aujourd’hui impuissants au développement d’un mouvement qui s’étend désormais au Tchad et au Sénégal. Bientôt sera donc définitivement fermée une parenthèse africaine française ouverte à la fin du XIX° siècle dans ces « Terres de soleil et de sommeil » si chères à Ernest Psichari.

Devant un tel désastre, que l’on ne s’étonne donc pas que certains, à la suite du grand historien qu’était René Grousset (1885-1952), en arrivent à dire que : « Quand le destin a inutilement prodigué à une société (…) tous les avertissements, et qu’elle s’obstine dans le suicide, sa destruction n’est-elle pas une satisfaction pour l’esprit ? »

Pour en savoir plus, voir mon livre Histoire du Sahel des origines à nos jours

dimanche 7 avril 2024

Monsieur le président Macron, en avril 1994, c’était aux 2539 soldats de l’ONU commandés par général canadien Roméo Dallaire de s’opposer au génocide…Non aux forces françaises qui avaient quitté le Rwanda depuis le mois d’octobre 1993…


La seule question qui se pose est en effet celle de la responsabilité de l’ONU. Pourquoi le général Roméo Dallaire qui avait tous les moyens de le faire, ne fit-il rien de sérieux pour empêcher le génocide ?

Devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), loin du héros médiatique, « capitaine courageux » face à l’indicible génocidaire, c’est tout au contraire le portrait d’un homme désemparé qui est ressorti des longues audiences. Ses fautes de commandement, ses atermoiements, ses hésitations, son absence de décision sur le terrain ainsi que ses initiatives politiques aberrantes, et parfois même incohérentes, prises en violation de la chaîne de commandement de l’ONU, font que nous sommes désormais devant l’alternative suivante :
- Soit le général Dallaire commandant des Forces de la Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda fut dépassé par les évènements.
- Soit, comme l’a écrit son supérieur, M. Booh-Booh[1], il avait reçu pour ordre de faire gagner le général Kagamé et le FPR[2].
 
En application des accords de paix d’Arusha, l’ONU devait en effet garantir la Transition démocratique. La Résolution 872 (1993) du Conseil de Sécurité du 5 octobre 1993 porta ainsi création de la Mission des Nations Unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR).
Le chef de cette mission était M. Jacques Roger Booh-Booh, nommé Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Rwanda. Il avait sous ses ordres le général canadien Roméo Dallaire qui était le chef militaire de la mission. Or, ce dernier était un officier qui n’avait aucune expérience du commandement opérationnel. De plus, il ne connaissait rien de l’Afrique.
 
Après l’attentat du 6 avril 1994, le général Dallaire ne fit rien pour s’opposer à la reprise des hostilités par les forces du général Kagame.
Alors qu’il se devait de sécuriser au moyen de ses 2539 hommes et de ses blindés, l’axe menant du centre-ville de Kigali à l’aéroport, au lieu de montrer sa force, il la replia tout au contraire dès la nuit du 6 au 7 avril, en commençant par abandonner cet axe vital pourtant sous sa garde et que le FPR coupa…
Plus largement, dès la reprise des hostilités, le général Dallaire aurait dû imposer un couvre-feu et déclarer qu’il ferait tirer sur quiconque le violerait. Le général Kagamé aurait alors hésité à lancer son offensive. Avec la compagnie para-commando belge, il disposait d’une excellente unité qui pouvait sans problèmes majeurs remplir une telle mission. Il lui aurait également fallu, avec ses blindés, occuper en ville les points stratégiques dont la tenue aurait freiné l’extension des massacres et des débordements, ce qu’il n’a pas davantage fait.
 
Le 7 avril, quand le FPR eut unilatéralement rouvert les hostilités, le général Dallaire ne condamna pas cette violation gravissime des accords d’Arusha. Encore plus insolite, au lieu d’agir sur la partie qui avait déclenché la reprise de la guerre, il somma au contraire les forces gouvernementales de rester dans le cadre des Accords d’Arusha, leur interdisant de fait de simplement se défendre.
 
Les manquements du général Dallaire qui présida au plus grand échec militaire de l’ONU depuis sa création sont à ce point nombreux qu’il est licite de demander si une telle incompétence est concevable chez un officier général, ou si l’explication de tels errements ne se trouve pas dans l’hypothèse de M. Booh-Booh, à savoir la « connivence » avec le général Kagamé.
 
Ce général canadien aurait-il donc été nommé à la tête de la MINUAR afin de permettre la réalisation du plan américain visant à évincer la France du Rwanda puis du Zaïre, et pouvoir faire main basse sur les richesses du Kivu ? 
 
Page 123 de son livre qui a pour sous-titre éloquent « Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda », J.R. Booh-Booh qui était donc le supérieur hiérarchique de Roméo Dallaire écrit ainsi sans détours que :
 
« Dallaire n’était pas neutre : il était plutôt de connivence avec le FPR. Voilà la clé qui permet de comprendre cette situation ».
 
Tant que François Mitterrand eut la capacité de gouverner, ce plan anglo-saxon fut mis en échec. Mais, après les élections législatives de 1993, et la « cohabitation » qui s’en suivit, le suivisme atlantiste des dirigeants français fit que tout fut bouleversé.
Ces évènements provoquèrent même une totale redistribution des cartes en Afrique centrale au profit du Rwanda, principal allié de Washington qui reçut un blanc-seing pour mettre l’est de la RDC (l’ex-Zaïre), à savoir le Kivu, en coupe réglée.
 
Monsieur le président Macron étiez-vous informé de cela, avant de faire porter la responsabilité des évènements sur votre propre pays et sur son armée… ?

[1] Booh-Booh, P-R., (2005) Le patron de Dallaire parle. Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda. Paris.
[2] Pour tous les détails concernant l’attitude et les responsabilités du général Dallaire, on se reportera au chapitre VIII de mon livre « Rwanda, un génocide en questions »

mardi 2 avril 2024

L'Afrique Réelle N°172 - Avril 2024

Sommaire

Actualité :
- Algérie : quel avenir pour les exportations de gaz naturel ?
- Le Rwanda et la RDC

Dossier :
Génocide du Rwanda 30 ans plus tard

- Les faits, rien que les faits…
- Assassinat du président Habyarimana : l’enquête interdite
- Un non-lieu qui pose bien des questions…
- Ces Tutsi qui accusent le FPR d’avoir assassiné le président Habyarimana


Editorial de Bernard Lugan :

Génocide du Rwanda : 30 ans plus tard

Il y a trente ans le 6 avril 1994, était assassiné le président hutu Juvénal Habyarimana, attentat qui, selon le TPIR (Tribunal pénal international du Rwanda) fut le déclencheur du « génocide du Rwanda » ou « génocide des Tutsi du Rwanda ».

Depuis, les médias répètent l’histoire officielle écrite par le régime de Kigali, à savoir que ce génocide fut « programmé »  et « planifié » par les « extrémistes » hutu. 

Or, ce postulat a volé en éclats devant le TPIR. 
Ce tribunal créé par le Conseil de sécurité de l’ONU et qui siégea à Arusha, en Tanzanie, de 1995 à 2016, a en effet, et dans tous ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide », que ce soit en première instance ou en appel, clairement établi qu’il n’y avait pas eu « entente » pour le commettre. 

Si ce génocide n’était pas programmé, c’est donc qu’il fut provoqué... Aujourd'hui nous savons que ce qui le déclencha ce fut l’assassinat du président Habyarimana. 

Or, spécialement créé pour juger les responsables du génocide, le TPIR fut interdit par les Etats-Unis et par la Grande-Bretagne de rechercher les auteurs de l’acte terroriste qui en fut la cause !!! 
Ce faisant, Washington et Londres protégèrent donc de facto ceux qui assassinèrent le président Habyarimana. 

Quant à la justice française, la seule ayant véritablement enquêté sur cet attentat, après 21 ans d’enquête, paralysée par d’incessantes interventions et manœuvres politico-médiatiques, elle a finalement renoncé à en identifier les auteurs. Certains prétendent que cela aurait pu être sur ordre du pouvoir politique français...

De fait, la France courtise  le régime de Kigali qui n’a pourtant jamais cessé de la vilipender et qui a effacé le français au profit de l’anglais. 

Cela n’a pas empêché le président Macron de faire nommer à la tête de l’Organisation de la Francophonie, une des plus proches du président Kagamé… 

A telle enseigne que, de reniement en reniement et de lâcheté en lâcheté, en Afrique, la France est quasiment considérée comme l’alliée du Rwanda… Ce qui n’est pas pour rien dans le mépris dont elle est aujourd’hui l’objet sur le continent…

Pour un bilan de la question on se reportera à mon livre : Rwanda : un génocide en questions et à mes expertises devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda).

jeudi 28 mars 2024

Culpabilisation et ethno-masochisme suite : jeudi 28 mars 2024, dans la totale ignorance du dossier, les députés ont voté la condamnation du « massacre » du 17 octobre 1961.

Un véritable scandale s’est produit jeudi 28 mars à l’Assemblée où, par 67  voix contre  11,  seuls 78 députés sur 577 étaient présents, les  510 autres étant probablement dans d’« agréables ailleurs » - mais où étaient donc les 88 députés RN et les 57 députés LR ?-, fut approuvée une proposition de résolution qui «condamne la répression sanglante et meurtrière des Algériens commise sous l'autorité du préfet de police Maurice Papon le 17 octobre 1961»  au cours de laquelle le Figaro ose écrire qu’entre une trentaine et plus de 200 manifestants « pacifiques » seraient morts, selon les «  historiens ».

Le texte porté par l'écologiste Sabrina Sebaihi et la députée Renaissance Julie Delpech
«souhaite» en outre «l'inscription d'une journée de commémoration de ce massacre» à «l'agenda des journées nationales et cérémonies officielles».

Or il s’agit là d’un scandale mémoriel car les députés ont allégrement violé la vérité historique. En effet:

1) Le seul mort « algérien » durant cette manifestation, fut un Français nommé
Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé. Par qui ?

2) Les députés ne savent même pas que sous le gouvernement Jospin, une commission d’enquête officielle a fait litière de ces accusations.

3) L’histoire de cette manifestation et de sa « répression » est parfaitement connue, sauf semble t-il des députés, et je renvoie au chapitre  IX  « Le 17 octobre 1961 à Paris : un massacre imaginaire ? » de mon livre Algérie l’histoire à l’endroit.

Retour aux faits, rien qu’aux faits.

La suite de cette analyse (87%) est réservée aux abonnés à l'Afrique Réelle.

lundi 4 mars 2024

Tchad : menaces sur le clan Deby

Le 28 février, dernier, à N’Djamena, Yaya Dillo, opposant à l’actuel Président de transition, le général Mahamat Idriss Déby Itno, fils d’Idriss Déby Itno, a été tué dans des circonstances plus que confuses par les forces de sécurité tchadiennes. Cette mort venant après l’attaque lancée contre le siège des services de renseignement illustre les grandes fragilités d’un pays abritant la chiche arrière-garde de ce qui fut la vaste présence militaire française au Sahel. Un pays pouvant, du jour au lendemain, renouer avec les sanglantes guerres civiles qui marquèrent tragiquement son histoire depuis l’indépendance.

Jamais avare d’une simplification et d’une analyse artificielle, la presse a présenté la mort de Yaya Dillo, président du Parti socialiste sans frontières (PSF), un parti d’opposition, comme s’inscrivant dans la compétition ouverte au sein des élites dirigeantes tchadiennes en vue des prochaines élections présidentielles du mois de  mai 2024. Une mort qui devrait donc être vue comme l’élimination d’un opposant politique de premier plan au général Mahamat Idriss Déby Itno.

Certes, mais ce n’est pas d’abord de cela qu’il s’agit. La réalité est en effet beaucoup plus grave car nous assistons d’abord à l’éclatement de l’alliance ethno-clanique jadis constituée par Idriss Déby Itno. Des évènements qui s’inscrivent très exactement dans ce que j’avais annoncé le 22 avril 2021, après la mort du président Idriss Déby Itno dans un communiqué intitulé « Tchad : les clés de compréhension passent par la reconnaissance des fondamentaux ethno-claniques, non par les incantations démocratiques ». (A ce sujet, voir mon livre : « Histoire du Sahel des origines à nos jours »).


La suite de cette analyse (89%) est réservée aux abonnés à l'Afrique Réelle.

vendredi 1 mars 2024

L'Afrique Réelle n°171 - Mars 2024

Sommaire

Dossier Libye : Point de situation
- La situation énergétique
- Le jeu des puissances

Dossier Mali : Le nouveau paradigme
- Le Mali entre jacobinisme sudiste et fédéralisme nordiste 
- Entre le Mali et l’Algérie, rien ne va plus… 

Histoire des Berbères
Entretien avec B. Lugan


Editorial de Bernard Lugan


Le chef de la diplomatie française, M. Stéphane Séjourné s'est entretenu lundi 26 février à Rabat, avec son homologue marocain, M. Nasser Bourita, afin de rétablir des relations normales entre la France et le Maroc. 
Des relations mises à mal par les «_ambiguïtés » élyséennes. Paris courtisait en effet Alger tout en ne voulant pas froisser Rabat. Une position intenable alors que le Maroc et l’Algérie sont à couteaux tirés au sujet du Sahara occidental. Tout rapprochement avec le Maroc passait donc par une claire déclaration française à ce sujet. Et c’est ce qu’a fait le ministre français en déclarant officiellement que « la France réitère son soutien clair et constant au plan marocain d’autonomie ».

La question va être maintenant de savoir quelles « compensations » Emmanuel Macron va accorder à une Algérie rendue furieuse par cette reconnaissance française de la marocanité du Sahara occidental… (voir à ce sujet mon livre Histoire du Maroc des origines à nos jours). 

Il n’est pas nécessaire d’être devin pour annoncer que les génuflexions auto-flagellatrices vont donc être un exercice fréquent dans les milieux officiels français. Avec en prime l’assurance que les  « facilités » de venue des Algériens en France ne seront pas vues à la baisse…

Mais cela ne calmera pas Alger qui a fait de la question du Sahara occidental  le cœur de sa politique en offrant une partie de son territoire -en réalité une terre historiquement marocaine-, à un groupe armé, le Polisario, afin de lui permettre d’y créer la RASD (République arabe sahraouie démocratique), pseudo Etat avec une pseudo justice, une pseudo armée, une pseudo diplomatie etc.

L’Algérie affirme que la question du Sahara occidental est un problème de décolonisation. Or, la décolonisation de ce territoire marocain sous colonisation espagnole a été faite en 1975 comme l’a clairement dit en 2023 M. Antonio Guterrès, Secrétaire général de l’ONU. 
Le conflit du Sahara occidental est en réalité une question artificielle qui a permis à l’Algérie d’écarter le processus de décolonisation qu’elle aurait dû mener chez elle, en 1962, en rendant au Maroc les territoires marocains directement passés de la colonisation française à la colonisation algérienne, à savoir Colomb-Béchar, Tindouf, la Saoura, le Touat, le Gourara et le Tidikelt.
La question du Sahara occidental est également pour l’Algérie, le moyen de briser son enclavement continental en tentant de s’ouvrir, via un pseudo Etat sahraoui, une fenêtre sur l’océan atlantique.
Depuis 1975, la position algérienne concernant le Sahara occidental est intangible, rejetant sans discussion la proposition marocaine de large autonomie. Un jusqu’au-boutisme qui isole de plus en plus l’Algérie. 
En effet, en 2024, la RASD, jadis reconnue par 70 Etats sur un total de 195 pays indépendants de par le monde, ne l’est plus que par moins d’une quarantaine. Plus de cent pays soutiennent le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine, dont 14 pays de l’UE, et 28 consulats généraux ont été ouverts à Laâyoune et à Dakhla, les deux principales villes du Sahara marocain..