En 1996, soutenu par les
Etats-Unis et par la Grande-Bretagne, le Rwanda qui avait décidé de renverser
le maréchal Mobutu allié de la France, trouva un prête-nom en la personne de Laurent‑Désiré Kabila, vieux maquisard
lumumbiste. Ce dernier fonda l’Alliance des Forces Démocratiques pour la
Libération du Zaïre (AFDL) dont la branche armée était formée par l’armée
rwandaise dirigée par James Kabarebe, bras droit de Paul Kagamé.
Au mois d’octobre 1996, les
forces rwandaises s’emparèrent de Bukavu, de Goma, de Kisangani, puis de Lubumbashi.
Abandonné par la France, et gravement
malade, le maréchal Mobutu fut incapable de résister. Le 17 mai 1997, Laurent-Désiré
Kabila et l’armée rwandaise entrèrent à Kinshasa. Le Zaïre redevint République
démocratique du Congo (RDC) et James Kabarebe fut nommé chef d’état‑major de l’armée. L’immense
RDC était devenue le protectorat du « petit » Rwanda qui, à partir de
ce moment, en pilla les richesses.
Trente ans plus tard, le
Rwanda se trouva accusé par l’opinion internationale de mettre en coupe réglée une
partie du territoire congolais. Il décida alors de donner le change en faisant oublier
la trop grande visibilité du M23, son proxy. Aussi, et tout comme en 1996, il
s’abrita derrière un prête-nom fondé pour la circonstance, à savoir le Front
pour la refondation de la nation (FRN). A la tête de ce dernier il mit un
proche de James Kabarebe, à savoir l’ancien président congolais Joseph Kabila, condamné
à mort par contumace pour trahison en septembre 2025.
Le 12 octobre 2026 Joseph Kabila,
apparût à Goma entouré des chefs du M23 opportunément devenu le FRN. Président
du mouvement, ses vice‑présidents
sont Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga, qui, tous trois
formaient l’état-major de l’ancien M23 ou de ses proxys.
Le FRN affirme agir au nom de
l’article 64 de la Constitution qui prévoit la légitimité résistance à un
pouvoir illégitime. Derrière ce
« noble » prétexte, la réalité est que le Rwanda vient de déclencher
une nouvelle guerre intra-congolaise à la faveur de laquelle il va pouvoir
renforcer et pérennise sa mainmise sur le Kivu.





