mardi 18 août 2026
samedi 1 août 2026
L'Afrique Réelle n°200 - Août 2026
La cohésion de l'Algérie est-elle menacée ?
Dossier : Au Sahel, la Russie va-t-elle réussir à redistribuer les cartes ?
Mali : Anéfis un "Na San" malien
Qui sont les Touareg du Mali ?
Les deux conflits du Mali
L'Algérie va-t-elle devoir sacrifier les Touareg ?
Dossier : Afrique du Sud
De la nation arc-en-ciel à la nation xénophobe
Une économie otage de l'idéologie
Histoire
Relire Gabriel Camps
Kahina, une grande figre de la résistance berbère
vendredi 17 juillet 2026
Mali : Anéfis, un Na San malien ?
Après cinq jours de combats, le 9 juillet, l’offensive touareg contre le camp d’Anefis, verrou du nord-Mali était un échec sanglant pour les Touareg écrasés sous la puissance de feu du contingent russe. Or, à la différence des Peul qui combattent dans la partie sud du Sahel, les Touareg maliens n’ont pas de réserves démographiques
et ils n’ont pas réussi à rallier à leur cause leurs frères du Niger et d’Algérie. De plus, leurs « petits cousins » Imghad et Daoussak les combattent… Leur « réservoir » de combattants vient donc d’être sérieusement entamé.
Conséquence immédiate, la diplomatie russe a imposé la reprise des contacts à l’Algérie et au Mali, ses deux alliés en guerre. Dès le 10 juillet, l’Algérie et le Mali annoncèrent ainsi le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens aux vols civils et militaires. Le piège d’Anéfis rebattait les cartes et l’histoire montrait, une fois de plus, qu’il ne faut jamais vendre trop tôt la peau de l’ours russe…
Le numéro du mois d’août 2026 que les abonnés recevront le 1° août contiendra une analyse en profondeur de cette bataille et de ses très importantes conséquences régionales
- Les guerres du Sahel des origines à nos jours
- Histoiredu Sahel des origines à nos jours
dimanche 12 juillet 2026
Il y a cent ans, le 15 juillet 1926, la Grande mosquée de Paris était inaugurée. Lyautey soutenait le projet quand Maurras s’en inquiétait.
Le maréchal Lyautey joua un rôle essentiel dans l’histoire de l’édification de la mosquée. Le 19 octobre 1922, alors qu’il était Résident général de France au Maroc, il vint à Paris pour la pose de sa première pierre et il prononça à cette occasion un discours dont la teneur est résumée par la phrase suivante :
« Quand s’érigera le monument que vous allez construire, il ne montera vers le beau ciel de l’Île-de-France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »
(…) Nous sommes probablement en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon. Il n’y a peut‑être pas de réveil de l’Islam, auquel cas tout ce que je dis ne tient pas et tout ce que l’on fait se trouve être aussi la plus vaine des choses. Mais, s’il y a un réveil de l’Islam, et je ne crois pas que l’on en puisse douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte‑Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l’Islam représente plus qu’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir. On pouvait accorder à l’Islam, chez lui, toutes les garanties et tous les respects. Bonaparte pouvait se déchausser dans la mosquée, et le maréchal Lyautey user des plus éloquentes figures pour affirmer la fraternité de tous les croyants : c’étaient choses lointaines, affaires d’Afrique ou d’Asie. Mais en France, chez les Protecteurs et chez les Vainqueurs, du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux‑ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse. Quelqu’un me disait hier : -Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ? J’aperçois, de ci de là, tel sourire supérieur. J’entends, je lis telles déclarations sur l’égalité des cultes et des races. On sera sage de ne pas les laisser propager trop loin d’ici par des haut‑parleurs trop puissants. Le conquérant trop attentif à la foi du conquis est un conquérant qui ne dure guère. Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse. » (Charles Maurras, L’Action française, 13 juillet 1926).
En 2026, un siècle après l’inauguration de cette première mosquée, selon le Ministère de l’Intérieur et le CFCM, il y a en France métropolitaine environ 2 600 lieux de culte musulmans (mosquées et salles de prière).
[1] Voir à ce sujet mon livre Comment la France est devenue la colonie de ses colonies.
mercredi 1 juillet 2026
L'Afrique Réelle N°199 - Juillet 2026
Russie-Algérie, une double rivalité régionale
Dossier
Maroc-Algérie : quand la géographie façonne l’histoire
Qui a assassiné les moines de Tibhirine ?
La question du Somaliland
Document
Mali, aux origines d’une guerre de soixante-dix ans
Livres
Relire Emile-Félix Gautier
samedi 27 juin 2026
Justice pour le maréchal Bugeaud
2) Il est reproché à Bugeaud d’avoir participé à la répression des
journées révolutionnaires de 1848, soit de la Révolution de février 1848
qui renversa la monarchie de Juillet, et de l’insurrection ouvrière de juin
1848 contre la Deuxième République. La
réalité est que, au mois de février 1848, face à la montée de la tension à
Paris, Louis‑Philippe qui cherchait un commandant militaire à poigne fit appel
à Bugeaud, mais, gagnée par le mouvement révolutionnaire, la Garde
nationale parisienne refusa
cette nomination. Le roi retira alors son
commandement à Bugeaud lequel, avec le franc-parler qui le caractérisait lui déclara
: « Sire, votre majesté est fichue ». Bugeaud n’était donc plus au
commandement lors de l’insurrection du mois de juin 1848 qui fut réprimée par le
général Cavaignac et non par lui.jeudi 18 juin 2026
Promotion été 2026
mardi 2 juin 2026
Comment Emmanuel Macron vient une nouvelle de réussir à se mettre à dos l’Afrique francophone
« L’épicentre de la langue française est sur le bassin du fleuve Congo et pas sur les quais de la Seine, parce que c’est là qu’il y a le plus de locuteurs ».
Sans parler qu’inaugurer un tel monument à Paris laisserait entendre que la France aurait une quelconque responsabilité dans ce génocide, ce qui est totalement faux comme cela a été démontré devant le TPIR (Tribunal international pour le Rwanda). Voir à ce sujet mon livre « Rwanda, un génocide en questions »
lundi 1 juin 2026
L'Afrique Réelle N°198 - Juin 2026
- L’Algérie manipule les jihadistes du Mali afin d’empêcher la création d’un « Etat » touareg
- Mali : l’échec français et l’échec russe s’expliquent par l’ignorance du réel ethnique
- Tchad : Tama contre Zaghawa
- En Algérie et en Afrique du Sud, l’histoire est moins une science qu’une thérapie des traumatismes du passé
Histoire
Le génocide des Herero serait-il la conséquence de la libération des Damara par les Allemands ?
jeudi 28 mai 2026
De l’évidente, nécessaire et impérative « urgence » de faire abroger par les députés le « Code Noir » pourtant caduc depuis 1848 !
Les honorables représentants du Peuple français
seront en revanche bien silencieux sur la réalité d’un autre esclavage. Ils ignorent
en effet probablement que l’Abolition décidée
unilatéralement par les Européens au XIXe siècle ne concerna pas la traite
arabo-musulmane. Depuis la Libye, au
nord, ou depuis Zanzibar, à l’est, des caravanes
organisées militairement continuèrent ainsi à dévaster des régions entières de l’Afrique sud-saharienne. À la veille de la colonisation, au centre comme à l’est de l’Afrique, les réseaux esclavagistes musulmans étaient même en pleine extension. Jusqu’à ce que la colonisation les détruise.
On lira à ce propos mon livre « Esclavage, l’histoire àl’endroit »
Ce vote chronologiquement insolite
ne renforcera pas le prestige de l’Assemblée. Cela n’est cependant pas une
nouveauté. Le 23 novembre 1913, le maréchal Lyautey écrivait ainsi à Albert de
Mun à propos des députés :
« La horde des parlementaires abattus sur ce malheureux pays, encombrants, plastronnant, pérorant à tort et à travers, et si ignorants et si vulgaires (…) En temps normal, tous ces gens que je devais recevoir à ma table avec égards, auraient mangé à l’office (…). Et dire que c’est « ça » qui dispose de notre sort. Le spectacle me donne la nausée du Parlement et j’envie celui (qui ne sera pas moi-je suis trop vieux) qui aura la joie, la plus grande probablement qu’on puisse avoir sur cette terre, d’entrer au Palais-Bourbon avec 100 baïonnettes derrière lui et de jeter tout cela à la Seine ».
dimanche 24 mai 2026
Immigration : comment la France est devenue la « colonie de ses colonies »
- Pour toute commande de 5 exemplaires du livre : 110 euros pour les 5 livres au lieu de 170 euros. (France métropolitaine)
- UE : 35 euros par livre
- Reste du monde : nous consulter.
mardi 19 mai 2026
samedi 9 mai 2026
A Sétif, Emmanuel Macron vient d’humilier une fois de plus la France
l’histoire officielle algérienne.
vendredi 1 mai 2026
L'Afrique Réelle n°197 - Mai 2026
La France a-t-elle besoin de l’Afrique ?
Dossier : Afrique, Etat et démocratie
Etat-ethnique ou Etat-Nation ?
Rwanda : comment la démocratie a conduit au génocide
Sahel : comment la démocratie entretient la guerre
Histoire :
Algérie : relire Daniel Lefeuvre
En 1830, la France s'empare du trésor du dey d'Alger
Editorial de Bernard Lugan
lundi 27 avril 2026
Mali : le grave échec militaire que vient de subir la Russie rebat les cartes au Sahel
mardi 21 avril 2026
La France va-t-elle généreusement offrir à l’Algérie le canon turc qui a servi au martyre du Révérend Père Le Vacher en 1683 ?
vendredi 17 avril 2026
jeudi 16 avril 2026
Seul Monsieur Bally Bagayoko maire de Saint-Denis, aurait-il donc le droit d’évoquer ses origines soninké ?
Certains esprits chagrins ont alors reproché à l’édile élu de la France Insoumise, de revendiquer une « noble » ascendance. Je tiens immédiatement à les rassurer car, se revendiquant en même temps d’une caste de forgerons, il y a par définition antinomie avec la « noblesse ». La société soninké est en effet divisée en castes héréditaires avec, au sommet, les nobles, suivis des castes artisanales (forgerons ou cordonniers) et des esclaves-dépendants. Les forgerons ne sont donc pas considérés comme nobles, même s’ils sont respectés car ils maîtrisent le feu et le travail du fer. Socialement, ils sont inférieurs aux nobles, mais supérieurs aux anciens esclaves-dépendants. La confusion faite par Monsieur Bally Bagayoko vient probablement du fait que les forgerons pouvaient exercer des fonctions de conseil auprès des chefs.
Le but de cette mise au point n’étant pas de traiter de la question du statut social des forgerons chez les Soninké, je peux donc renvoyer ceux qui désireraient approfondir la question à deux publications fondamentales à ce sujet :
- Dianifaba, L ; Diakho,F., (2024) « L’enclume et ses “pouvoirs” : forger dans la société traditionnelle du Gajaaga ». Temporalités, n° 40, 2024.
Mon propos est tout autre. Il a pour cœur une question : serait-il permis aux décoloniaux de toujours présenter l’homme blanc en faisant référence à ses origines sociales, familiales, politiques, et à son passé historique, tout en interdisant à un historien africaniste de faire de même avec un maire nouvellement élu et qui, de lui-même, sans que la question se soit posée avant ses propres déclarations, a fait état de ses origines soninké ?
C’est pourtant ce que fait le site Mondafrique en publiant une tribune intitulée « Bally Bagayoko sommé de rendre des comptes… à ses ancêtres ». Une tribune qui se veut la réponse à mon analyse en date du 5 avril 2026 intitulée Monsieur le Maire Bally Bagayoko, et sinous parlions de l’esclavage héréditaire chez les Soninké ?
Pour l’intérêt du débat, je publie ici intégralement ma tribune du 5 avril 2026 dont seule une partie avait été mise sur le blog de l’Afrique Réelle, le reste étant réservé aux abonnés à la revue :
Début de l’analyse publiée le 5 avril 2026 par l’Afrique Réelle et primitivement réservée aux seuls abonnés à la revue.
Monsieur Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, est d’origine soninké. Sa famille vient de la région de Koulikoro au Mali. En pointe dans le discours racialiste revanchard, la question « D’où parles‑tu ? » ne lui a jamais été posée. Elle ne pourrait pourtant qu’être bien acceptée par un proche de la France Insoumise puisqu’elle est née dans les milieux maoïstes et gauchistes des années 1968. Une question qui permet aujourd’hui aux décoloniaux et aux héritiers de Foucault, Bourdieu et Althusser de dresser l’acte d’accusation de l’homme blanc. Une interrogation signifiant pour les déconstructeurs que toute prise de parole est située, socialement, politiquement et historiquement, et qu’elle explique donc le discours et les prises de position. Ce que les anglo-saxons ont défini comme la « théorie du point de vue » (standpoint theory).
Alors, d’où « parlez-vous », Monsieur Bally Bagayoko ?
La réponse est claire : depuis le monde soninké. Un monde à la très riche histoire puisqu’elle remonte au royaume de Ghana né au VIII° siècle. Un monde dans lequel l’esclavage n’était pas un simple système économique, mais une structure sociale globale, emprisonnante et héréditaire comme le montrent, entre autres, les livres cités en fin de cette mise au point. Selon Claude Meillassoux (1975 et 1986), les Soninké formaient une société esclavagiste au sens fort et Martin Klein (1998) a montré que les esclaves représentaient un tiers à la moitié de la population dans de nombreuses régions du Soudan occidental.
Les Soninké, appartiennent au grand ensemble mandé réparti dans les actuels Mali, Mauritanie et Sénégal (Soninké, Malinké, Bambara, etc.). Fondateurs de l’empire historique de Ghana qui dura du VIIIᵉ au XIᵉ siècle, les Soninké furent des acteurs essentiels dans les réseaux marchands transsahariens dont la traite esclavagiste à destination du monde nord-africain était une composante importante.
Abner Cohen et Gibril Sankoh (1995) ont montré que les Soninké furent parmi les premiers migrants ouest-africains vers la France. Mais, et là est peut-être l’essentiel, que l’émancipation par l’émigration des anciens esclaves soninké ne fut que théorique car les hiérarchies sociales perdurèrent. En France, le clivage entre « nobles » (horon) et descendants d’esclaves (komo) demeura en effet car il reste la marque d’une identification sociale et identitaire à laquelle il est impossible d’échapper puisqu’elle est aussi définitive que le sexe. L’esclavage chez les Soninké s’inscrit donc dans le temps long, puisque les hiérarchies sociales demeurent.
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