mardi 2 juin 2026

Comment Emmanuel Macron vient une nouvelle de réussir à se mettre à dos l’Afrique francophone.

Soit Emmanuel Macron le fait exprès, soit il n’a décidément rien compris à l’Afrique. L’inauguration avec le président Kagamé mardi 2 juin 2026 d’un mémorial à Paris en hommage aux victimes du génocide des Tutsi en est une nouvelle illustration. En effet :

1) Le samedi 9 mai 2026, à Alexandrie, en Égypte, le président français déclara que :
« L’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo et pas sur les quais de la Seine, parce que c’est là qu’il y a le plus de locuteurs ».

2) Or, l‘inauguration de ce monument en compagnie du président Kagamé est ressentie par les dizaines de millions de « locuteurs » congolais comme une véritable provocation. Non pas parce qu’il y aurait contestation de ce génocide, mais en raison de la guerre d’agression contre le Congo (RDC) menée par le Rwanda depuis 1996. Un Rwanda qui occupe une partie de l’est du Congo (RDC) pour en piller les richesses à travers un conflit qui a fait au moins plusieurs centaines de milliers de morts civils, certaines sources avançant même le chiffre de plusieurs millions.

Ce qu’Emmanuel Macron ne comprend pas, c’est que, pour l’immense majorité des Africains de l’ouest et du centre, soit pour plusieurs centaines de millions d’hommes et de femmes, le Rwanda anglophone du président Kagamé avec ses douze millions d’habitants est vu comme un agresseur.
Sans parler qu’inaugurer un tel monument à Paris laisserait entendre que la France aurait une quelconque responsabilité dans ce génocide, ce qui est totalement faux comme cela a été démontré devant le TPIR (Tribunal international pour le Rwanda). Voir à ce sujet mon livre « Rwanda, un génocide en questions » 

lundi 1 juin 2026

L'Afrique Réelle N°198 - Juin 2026


Sommaire

Actualité
- L’Algérie manipule les jihadistes du Mali afin d’empêcher la création d’un « Etat » touareg
- Mali : l’échec français et l’échec russe s’expliquent par l’ignorance du réel ethnique
- Tchad : Tama contre Zaghawa
- En Algérie et en Afrique du Sud, l’histoire est moins une science qu’une thérapie des traumatismes du passé
Histoire
Le génocide des Herero serait-il la conséquence de la libération des Damara par les Allemands ?


Editorial de Bernard Lugan

Paris-Alger, plus qu’un an de relation sadomasochiste ?

Il ne reste plus qu’une année à Emmanuel Macron pour achever sa «_normalisation » des relations entre Paris et Alger, c’est-à-dire en ancrant dans le marbre l’acceptation définitive de la soumission française aux diktats algériens. Les prochaines échéances présidentielles pourraient en effet aboutir à une remise en cause fondamentale de la relation sadomasochiste existant entre le « Système » algérien et le « pays légal » français.

Les prétentions aussi exorbitantes que surréalistes du « Système » algérien s’inscrivent dans une stratégie de surenchère revendicatrice destinée à obtenir des excuses, puis des réparations « sonnantes et trébuchantes » de la part de la France. L’affaire des « restitutions » en est la dernière illustration.

Ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d’Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac et ni Nicolas Sarkozy, n’auraient accepté de telles demandes. Mais tout a changé avec les déclarations irresponsables de François Hollande suivies de celles d’Emmanuel Macron au sujet de la colonisation. 

A partir de là, la France s’étant auto-humiliée, l’Algérie s’est donc trouvée en position de force pour exiger toujours plus d’elle. D’autant qu’acculé par la rue, sa survie étant même en jeu, le « Système » algérien est habile à détourner dans la haine de la France la marée de la contestation populaire qui menace de l’emporter. 
L’attitude des dirigeants français relève quant à elle d’un complexe ayant germé sur le terreau philosophique de 1789 avec la notion révolutionnaire de « table rase du passé_». En s’attaquant frontalement aux piliers de l’histoire de France, la gauche universaliste qui détruit la France depuis des décennies est le vecteur d’une lente décadence s’achevant aujourd’hui dans la haine de soi. 

Dans cette relation de type sadomasochiste, l’Algérie impose son histoire fabriquée à la victime consentante qu’est la France. Une France dont les « élites » acceptent cette histoire à laquelle tous font semblant de croire et qui fait peu de cas de la réalité du passé (voir à ce sujet mon livre Algérie l’histoire à l’endroit.

En Algérie, l’histoire officielle est ainsi bloquée sur les années 1954-1962 et sur le postulat de la lutte d’un peuple uni contre le colonisateur français dont la période est désormais juridiquement criminalisée. Dans cette thérapie nationale reposant sur l’addition de mythes et d’affirmations de nature idéologique, les historiens algériens sont d’abord des vengeurs de l’histoire, leur fonction étant d’affranchir le récit national du traumatisme existentiel originel qui est que l’Algérie est née de la volonté française au mois de juillet 1962.

Rien ne changera donc dans la relation entre la France et l’Algérie tant qu’il n’y aura pas changement de paradigme du côté de la victime masochiste qu’est la France. Or, ce changement de paradigme pourrait être rendu possible par les prochaines échéances électorales françaises.

jeudi 28 mai 2026

De l’évidente, nécessaire et impérative « urgence » de faire abroger par les députés le « Code Noir » pourtant caduc depuis 1848 !!!

Jeudi 28 mai 2026, rien n’étant à leurs yeux plus urgent, les députés français vont voter à l’unanimité l’abrogation symbolique de l’ensemble des édits esclavagistes - dont le Code noir -, pourtant formellement abrogés par deux fois. La première le 4 février 1794, lorsque la Convention nationale décréta l’abolition de l’esclavage dans les colonies. La seconde abolition est datée du 27 avril 1848 quand le gouvernement provisoire de la II République, mit définitivement fin à l’esclavage dans les colonies françaises.  Avec un sens des priorités égal à sa temporalité, les députés français vont donc voter l’abolition d’une disposition juridique caduque depuis 178 ans…

Les honorables représentants du Peuple français seront en revanche bien silencieux sur la réalité d’un autre esclavage. Ils ignorent en effet probablement que l’Abolition décidée unilatéralement par les Européens au XIXe siècle ne concerna pas la traite arabo-musulmane. Depuis la Libye, au nord, ou depuis Zanzibar, à l’est, des caravanes organisées militairement continuèrent ainsi à dévaster des régions entières de l’Afrique sud-saharienne. À la veille de la colonisation, au centre comme à l’est de l’Afrique, les réseaux esclavagistes musulmans étaient même en pleine extension. Jusqu’à ce que la colonisation les détruise.

On lira à ce propos mon livre « Esclavage, l’histoire àl’endroit »

Ce vote chronologiquement insolite ne renforcera pas le prestige de l’Assemblée. Cela n’est cependant pas une nouveauté. Le 23 novembre 1913, le maréchal Lyautey écrivait ainsi à Albert de Mun à propos des députés : 

« La horde des parlementaires abattus sur ce malheureux pays, encombrants, plastronnant, pérorant à tort et à travers, et si ignorants et si vulgaires (…) En temps normal, tous ces gens que je devais recevoir à ma table avec égards, auraient mangé à l’office (…). Et dire que c’est « ça » qui dispose de notre sort. Le spectacle me donne la nausée du Parlement et j’envie celui (qui ne sera pas moi-je suis trop vieux) qui aura la joie, la plus grande probablement qu’on puisse avoir sur cette terre, d’entrer au Palais-Bourbon avec 100 baïonnettes derrière lui et de jeter tout cela à la Seine ».

dimanche 24 mai 2026

Immigration : comment la France est devenue la « colonie de ses colonies » (Offre spéciale)

Le samedi 9 mai 2026, à Alexandrie, en Égypte, Emmanuel Macron a déclaré que :

« L’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo et pas sur les quais de la Seine, parce que c’est là qu’il y a le plus de locuteurs ».

Cette singulière vision de l’identité française fait un tragique écho à ce que le général de Gaulle déclarait près de soixante-dix ans auparavant, en 1960 :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France (…) La France c’est un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne ».

Ce que ne voulait par le général, c’était, et selon ses propres termes, que son village de Colombey-les-deux-Eglises, devienne un jour «  Colombey-les-deux-Mosquées !».

Or, depuis ces réflexions du général de Gaulle, l’immigration devenue « grand remplacement » a changé le visage de la France. Impuissants à la juguler, les dirigeants français qui voient s’ouvrir devant eux une situation de type balkanique se raccrochent désespérément à la vieille idée d’intégration-assimilation, celle de la gauche coloniale d’hier. Une utopie balayée il y a vingt ans, en 2006, par le démographe Jacques Dupâquier qui écrivait que :

« A partir du moment où, sur onze millions d’habitants d’Île-de-France deux millions sont de culture musulmane et que sur trois jeunes de 12 à 18 ans un est immigré ou d’origine immigrée, il ne faut pas s’imaginer que l’intégration se fera toute seule, bien gentiment ». (Entretien donné à la Nouvelle revue d’Histoire, n° 22, janvier 2006)

Plus encore, depuis 2006, la déferlante migratoire « légale » s’est encore accentuée. Elle connaît même un accroissement plus important que le croît naturel de la population française qui comptabilise déjà la natalité des immigrés installés et naturalisés. Et les chiffres ne tiennent pas compte des masses de clandestins par définition difficiles à comptabiliser…Ainsi, selon l’INSEE, les naturalisés originaires d’Afrique assurent à eux seuls 16% des naissances françaises.
 
Conclusion, la France est bien devenue « la colonie de ses colonies ». C’est pour comprendre comment une telle révolution de l’identité française s’est produite, que j’ai écrit un livre dont le titre est précisément « Comment la France est devenue la colonie de ses colonies ».

Offre spéciale :
- 28 euros port colissimo inclus au lieu de 34 euros (France métropolitaine).
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samedi 9 mai 2026

A Sétif, Emmanuel Macron vient d’humilier une fois de plus la France

En envoyant Madame Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux anciens combattants, déposer une gerbe de fleurs lors d’une cérémonie algérienne de mise en accusation de la France, Emmanuel macron a donc décidé une fois pour toutes de valider l’histoire officielle algérienne.
Dans cette repentance à sens unique qui n’en finit pas, Emmanuel Macron a en effet fait l’impasse sur les morts français pour s’aligner servilement sur
l’histoire officielle algérienne.
Or, ce qui s’est passé à Sétif et dans sa région au mois de mai 1945 est bien éloigné de la doxa (Voir mon livre « Algérie l’Histoire à l’endroit »)

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vendredi 1 mai 2026

L'Afrique Réelle n°197 - Mai 2026

Sommaire

Actualité :
La France a-t-elle besoin de l’Afrique ?
Dossier : Afrique, Etat et démocratie
Etat-ethnique ou Etat-Nation ?
Rwanda : comment la démocratie a conduit au génocide
Sahel : comment la démocratie entretient la guerre
Histoire :
Algérie : relire Daniel Lefeuvre
En 1830, la France s'empare du trésor du dey d'Alger


Editorial de Bernard Lugan

L’histoire de ces dernières décennies montre qu’en Afrique, démocratie = ethno-mathématique électorale, avec pour résultat que les ethnies les plus nombreuses remportent automatiquement les élections. Voilà pourquoi, au lieu d’éteindre les incendies, les scrutins électoraux les ravivent. 
Plus que jamais, il importe donc de méditer cette profonde réflexion que le Gouverneur général de l’AOF fit en 1953, et qui n’est pas une découverte pour les lecteurs de l’Afrique Réelle : « Moins d’élections et plus d’ethnographie, et tout le monde y trouvera son compte » … 

Plus de trois décennies après l’injonction faite à l’Afrique par François Mitterrand lors de son « discours de La Baule » le 20 juin 1990, la démocratie qu’il postulait être le remède aux maux du continent n’y a en effet apporté, ni développement économique, ni stabilité politique, et encore moins sécurité. Ce terrible échec explique pourquoi des pays comme le Mali, le Burkina Faso, la Guinée, le Tchad et la Centrafrique, ont décidé de se donner ou de se redonner des régimes autoritaires. 

Or, si la démocratie électorale a échoué en Afrique, c’est en raison de l’inadéquation entre des réalités socio-politiques communautaires enracinées et un système politique importé à base individualiste. 
Comment le greffon démocratique individualiste aurait-il d’ailleurs pu prendre en Afrique sud-saharienne où, traditionnellement, l’autorité ne se partageait pas, où la séparation des pouvoirs était inconnue, et où les chefs détenaient à travers leur personne à la fois l’auctoritas et la potestas ? 
Comment a-t ‘on pu faire croire aux Africains que la transposition de la démocratie occidentale était possible sans qu’auparavant il ait été réfléchi à la création de contre-pouvoirs, au mode de représentation et d’association au gouvernement des peuples minoritaires condamnés par l’ethno-mathématique électorale à être pour l’éternité écartés du pouvoir ? 

L’exemple du Sahel est parlant : comme ils sont minoritaires, les pasteurs, notamment les Touareg et les Peul qui, à la veille de la colonisation étaient les dominants, sont aujourd’hui exclus du pouvoir par les urnes. Pour eux, la « solution » électorale n’est donc qu’une farce puisqu’elle ne fait que confirmer à chaque scrutin les pourcentages ethniques, légitimant ainsi le pouvoir de ceux dont les femmes sont les plus fécondes. Acculés par la démocratie à être pour l’éternité des sous-citoyens, dès la décennie 1960, ils ont donc pris les armes. 

Enfermés dans la bulle idéologique du « démocratique d’abord », ceux qui font la politique africaine de la France n’ont pas voulu prendre en compte l’évidence qui est qu’ici, les rapports entre les populations nordistes et les populations sudistes répondent à des constantes millénaires, et que les structures civilisationnelles reposent sur les groupes, non sur les individus, ce qui interdit de ce fait toute transposition de notre individualisme politique électoral.

lundi 27 avril 2026

Mali : le grave échec militaire que vient de subir la Russie rebat les cartes au Sahel

A Kidal, dans le nord du Mali, dimanche 26 avril, après avoir totalement encerclé les forces russes et l’armée malienne, les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), appuyés par la composante touareg du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), ont annoncé qu’« Un accord a été conclu pour permettre à l’armée et à ses alliés d’Africa Corps de quitter le Camp 2, où ils étaient retranchés ».
Cette retraite sans gloire était d’ailleurs la seule issue pour le contingent russo-malien, tant sa position était devenue intenable. Désormais  attaquée sur plusieurs fronts, la junte au pouvoir, a une priorité vitale : éviter la chute de Bamako.
Or, c’est pour avoir refusé, comme la France avant elle, de prendre en compte la réalité ethno-raciale régionale et les rapports de force millénaires, que la Russie vient de subir ce très grave échec militaire dont les conséquences vont être considérables pour l’équilibre de toute la zone sahélienne.
On se reportera à mon livre : Les guerres du Sahel des origines à nos jours.

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mardi 21 avril 2026

La France va-t-elle généreusement offrir à l’Algérie le canon turc qui a servi au martyre du Révérend Père Le Vacher en 1683 ?

En gage de « normalisation mémorielle », la députée EELV Sabrina Sebaihi demande que la France « restitue » à l’Algérie le canon qui servit aux Turcs à martyriser le Père lazariste Jean Le Vacher. Consul de France et vicaire apostolique, envoyé par Saint Vincent de Paul pour apporter une aide aux esclaves chrétiens détenus à Alger, le 28 juillet 1683, ainsi que seize autres Français, le RP Le Vacher fut en effet massacré d’une manière atroce. Ligoté à la bouche d’un canon, il fut déchiqueté par le tir de ce dernier. En 1830, après la prise d’Alger, ce canon, surnommé la « Consulaire », fut envoyé à Brest où, érigé en colonne monumentale et surmonté d’un coq en bronze, il se trouve actuellement. Les députés de gauche et leurs supplétifs macronistes s’apprêtent à le livrer à l’Algérie. Mais, ce faisant, ils permettent de mettre au grand jour ce que fut la réalité de l’esclavage des chrétiens à Alger.

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