Les honorables représentants du Peuple français
seront en revanche bien silencieux sur la réalité d’un autre esclavage. Ils ignorent
en effet probablement que l’Abolition décidée
unilatéralement par les Européens au XIXe siècle ne concerna pas la traite
arabo-musulmane. Depuis la Libye, au
nord, ou depuis Zanzibar, à l’est, des caravanes
organisées militairement continuèrent ainsi à dévaster des régions entières de l’Afrique sud-saharienne. À la veille de la colonisation, au centre comme à l’est de l’Afrique, les réseaux esclavagistes musulmans étaient même en pleine extension. Jusqu’à ce que la colonisation les détruise.
On lira à ce propos mon livre « Esclavage, l’histoire àl’endroit »
Ce vote chronologiquement insolite
ne renforcera pas le prestige de l’Assemblée. Cela n’est cependant pas une
nouveauté. Le 23 novembre 1913, le maréchal Lyautey écrivait ainsi à Albert de
Mun à propos des députés :
« La horde des parlementaires abattus sur ce malheureux pays, encombrants, plastronnant, pérorant à tort et à travers, et si ignorants et si vulgaires (…) En temps normal, tous ces gens que je devais recevoir à ma table avec égards, auraient mangé à l’office (…). Et dire que c’est « ça » qui dispose de notre sort. Le spectacle me donne la nausée du Parlement et j’envie celui (qui ne sera pas moi-je suis trop vieux) qui aura la joie, la plus grande probablement qu’on puisse avoir sur cette terre, d’entrer au Palais-Bourbon avec 100 baïonnettes derrière lui et de jeter tout cela à la Seine ».

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