dimanche 30 mars 2014

L'Afrique Réelle N°52 - Avril 2014


























Sommaire :

Actualité :
- Le Nigeria, pays « émergent » ou pays en cours de désintégration ?
- La Tripolitaine et la Cyrénaïque peuvent être indépendantes

Longue durée :
Sahel : le grand retour du Maroc

Dossier :
Libye, Mali, Centrafrique : trois échecs politiques

Histoire :
Génocide du Rwanda : où en est l’historiographie ?


Editorial de Bernard Lugan :

Ces dernières années, la France a mené trois opérations militaires d’envergure en Afrique. Leurs résultats politiques sont autant d’échecs :

1) En Libye, l’incompréhensible « croisade pour la démocratie » lancée par M.M. BHL et Sarkozy a provoqué le chaos. Le pays est aujourd’hui dans une situation de guerres régionales, tribales, claniques, religieuses et mafieuses. Un espace inespéré s’est ainsi ouvert pour  Aqmi et toutes les forces terroristes qui prospèrent désormais au milieu de l’anarchie ambiante avec des répercussions dans toute la zone sahélo saharienne comme nous l’avons observé au Mali.
Si le cataclysme régional ne s’est pas encore produit c'est parce que le Tchad du président Déby constitue un maillon de résistance. Pour combien de temps encore ? Là est toute la question car la situation du pays est plus que complexe :

- Au Sud, les évènements de Centrafrique vont immanquablement connaître une contagion dans les régions limitrophes frontalières.
- A l’Est, la question du Darfour est toujours brûlante.
- A l’Ouest, le Niger apparaît bien fragile.
- Au Sud-Ouest, le jihad de Boko Haram s’étend chaque jour un peu plus.
- Au Nord, la tâche grise du Sahara libyen s’enfonce à l'intérieur du Tchad par le biais de la question toubou.

2) Au Mali, après avoir bloqué les colonnes d’Ansar Eddine qui fonçaient sur Bamako, Paris n’a pas voulu conditionner la reconquête de Gao et de Tombouctou à l’acceptation par les autorités maliennes de l’impératif d’un changement constitutionnel qui aurait une fois pour toutes réglé le problème nord-sud. Tous les ingrédients d’un futur conflit demeurent donc.

3) En Centrafrique, au mois de mars 2013, François Hollande a ordonné à l’armée française présente à Bangui de laisser les pillards du Seléka prendre la ville alors que, depuis plusieurs mois, il aurait été facile de les « traiter » par une opération limitée et ciblée. Résultat : les chrétiens - 95% de la population de souche -, furent persécutés. 
Début 2014, face au désastre humanitaire, le président français décida finalement d’intervenir, mais en ne donnant à nos forces ni les moyens nécessaires, ni une mission claire et en prenant bien soin de ne désigner ni l’ « ami », ni l’ « ennemi ». Résultat : les bandes  du Séléka se sont repliées vers le Nord avec armes et bagages et adossées au Soudan, elles ont fait du triangle de Birao une zone de déstabilisation de toute la sous-région.

lundi 10 mars 2014

vendredi 7 mars 2014

En Libye il est temps d’en finir avec les billevesées démocratiques pour en venir enfin à la realpolitik

Le jeudi 6 mars, à Rome, lors de la Conférence internationale sur la Libye, le ministre italien des Affaires étrangères a considéré que le principal problème qui se pose dans ce pays meurtri est la « surimposition de légitimités ». Cet euphémisme archétypique du vocabulaire « politiquement correct » sert à cacher la vérité de la situation libyenne qui est tout simplement l’anarchie. Cette manipulation sémantique illustre le désarroi de cette prétendue « communauté internationale » qui, au nom des « droits de l’homme » et de la démocratie postulée universelle, a déstabilisé un pays fragile. Aujourd’hui, elle n’ose même pas employer les mots justes pour décrire les résultats de la calamiteuse guerre qu’elle déclencha sans raison avouable contre le colonel Kadhafi.

Cessons de nous boucher les yeux en rêvant d’élections qui ne régleront pas les problèmes de fond pour regarder la réalité en face : en Libye, la situation devient de plus en plus confuse, de plus en plus anarchique et de moins en moins lisible. Le pays est livré à la loi des milices et les « autorités » ne font même plus de la figuration. Le 10 octobre 2013, le Premier ministre Ali Zeidan au pouvoir depuis novembre 2012, a ainsi été enlevé par des hommes armés. Tout récemment, le dimanche 2 mars 2014, à Tripoli, le Parlement  (le CNG : Congrès national général), institution issue des élections de juillet 2012, a été pris d’assaut, en partie incendié et plusieurs députés blessés.
La « démocratisation » de la Libye est donc un tragique  échec et la « croisade humanitaire » décidée par la France de Nicolas Sarkozy a débouché sur un désastre. D’autant plus que le rêve démocratique qui fit se pâmer BHL n’est même pas celui des Libyens puisque le 20 février dernier, les élections destinées à élire les 60 membres du conseil chargé de rédiger la nouvelle Constitution n’ont attiré que moins de 15% des électeurs…

Aujourd’hui, le pouvoir central ayant disparu, plusieurs clans régionaux et tribaux se livrent une guerre aussi confuse qu’impitoyable dans une Libye fracturée en trois grands ensembles eux-mêmes subdivisés :

1) Le « Grand Sud » est une zone grise où le « pouvoir » nordiste n’est obéi ni des Touareg à l’Ouest, ni des Toubou au centre et à l’Est ; d’autant plus que ces derniers subissent les raids lancés par des milices arabes. Cette situation de non-droit permet aux islamistes ayant échappé aux forces de l’Opération Serval de bénéficier d’un nouveau sanctuaire.

2) La Cyrénaïque qui est en état de sécession est ensanglantée par les assassinats. Dimanche 2 mars, un ingénieur français y a été abattu et 50 meurtres y ont été commis durant le seul mois de février. La région est également ravagée par la guerre qui oppose les fondamentalistes musulmans dont le fief est la ville de Derna, aux « traditionalistes » rassemblés derrière les confréries soufi. Les ports pétroliers de Ras Lanouf et de Brega sont à l’arrêt en raison des exigences des milices tribales régionales.

3) La Tripolitaine est coupée en trois :

- La ville de Misrata est un Etat dans l’Etat dirigé par des milices gangstéro-islamistes, bras armé du mouvement des Frères musulmans.
- L’ouest de la Tripolitaine est dominé par la milice berbère arabophone de Zentan (Zenten) et par celle, berbérophone, du jebel Nefusa.

- Tripoli, est la « capitale » d’un Etat qui n’existe plus. Impuissant, le «pouvoir central» est condamné à y négocier avec les milices pour tenter de survivre tout en se contentant d’observer leurs affrontements. Le vendredi 15 novembre 2013, les milices de Misrata ont ainsi ouvert le feu sur une foule réclamant leur départ, faisant plusieurs dizaines de morts et des centaines de blessés, ce qui déclencha un affrontement général avec les autres milices.
  
Conséquence directe de la calamiteuse et incompréhensible guerre que la France de Nicolas Sarkozy mena contre le colonel Kadhafi, l’anarchie libyenne menace gravement la sécurité régionale et c’est pourquoi il est urgent d’y mettre un terme. Les tentatives démocratiques ayant échoué et une opération internationale de pacification n’étant pas à l’ordre du jour, il n’existe donc que deux options, soit la reconstruction d’un Etat fort, soit au contraire la prise en compte des réalités confédérales.

1) La reconstitution d’un Etat fort

Une telle politique peut se faire de deux manières :

- Un retour à la situation antérieure avec l’émergence d’un nouveau « colonel Kadhafi » qui pourrait refaire l’unité du pays ; dans l’immédiat, aucune personnalité ne semble en mesure de jouer ce rôle.

- L’autre moyen de reconstituer l’Etat libyen est la voie religieuse à travers le « coagulant » islamique constitué par les  « Frères musulmans».

2) La constitution de deux pôles de stabilité

La reconnaissance officielle de l’éclatement de la Libye aurait l’avantage de circonscrire les luttes de pouvoir au sein de deux régions et donc de limiter l’effet domino régional :

- En Tripolitaine, la coalition des milices berbères arabophones de Zenten, des milices berbérophones du jebel Nefusa, de celles des tribus Warfalla de Tripolitaine et des tribus de la région de Syrte, pourrait déboucher sur une alternative politique nouvelle susceptible de réduire la puissance et la nuisance de Misrata et de ses gangs islamo-mafieux.

- En Cyrénaïque, si les fédéralistes et les courant islamistes traditionalistes étaient aidés, ils pourraient en finir avec les  fondamentalistes de Derna.
 
Cette option « partitionniste » permettrait la naissance de deux entités ancrées sur la géographie et l’histoire qui pourraient éventuellement négocier ultérieurement une forme d’association et auxquelles les tribus du Grand Sud pourraient se rattacher selon leurs affinités.

Ne nous berçons cependant pas d’illusions car cette amorce de solution fondée sur la realpolitik a peu de chances d’être choisie car elle tourne le dos à la bien-pensance démocratique. De plus, comme elle ne peut être réalisée que par le fer et le feu, une telle perspective sera donc insupportable aux sociétés occidentales devenues esclaves de l’émotionnel en raison de leur dévirilisation.

Bernard Lugan
07/03/2014

lundi 3 mars 2014

L'Afrique Réelle n°51 - Mars 2014


























Sommaire :

Numéro spécial : Afrique du Sud, la question raciale

- La mosaïque raciale en Afrique du Sud
- Aux origines de la question raciale
- L'héritage de l'apartheid
- Les prochaines élections seront raciales
- L'exode des Blancs diplômés
- Les pauvres blancs
- Les meurtres des fermiers blancs
- La question raciale en 2014 ou "l'épuration ethnique douce"

Editorial de Bernard Lugan :

Au mois d’avril 1994, porté au pouvoir par une opinion mondiale littéralement sidérée par la pensée unique, Nelson Mandela avait annoncé la fin de la question raciale, prophétisant même l’accession d’une société dans laquelle les races ne constitueraient plus un critère de fractionnement.

Vingt ans plus tard, après trois présidents noirs - Nelson Mandela, Thabo Mbeki et Jacob Zuma -, la question raciale qui n’a pas été résolue est toujours au cœur de la vie politique, sociale et même religieuse sud-africaine. En dépit des discours lénifiants du politiquement correct, l’idéologie n’a donc pas davantage fait disparaître les races que la pluie les rayures des zèbres.

En Afrique du Sud comme partout ailleurs en Afrique, là où les sociétés sont hétérogènes, le réel finit toujours par rattraper les idéologues. La base de la question est que la démocratie, cette ethno-mathématique électorale, faisant que les plus nombreux sont assurés de détenir le pouvoir, les peuples minoritaires sont donc devant un choix :
- Soit ils acceptent le système et ils n’ont alors que deux options, la soumission et (ou) l’émigration ;
- Soit ils le refusent et dans ce cas, ils n’ont que trois solutions :

1) La guerre, comme le font périodiquement les Touaregs du Mali.
2) La séparation comme le tentèrent maladroitement les Blancs en Afrique du Sud avec l’apartheid.
3) La négation des réalités comme le font les 10% de Tutsi au Rwanda, ce qui leur permet de dire qu’ils ne dominent pas les 90% de Hutu puisque les ethnies n’existent pas étant donné qu’elles ne seraient qu’un fantasme européen.

Avec le recul du temps, et compte tenu de l’hétérogénéité des populations, la seule solution à la question raciale sud-africaine était soit un éclatement du pays en grandes zones ethno-raciales, soit une cohabitation confédérale dans un cadre de séparation, chaque population ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs dans sa propre sphère politique et territoriale.

Le Parti national tenta de mettre en place cette dernière politique, mais il le fit d’une manière inégalitaire dans le cadre rigide de l’apartheid qui n’était en définitive qu’une forme de suprématisme blanc quand, pour ses concepteurs il s’agissait tout au contraire d’un ethno-différentialisme.

A partir de 1994, avec l’ANC au pouvoir, ce fut la plus mauvaise des options qui fut imposée aux peuples d’Afrique du Sud : celle de la démocratie majoritaire dans le cadre d’un quasi système de parti unique. Résultat : l’ethno-mathématique électorale a fait des peuples minoritaires, en l'occurence les Blancs et les métis du Cap, des citoyens de seconde zone. Avec en plus le non-dit du ressentiment lié à l’apartheid qui condamne les premiers à être les éternels boucs émissaires des échecs successifs des gouvernants.

Aujourd’hui, victimes d’un racisme d’Etat comme nous le démontrons dans ce numéro spécial, ceux des Blancs qui le peuvent fuient l’Afrique du Sud ; certains allant même jusqu’à demander l’asile politique à l’étranger.

lundi 24 février 2014

Nouveau livre de Bernard Lugan : Rwanda, un génocide en questions


286 pages, cahier de cartes en couleur
Editions du Rocher

Présentation :
Dans ce livre, Bernard Lugan s’appuie sur les dizaines de milliers de pages des procès-verbaux des audiences tenues devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) créé par le Conseil de Sécurité de l’ONU , sur les auditions de centaines de témoins, sur les innombrables pièces ajoutées en preuve ou en contre preuve, sur les rapports présentés et défendus par les experts, sur les interrogatoires, sur les contre-interrogatoires et sur les jugements rendus en première instance ou en appel, pour renverser l’histoire officielle concernant le génocide du Rwanda.
Le livre est construit autour de dix questions dont : qui assassina le président Habyarimana, déclenchant ainsi le génocide ? Le génocide était-il programmé ?
La France en serait-elle complice alors que ses dernières forces avaient quitté le pays plus de 4 mois avant le début des évènements ? Etc.

Pour le commander :

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mercredi 19 février 2014

Centrafrique : point de situation (19/02/2014)

Philippe Meunier, député du Rhône, Secrétaire de la commission Défense rentre d'une mission parlementaire en RCA effectuée le 17 février dernier. L'Afrique Réelle lui a demandé un point de situation au moment où les organisations humanitaires parlent d'une "épuration" des musulmans par les chrétiens.

Quelle est aujourd'hui la situation sécuritaire à Bangui ?

Philippe Meunier : Une sécurité précaire est revenue à Bangui grâce et uniquement à la présence de nos militaires français, même si certains groupes sous couvert d'anti balakas commettent des délits. La tension reste néanmoins palpable et des incidents peuvent éclater à tout moment.

A lire les médias, ce sont les chrétiens qui massacrent les musulmans alors que pendant un an, ces derniers les martyrisèrent. Avez-vous pu mesurer le degré de haine entre les communautés? Pourquoi les chrétiens en veulent-ils à ce point aux musulmans ?

Philippe Meunier : Les islamistes du Seleka, avec la complicité de leurs collaborateurs, ont procédé à Bangui et dans l'ensemble du pays à des massacres sans nom des mois durant à l'encontre des chrétiens. Conséquence de ces viols et massacres de masse, les chrétiens ne veulent et ne peuvent plus aujourd'hui vivre avec et aux côtés des musulmans.

La présence de l'armée française qui procède au désarmement des anti balaka  ne risque t'elle pas d'entraîner une incompréhension de la part des chrétiens qui se sont rebellés contre les crimes des islamistes du Seleka ?

Philippe Meunier : Le risque est grand en effet, si ceux qui ont collaboré sous l'occupation du Seleka ne sont pas jugés et condamnées sévèrement.
Les condamnations de ceux qui  ont collaboré avec les  islamistes du Seleka doivent donc être effectives sinon l'amalgame se fera avec la communauté musulmane, des innocents périront et nos soldats se retrouveront au milieu de ces règlements de compte.

Quand l'armée française pourra-t-elle se déployer dans l'intérieur du pays où le Seleka continue à massacrer les chrétiens ?

Philippe Meunier : Quand la communauté internationale aura envoyé des forces de police pour assurer la sécurité à Bangui en lieu et place de nos soldats.

Nos soldats ont-ils le matériel adéquat ? La diminution des effectifs de l'armée française ne freine t-elle pas la mission sur place en RCA ?

Philippe Meunier : Notre armée a ressorti ses vieux P4 et camions militaires. Heureusement que les miliciens du Seleka ne visent pas juste avec leurs RPG 7 ... La diminution des effectifs de nos armées a évidemment des conséquences sur le nombre de soldats présents sur zone. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs le Seleka continue ses exactions dans le reste du pays. Quant au renforcement de nos forces par des unités provenant de l'Europe, je ne souhaite même pas en parler...

Si nos troupes quittaient la RCA, que se passerait-il ?

Philippe Meunier : Si nos troupes quittent la RCA c'est un génocide assuré à l'encontre de l'ensemble des communautés présentes sur ce territoire.

Plus généralement, faut-il repenser nos implantations militaires en Afrique et pourquoi, au moment où l'on nous annonce encore d'autres coupes budgétaires ?

Philippe Meunier : Il faut renforcer nos bases en Afrique équatoriale. L'islamisme progresse en direction du Sud et menace directement l'ensemble de la francophonie. La France et les Etats francophones doivent se préparer militairement à de futurs combats pour s'opposer à cette progression. Malheureusement, F.Hollande fait le contraire en diminuant plus encore le budget de nos armées et les effectifs de nos bases prépositionnées. Il est vrai que l'on ne peut pas accorder la CMU, l'aide médicale d'Etat et un milliard par an aux intermittents du spectacle et en même temps assurer pour nos Armées un budget décent...

dimanche 16 février 2014

Centrafrique : ce ne sont pas les chrétiens qui ont provoqué le chaos


Au moment où Paris renforce son contingent et lui ordonne de désarmer les milices chrétiennes[1], il n’est pas inutile de refaire la chronologie de la tragédie centrafricaine :

- Le 24 mars 2013, François Hollande laissa les pillards du Seléka[2] prendre Bangui alors qu’il aurait été facile de les « traiter » par une opération limitée et ciblée. Comme cela avait été annoncé par les connaisseurs du pays, la Centrafrique sombra immédiatement dans le chaos et les chrétiens - 95% de la population de souche -, furent persécutés.

-Au mois d’avril 2013, le sort des chrétiens devenant à ce point épouvantable, et comme ils étaient totalement abandonnés par la « communauté internationale », Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Centrafrique, les appela à la résistance. Ce fut alors que naquirent les milices d’autodéfense dites anti-Balaka dont certains éléments se livrèrent ensuite à de sanglantes représailles sur les musulmans accusés d’avoir soutenu leurs coreligionnaires du Seléka.

- Début 2014, face au désastre humanitaire dont il était largement responsable, François Hollande décida d’intervenir, mais sans donner de mission claire à nos troupes, ne désignant ni l’ « ami », ni l’ « ennemi », se bornant à leur demander de jouer les « bons samaritains ».

- Aujourd’hui, après avoir désolé le sud de la RCA et massacré ses habitants, les bandes du Seléka se sont repliées vers le centre-est et le nord-est du pays avec l’essentiel de leur armement, leurs véhicules et les produits de leurs pillages qui alimentent les marchés du Soudan. Rien n’a été fait pour délivrer les malheureuses populations chrétiennes vivant dans les régions tenues par ces bandes criminelles.

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[1] Il est évidemment légitime de désarmer et de punir la composante criminelle de ces milices.
[2] « La Seléka, une nébuleuse criminelle (…) une internationale criminelle organisée et prospère ». Rapport de la fédération internationale des droits de l’homme du mois de septembre 2013 intitulé « RCA : un pays aux mains des criminels de guerre de la Seléka ».

mercredi 12 février 2014

Bouteflika, le sérail et l’odjak des janissaires - Point sur la situation en Algérie


En Algérie, où l’élection présidentielle aura lieu le 17 avril prochain, le président Abdelaziz Bouteflika n’a pas encore fait savoir s’il allait briguer un quatrième mandat. Cette question est cependant secondaire puisque, dans le théâtre d’ombres qu’est l’Algérie, c’est l’armée qui fait les présidents ; voilà pourquoi, comme durant la période de la Régence ottomane, c’est en quelque sorte l’odjak[1] des janissaires - lire les généraux-  qui va choisir le prochain dey -lire le président-,  qui sera son fondé de pouvoir.
A l’heure actuelle, tout est suspendu, non pas tant à la décision du président Bouteflika qui n’est plus en état de décider, qu’à la guerre, réelle ou supposée, mais publiquement instrumentalisée, que se livrent  - ou que se livreraient - deux composantes de l’armée, à savoir le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) - la police politique -, et l’état-major (EM) de l’Armée nationale populaire (ANP).
Pourquoi ce conflit qui devait être réglé en interne au sein de l’institution militaire a-t’il été rendu public ? Sommes-nous en présence d’une véritable cassure au sein de l’ANP ou bien de classiques intrigues de sérail alimentées par le clan Bouteflika terrorisé à l’idée de devoir bientôt rendre des comptes ?
Explications et développements :

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[1] Mot turc servant à désigner la milice janissaire de la Régence d’Alger.