La chute de Kidal aux mains de
l’armée malienne fortement appuyée par les forces russes est le résultat du
revirement stratégique de l’Algérie. Voilà qui confirme mes dernières analyses
dans lesquelles j’annonçais un profond changement de la politique algérienne au
Sahel (voir l’Afrique Réelle n°200, ainsi que mon communiqué en date du
2 septembre 2026 intitulé « Pourquoi l’Algérie est-elle intervenue militairement au Niger ? »). Or, un tel revirement a tout naturellement conduit
à l’abandon de la politique algérienne de soutien aux Touareg. Un changement de
cap amorcé après la victoire russo-malienne à Anéfis du 10 juillet 2026 (voir
mon communiqué en date du vendredi 17 juillet 2026 intitulé « Mali : Anéfis, un Na San malien ? »).
Cette victoire a fait
comprendre à l’Algérie que son soutien aux Touareg du Mali allait provoquer une
rupture avec la Russie qui, elle, et tout au contraire, est l’alliée militaire des
juntes sudistes, tant au Mali qu’au Niger.
Résultat, au mois d’août 2026 Alger et Bamako
ont annoncé vouloir “tourner la page des tensions”, ce qui incluait une
normalisation politique et sécuritaire, donc la fin de l’appui algérien aux
Touareg du Mali. Puis fin août-début septembre, l’armée algérienne a apporté
son appui à la junte nigérienne aux prises avec un coup d’Etat.
Ce total retournement de
l’Algérie qui illustre ce qu’est la réalpolitique est motivé par ses
intérêts gaziers (le gazoduc Nigeria-Algérie), et par le nécessaire maintien de
sa coopération avec la Russie, l’arrière-plan étant sa rivalité sahélienne avec
le Maroc.
Comme je l’ai expliqué dans
les publications citées plus haut, la Russie a contraint l’Algérie de choisir
entre continuer à aider les indépendantistes touareg et donc rompre avec elle, ou
tout au contraire, s’aligner sur sa stratégie de soutien aux gouvernements
militaires du Mali et du Niger. Or, les Touareg étant désormais un obstacle à
ses projets énergétiques, l’Algérie les a donc abandonnés, les laissant sans
appui, ce qui a permis aux Russes et aux Maliens de reprendre Kidal.
Quatre questions se posent
désormais :
1) L’Algérie va-t-elle laisser les forces
russo-maliennes conquérir la totalité de l’Azawad, ce qui forcerait les Touareg
maliens à un exode en Algérie ?
2) Comment
l’Algérie va-t-elle justifier son abandon à ses protégés touareg ?
3) Cet abandon aura-t-il des conséquences auprès
des Touareg algériens ?
4) Vers qui les Touareg pourraient-ils se tourner
pour avoir les moyens de poursuivre la lutte alors qu’ils ont perdu leur
sanctuaire algérien ?
Le numéro de novembre de l‘Afrique
Réelle que les abonnés recevront le 1er novembre comportera un
important dossier consacré à cette question.
Pour en savoir plus sur les origines de ce conflit, on se reportera à mes livres :
- Les guerres du Sahel des origines à nos jours.
- Histoire du Sahel des origines à nos jours.
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- Les guerres du Sahel des origines à nos jours.
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