mardi 11 février 2025

Pourquoi Donald Trump sanctionne-t-il très sévèrement l’Afrique du Sud ?

Directement inspirées par le wokisme, l’idéologie communiste et la pensée décoloniale, quatre lois sud-africaines ont déclenché la fureur du président Trump. Le 2 février 2025 ce dernier a donc décidé la coupure des subventions à l'Afrique du Sud. Le 5 février, le secrétaire d'Etat Marco Rubio a annoncé le boycott du sommet du G20 à Johannesburg les 20 et 21 février 2025. Le 7 février 2025 le président Trump a signé un "Executive Order" qui acte la cessation de toute aide à l'Afrique du Sud et qui prévoit d'accueillir les réfugiés afrikaners victimes de la politique raciste du gouvernement noir sud-africain.
De telles décisions s’en prennent directement au mythe de la « Nation arc-en-ciel », acte de foi obligatoire de la bien-pensance planétaire. Explications et détails.


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mercredi 5 février 2025

Comprendre la guerre du Kivu, ce conflit contemporain aux racines pluri séculaires

La guerre du Kivu est la conséquence de celle de 1990 quand, sous les ordres de Paul Kagamé, les Tutsi rwandais réfugiés en Ouganda depuis les années 1960, envahirent le Rwanda alors dirigé par le président hutu Juvénal Habyarimana. Le 6 avril 1994, l’assassinat de ce dernier provoqua le génocide des Tutsi suivi par la victoire militaire du général Kagamé (Voir à ce sujet mon livre Rwanda, un génocide en questions)
 
Puis, en 1996, éclata la guerre du Congo.  Décidée par les Etats-Unis et par la Grande-Bretagne, ces bons et loyaux alliés de la France, son but était de renverser le maréchal Mobutu allié de cette dernière. Elle fut menée par l’armée rwandaise du général Kagamé. Soumise au protectorat moral de Washington, la France laissa faire, épisode peu glorieux qui marqua le début de sa perte de prestige et de son influence en Afrique.
D
epuis, le Rwanda occupe le Kivu, directement, ou à travers des milices qui lui sont inféodées, tout en s’employant à y créer une situation de non-retour débouchant sur une sorte de protectorat régional sous son contrôle. Pourquoi et comment ? Quelques explications que l’on ne trouvera pas chez les butors de la sous-culture médiatique sont nécessaires à la bonne compréhension de la situation.

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lundi 3 février 2025

Nouveau livre de Bernard Lugan : Histoire des Algéries

























Présentation


Géographiquement, ethniquement, linguistiquement et historiquement, l’Algérie est plurielle. Dans cet ouvrage, Bernard Lugan en retrace toute l’histoire et nous raconte comment ces mondes pluriels sont devenus l’État algérien actuel.
Ces diversités ont longtemps fait obstacle à un processus de fusion « nationale ». Un phénomène aggravé par la position « centrale » du pays dont les deux pôles potentiels d’unité, Tlemcen et Bougie, eurent des places d’autonomie chronologiquement réduites en raison du poids exercé à l’Ouest par le Maroc et à l’Est par Tunis. Ce fut donc en 1839 que ces mondes furent baptisés Algérie par les conquérants français ; puis en 1962 qu’ils devinrent l’État algérien.

Edition Ellipses
256 pages
Disponible dans toutes les librairies

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vendredi 31 janvier 2025

L'Afrique Réelle n°182 - Février 2025

Sommaire

Actualité
Comment Mayotte est devenue française
Dossier Algérie :
- Histoire des Algéries : Interview de Bernard Lugan
- L’Algérie doit son unité et ses frontières à la France 
- Le congrès de la Soummam ou ce qu’aurait pu être une autre Algérie
- Comment soigner l’Œdipe algérien ?
- L’Algérie se brouille avec la Turquie


Editorial de Bernard Lugan

Sur quoi le chantage algérien repose-t-il ?

Le jusqu’auboutisme algérien se manifeste par des errements diplomatiques apparentés à une fuite en avant. 
En plus de l’état de quasi-guerre que l’Algérie entretient avec le Maroc, de ses provocations à l’égard de la France, de sa rupture avec le Mali et des sanctions commerciales qu’elle vient de décider contre la Colombie et le Panama qui ont reconnu la marocanité du Sahara occidental, voilà que les gérontes au pouvoir à Alger viennent de provoquer une grave crise avec la Turquie (voir page 17 de ce numéro).

L’amateurisme-fanatisme d’Alger est le reflet d’un régime aux abois qui se raidit et se crispe au lieu de tenter d’acheter sa survie par une profonde remise en cause. La situation de l’Algérie est en effet dramatique à deux grands titres :

- L’État meurt de l’intérieur, écrasé par ses propres contradictions et ruiné par les prévarications de sa nomenklatura.

- Cette agonie de l’Etat provoque l’isolement de l’Algérie, sa perte de crédibilité et sa marginalisation sur la scène internationale. Ce qui conduit à une crispation débouchant aujourd’hui sur une impasse répressive qui va finir par faire exploser le pays.
Le pire est que les dirigeants algériens semblent se comporter comme des suicidaires cherchant névrotiquement à se rapprocher du pire. 
A y regarder de près le pouvoir en place à Alger parait en effet avoir clairement décidé de s’auto-détruire et de précipiter le pays dans l’abîme. Comme si, seule la politique du pire pouvait lui fournir une ultime bouffée d’oxygène avant de trépasser. Après avoir dilapidé ses ressources humaines et financières, l’Algérie est aujourd’hui exsangue.

Or, au lieu de profiter de la situation pour enfin mettre à plat le contentieux qui oppose la France et l’Algérie, les dirigeants français vont une fois de plus composer. 

Et pourquoi ? 

- Ce n’est pas une pression économique que peut exercer l’Algérie puisque le gaz et le pétrole ne représentent respectivement que 8% et 9% de la consommation française. Quant au commerce de la France avec l’Algérie, il ne compte pas puisqu’il n’est en moyenne que de 12 milliards d’euros pour un commerce extérieur français global moyen de 770 milliards d’euros. 

- Ce n’est pas davantage le poids d’une cinquième colonne immigrée dont les éventuels agissements illégaux pourraient être facilement réglés par de fermes mesures de simple police…

Alors ? Là est en effet toute la question...

mardi 14 janvier 2025

jeudi 9 janvier 2025

Mayotte : le vrai problème est la départementalisation

Analyse de Bernard Lugan

Si garder Mayotte dans le giron français était à l’évidence un impératif géopolitique et géostratégique, en revanche, sa départementalisation fut une grave erreur. La crise systémique que connait l’île en est le tragique révélateur. Quant aux futures générations françaises, elles seront condamnées à en assumer tant les conséquences politiques que le coût.
Comment d’ailleurs a-t-on pu croire, ou faire semblant de croire, qu’une île de l’océan indien appartenant au monde swahili, en petite partie francophone et à 95% musulmane, allait pouvoir devenir par un coup de baguette magique un département français ?
 
Afin de donner une apparence de légalité au « fait du prince » qui changea le statut d’un territoire d’outre-mer qui n’avait de toute évidence pas vocation à devenir département, un simulacre de référendum fut décidé :
 
- Un simulacre en effet puisque ce référendum ne concerna que les seuls habitants de Mayotte, à l’exclusion des Français métropolitains, eux qui allaient pourtant devoir assurer de leurs deniers les conséquences de l’opération puisque Mayotte ne produit rien...
 
- Simulacre de référendum encore parce que cette seule population mahoraise appelée à voter n’allait évidemment pas refuser les avantages sociaux promis par la départementalisation. Et elle plébiscita à 95% une départementalisation, synonyme pour elle d’alignement sur les prestations de l’assistanat servies en Métropole…
 
Que Mayotte soit sincèrement attachée à rester française, c’est bien certain et il n’est pas question de remettre cette appartenance en cause. Ce qui pose problème est sa départementalisation, c’est à dire l’alignement du statut mahorais sur celui des départements métropolitains et d’outre-mer. Un objectif non seulement inatteignable étant donné les spécificités de Mayotte, mais également une bombe à retardement dont les conséquences futures seront redoutables.
 
Au-delà des terribles images cycloniques et des discours politiques convenus, cette analyse montre pourquoi la départementalisation de Mayotte fut une erreur et à quoi elle va conduire dans l’avenir.
 
Explication et développement

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mercredi 1 janvier 2025

L'Afrique Réelle n°181 - Janvier 2025

Sommaire

Dossier : L’année 2024 en Afrique, bilan et perspectives pour 2025
- L’Algérie sans boussole
- Algérie, un bilan diplomatique désastreux 
- Le trou noir du Sahel
- Ailleurs sur le continent

Dossier : Soudan, la guerre de l’est contre l’ouest
- La descente aux enfers du Soudan
- Les fronts du Soudan


Editorial de Bernard Lugan

Les conditions d’une future politique sahélienne

Au Sahel où le retrait français a laissé le champ libre aux GAT (Groupes armés terroristes), la situation est désormais hors contrôle. Face aux massacres de civils les armées locales sont totalement dépassées quand elles ne sont pas complices. Quant aux mercenaires russes, ce n’est pas en multipliant les crimes de guerre qu’ils pourront faire croire aux populations qu’ils sont animés de la « parcelle d’amour » qui était si chère à Lyautey et aux grands coloniaux français…

Il faut bien voir que la catastrophe actuelle résulte de deux principales erreurs de diagnostic faites par les décideurs parisiens : 

1) Avoir cautionné la cuistrerie de ceux de leurs « experts » officiels qui qualifiaient systématiquement de jihadiste tout bandit armé ou même tout porteur d’arme. 
Alors que nous étions face à un « cocktail » de revendications ethniques, sociales et politiques opportunément habillées du voile religieux, et que le trafic était devenu le poumon économique de populations subissant les effets d’une désertification accélérée par la démographie. D’où la jonction entre trafic et islamisme, le premier se faisant dans la bulle sécurisée par le second.

2) Avoir ignoré les constantes ethno-historico-politiques régionales. 
Un tel refus obstiné de prendre en compte les réalités ethniques s’explique à la fois par l’idéologie et par l’ignorance. Avec pour conséquence que des solutions aussi hors sol que simplistes ont été plaquées sur la complexe, mouvante et subtile alchimie humaine sahélienne. 
En effet, dans ces immensités où le jihadisme surinfecte de vieilles plaies ethno-historiques, présenter comme solution un processus électoral est une farce tragique car il n’aboutit qu’à un sondage ethnique grandeur nature. Quant au discours convenu prônant la nécessité de combler le « déficit de développement » ou encore la « bonne gouvernance », il relève du charlatanisme politique... 

En 2025, si, après avoir été honteusement « éjectée » du Sahel à la suite de l’accumulation des erreurs commises par Emmanuel Macron, la France décidait d’y revenir, ses dirigeants devraient alors bien réfléchir. Ils ne devraient en effet plus voir la question régionale à travers le prisme des idéologies européo-centrées, des automatismes contemporains et des « singularités » LGBT. 
Tout au contraire, il s’agirait pour eux de replacer les évènement dans leur contexte historique régional à travers cette longue durée qui, seule, permet de comprendre qu’ils sont liés à un passé toujours prégnant et qui conditionne largement les choix des uns et des autres. 

Pour le comprendre, on se reportera à mon livre Histoire du Sahel des origines à nos jours.