mercredi 1 avril 2026

L'Afrique Réelle n°196 - Avril 2026

Sommaire

Dossier : La visite du pape en Algérie
- La visite du pape, une « divine surprise » pour le régime algérien
- La christianisation des Berbères
- Papes et grandes figures chrétiennes berbères
- Pourquoi les Coptes et les Maronites ont-ils maintenu leur religion et non les chrétiens du Maghreb ?
- Y eut-il des survivances du christianisme après la conquête arabo-musulmane ?
Hydrocarbures : L’Afrique pourrait-elle remplacer le Moyen-Orient ?
- Le pétrole africain
- Le gaz africain
- Le cas de l’Algérie

Editorial de Bernard Lugan

Du 13 au 15 avril, le pape se rendra en Algérie, un pays dans lequel le catholicisme a été éliminé en 1962 par l’épuration ethnique des Européens, et où l’éradication du christianisme est depuis cette date une constante politique. Un pays dans lequel l’Eglise catholique qui a choisi la « discrétion » se cantonne à un rôle de « témoignage » timide et respectueux des autorités. 
Comme l’église catholique ne représente plus un danger pour l’unité islamique de l’Algérie, elle est donc choyée par le régime. Ce dernier s’en sert comme d’une vitrine, mettant en avant sa docile soumission à l’islamité du pays afin de contrer le prosélytisme actif et courageux des divers courants protestants et évangélistes, notamment chez les Berbères.
En Algérie, la visite du pape va d’abord être l’occasion pour un régime aux abois de redorer son image internationale. Le récit officiel est d’ailleurs clair : « l’Algérie est la gardienne légitime de l’héritage culturel et spirituel de Saint Augustin »… Une telle hypocrisie sera naturellement relayée en France par les affidés et les stipendiés d’Alger.
L’on nous dit que le voyage du pape permettra de redonner vie au « dialogue islamo-chrétien ». Mais de quel dialogue parle-t-on dans un pays où, selon le rapport de l’ONG International Christian Concern : « Le gouvernement considère le christianisme comme un danger pour l’identité islamique algérienne et tente par tous les moyens de réglementer l’Église pour la réduire à néant ». 
Un pays dans lequel les autorités associent le christianisme à une forme de « trahison identitaire » et d’allégeance à l’Occident. 
Un pays où, en 2010, le ministre des Affaires religieuses M. Bouabdellah Ghlamallah, déclarait que : « Personne ne veut qu’il y ait des minorités religieuses en Algérie, car cela risquerait d’être un prétexte pour des ingérences étrangères sous couvert de protection des minorités ». 
Un pays dans lequel l’apostasie qui est passible de deux à cinq ans de détention et d'une amende de 500 000 à 1 million de dinars, a pour résultat la mort sociale des « traitres ».

Avec la guerre d’Iran et les problèmes de circulation dans le détroit d’Ormuz la question se pose de la pérennité des approvisionnements des pays européens en pétrole et en gaz. D’autant plus que l’Europe a décidé de se couper de la production russe. Dans ces conditions, la question est posée de savoir si l’Afrique pourrait remplacer le Moyen-Orient. 
Une question absurde car, avec 6,73 millions de barils de pétrole par jour pour une production mondiale de 105,14 millions de barils par jour, l’Afrique, n’est qu’un acteur secondaire. De plus, comme pour ce qui est du pétrole, l’Afrique est un producteur modeste de gaz. Sa production moyenne est en effet d’environ 260 à 270 milliards de m³ de gaz par an quand la production mondiale se situe autour de 4 000 à 4 200 milliards de m³ par an. La part de l’Afrique tourne donc autour de 6 à 7% de la production mondiale. L’UE important environ 500 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit deux fois la production totale de l’Afrique, on voit donc mal comment, à court et à moyen terme, cette dernière pourrait remplacer ses sources principales d’importation.

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