lundi 18 janvier 2016
samedi 16 janvier 2016
Derrière l’attaque meurtrière à Ouagadougou (Burkina Faso)
Au moment où, paniqués par
la progression de Daesh en Libye, certains en sont quasiment arrivés à croire
qu’il était possible de soutenir une partie des jihadistes contre les autres,
le massacre commis à Ouagadougou venant après celui de l’hôtel Radisson de
Bamako le 20 novembre 2015, rappelle que nous sommes en présence d’un même
phénomène. Comme en Syrie, où le président Poutine ne cesse de dire qu’il n’y a pas plus de jihadistes
« modérés » qu’au Sahel.
Au-delà de la description
événementielle et journalistique, l’analyse du massacre qui vient de se
produire à Ouagadougou peut se faire autour de quatre points :
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samedi 9 janvier 2016
Libye : comment empêcher la victoire de l’Etat islamique ?
Le 4 janvier, depuis son bastion
de la région de Syrte, Daesh (Etat islamique) a lancé une
offensive contre les ports de Cyrénaïque par lesquels la Libye exporte 40% de
son pétrole brut. A l’heure où ces lignes étaient écrites, les terminaux de
Sidra et de Ras Lanouf étaient en flammes. Au même moment, dans tout le pays, l’Etat
islamique revendiquait des attentats sanglants.
Depuis plusieurs mois l’Afrique
Réelle annonce que Daesh a décidé d’ouvrir un second front après
celui du Proche-Orient et que des avions partis de Turquie déposent en Libye
des jihadistes retirés de Syrie.
De même, l’Afrique Réelle est
en mesure d’affirmer aujourd’hui que les opérations de Daesh sur les
terminaux pétroliers libyens cachent ou préparent une offensive qui vise la
région tchado nigériane, le sud du Mali et peut-être même jusqu’à la
Centrafrique.
Comment vitrifier ce cancer qui
métastase à partir d’une Libye territorialement partagée entre les diverses
obédiences du jihadisme et où la situation ressemble désormais à celle que
connaît la Syrie? A deux différences près toutefois :
- En Libye, il n’existe pas un
Bachar el Assad sur lequel ancrer la résistance puisque le colonel Kadhafi a
été lynché, sodomisé avec une baïonnette, puis assassiné par ces « gentils
islamistes démocrates » chers à BHL qui, aujourd’hui, supplient l’Europe
de voler à leur secours;
- En revanche, la chance de la
Libye est qu’elle n’a pas un voisin turc jouant double ou même triple jeu.
Alors que convient-il de faire et
surtout, de ne pas faire ?
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Pour comprendre en profondeur la question de la Libye,
commandez le livre de Bernard Lugan « Histoire et géopolitique de la
Libye » (uniquement disponible via à l’Afrique Réelle) :
dimanche 3 janvier 2016
L'Afrique Réelle N°73 - Janvier 2016
Actualité :
- Afrique du Sud : «Zuma must fall »
- Libye : L’intervention militaire est nécessaire
Dossier : La conflictualité et les tensions africaines en 2016
- L’Afrique du Nord sous tension
- La contagion jihadiste du Sahel à la bande sahélo-guinéenne
- La Corne : entre conflit permanent et résurgent
- Centrafrique, Soudan du Sud et Burundi : les nouvelles zones
grises
Editorial de Bernard Lugan : Le retour de l’afro-réalisme
En 2015, l’Afrique a connu une grande révolution liée à l’effondrement du prix du baril. Ceux qui affirmaient il y a encore quelques mois que le pétrole allait devenir de plus en plus rare et qu’il fallait d’urgence entrer dans un nouveau modèle industriel, sont aujourd’hui bien silencieux face à la surabondance de l’or noir que le marché ne parvient plus à absorber.
Ce phénomène a deux causes :
- La première est conjoncturelle, et il s’agit du ralentissement économique de la Chine.
- La seconde est structurelle. Elle découle du fait que, contrairement aux prévisions alarmistes, il y a en réalité du pétrole partout dans le monde et les progrès constants de la technologie permettent de l’extraire à des profondeurs de plus en plus grandes. Sans parler naturellement de l’arrivée du pétrole de roche américain.
Or, cette surabondance va durer dans la mesure où l’Iran n’est pas encore revenu sur le marché, cependant que les productions de Syrie et de Libye sont fortement handicapées par la guerre. Seule une crise majeure affectant le Moyen-Orient et le Golfe persique pourrait inverser en profondeur cette tendance.
Pour l’Afrique, le résultat de cette situation est catastrophique car une quinzaine de pays sur 54 sont des monoproducteurs tirant entre 75 et 98% de leurs recettes de la manne des hydrocarbures[1]. Ce sont les « locomotives » économiques africaines dont les « experts » ont tant vanté le « démarrage » durant les années 2013 et 2014. C’est en ayant les yeux fixés sur des statistiques artificielles et leur pensée rivée à des modèles mathématiques désincarnés qu’ils ont pu écrire que l’Afrique avait démarré.
Hélas, ce prétendu « décollage » fantasmé était suspendu à une envolée artificielle et passagère des cours[2].
Or, ces pays qui s’étaient subitement enrichis et qui, pensant que la manne était éternelle, ont dépensé sans compter, se trouvent aujourd’hui face à des échéances qui ne sont plus couvertes. Les voilà donc contraints de s’endetter pour continuer à financer des projets non soldés ou tout simplement pour acheter la paix sociale et éviter la révolution. A peine sortis de la mortelle spirale de l’endettement des années 1980-1990, les voilà donc qui y replongent en priant pour que les cours remontent.
Si nous ajoutons à la trentaine de pays vivant de l’exportation des matières premières pétrolières et minières, ceux qui sont ravagés par des guerres civiles, ethniques et religieuses, la situation du continent est donc apocalyptique, sur fond de suicide démographique.
Nous voilà donc loin de cet « afro-optimisme » de commande asséné par les butors de la sous-culture médiatique et les experts auto-proclamés. Une fois de plus, l’afro-réalisme est donc de retour.
[1] Les pays producteurs de minerais sont également affectés par la baisse des cours du cuivre, du fer etc.
[2] J’ai longuement expliqué ce phénomène dans mon livre « Osons dire la vérité à l’Afrique », le Rocher, 2015.
dimanche 29 novembre 2015
L'Afrique Réelle N°72 - Décembre 2015
Actualité :
- Burundi : retour vers le chaos
- Algérie : l’hypothèse Saïd Bouteflika est-elle crédible ?
Histoire :
Ile Maurice : Trois cent ans après...
Dossier : Les changements climatiques en Afrique : mise en perspective
- L’homme est-il responsable du réchauffement climatique ?
- Et si l'Afrique avait tout à gagner du « réchauffement climatique » ?
- Les changements climatiques expliquent la naissance de la civilisation égyptienne
Editorial de Bernard Lugan : Au Mali rien n'est réglé
La prise d'otages de l'hôtel Radisson à Bamako marque un tournant dans la guerre de conquête déclenchée par les islamistes. Ses auteurs ne sont en effet pas des nordistes « blancs », Maures ou Touareg, mais des sudistes « noirs ».
Grâce aux financements des monarchies pétrolières du Golfe, au premier rang desquelles l'Arabie saoudite, un nouvel islam arabo-africain est aujourd'hui en pleine expansion face à l'islam africain traditionnel. Vecteur d'un jihadisme ayant métastasé dans le sud du Sahel, irrigué par les trafics en tous genres, il recrute désormais au sud du fleuve Niger où il offre une perspective de revanche à certains peuples en s'enkystant sur leurs résurgences identitaires.
Comme le Mali partage 1000 kilomètres de frontière avec le Burkina Faso, 858 avec la Guinée et 532 avec la Côte d'Ivoire, les porosités qui en découlent sont annonciatrices de futurs embrasements.
Après la région saharo-sahélienne nos forces vont donc devoir se préparer à intervenir dans la bande sahélo-guinéenne. C'est donc à une refondation de notre outil militaire que vont devoir penser les dirigeants politiques français. C'est en effet à un véritable quadrillage de toute cette immense zone qu'il va falloir peu à peu procéder en reconstituant, aux côtés des unités tournantes, des éléments spécialisés. Composés de Français et de nationaux encadrés par des officiers formés aux méthodes des anciennes « Affaires indigènes », ils seront à même à la fois de recueillir le renseignement, de « loger » les groupes armés et d'éviter le basculement des populations.
Le temps long du climat africain
Sans entrer dans la querelle entre « réchauffistes » et « climatosceptiques », au moment où se tient la Conférence sur le climat (Cop21), le passé de l'Afrique permet de mettre en perspective certaines affirmations assénées comme le credo d'une nouvelle religion à laquelle nous sommes sommés de croire avec la même obligation qu'à celle du « vivre ensemble ».
Par le passé, l'Afrique a connu de très amples variations climatiques, et, comme son actuel réchauffement a débuté vers 2500 avant JC, quatre questions méritent d'être posées :
1) Ce réchauffement est-il cyclique ?
2) Est-il global ?
3) Est-il naturel ou d'origine humaine ?
4) Est-il une calamité annoncée ?
C'est à ces questions que répond ce dernier numéro de l'année 2015 en partant d'une réalité scientifique, c'est à dire observable et vérifiée, qui est qu'il est démontré que le désert du Sahara n'a pas toujours occupé l'espace qui est le sien aujourd'hui. Par le passé, il fut en effet tantôt plus vaste, tantôt plus réduit (voir les cartes de la page 11 de la revue) et cela, en fonction de la succession d'épisodes chauds, donc humides, ou bien froids, donc arides, que connut l'Afrique.
Or, durant ces lointaines époques, les hommes ne faisaient que saupoudrer de leur présence les immensités continentales, ils ignoraient le moteur diesel et ils n'utilisaient pas l'énergie tirée du charbon. Il est donc difficile de leur attribuer la responsabilité de ces bouleversements climatiques dont les causes étaient bien évidemment naturelles.
samedi 21 novembre 2015
Derrière la prise d'otages de Bamako

L'attentat tragique de Bamako s'explique par la progression vers le sud d'un islamisme armé ayant profité du vide créé par la désastreuse intervention militaire française de 2011 en Libye. Qui plus est, les réductions
opérées sous la présidence de Nicolas Sarkozy ont eu pour conséquence de livrer
au gouvernement de François Hollande, un outil militaire très affaibli. Dans ces
conditions, malgré les prouesses opérées par les 3000 soldats français chargés
de stabiliser un désert de près de 3 millions de kilomètres carrés, il était
impossible à nos Armées, en raison même de leur format, de prévenir tout risque
d'attentat au Mali.
Si le président Sarkozy n'avait
réduit de façon si drastique les forces pré positionnées françaises, notamment
à Bamako, en déclarant en 2006 dans cette même ville que "la France n'a
pas besoin de l'Afrique", il est fort probable que les islamistes n'auraient
jamais osé s'en prendre de la sorte aux intérêts européens.
Ceci étant, dans l'affaire de la
prise d'otages de Bamako, six éléments ne doivent pas être perdus de vue :
1) Les autorités maliennes ont
pour ennemis prioritaires les séparatistes touareg. Les jihadistes qui
combattent ces derniers et qui ne demandent pas la partition du Mali sont de
fait des alliés.
2) Refusant de reconnaître
qu'elles ont laissé les jihadistes gangrener Bamako, ces mêmes autorités maliennes
ont donc été promptes à faire porter la responsabilité de l'attaque de l'hôtel
Radisson sur l'ennemi "nordiste" (touareg), ou sur des étrangers (le
jihadiste algérien Moktar ben Moktar).
3) L'émiettement du pouvoir
central s'accélère. L'armée malienne étant incapable de contrôler le pays, les
autorités de Bamako ont en effet encouragé la création de milices ethniques
destinées à lutter contre les Touareg. Au nord, nous avons ainsi le GATIA (
Groupe d'auto défense touareg Imghad et alliés) dirigé par le colonel Ag Gamou.
Au sud du fleuve, le FLM (Front de libération du Macina), héritier des milices
peul d'auto-défense des années 2000 a basculé dans le fondamentalisme inspiré
de la secte Dawa d'origine pakistanaise. Or, avec le Macina, c'est le coeur
même du Mali qui est touché, et non plus les extrêmes périphéries sahariennes
nordistes. Après les Touareg, les Maures et les Peul, les Sénoufo vont-ils à
leur tour créer un groupe armé pour revendiquer la renaissance de leur
Kénédougou?
4) Contrairement à ce qui est toujours écrit, au
Mali, comme dans tout le Sahel, nous ne sommes pas d'abord face à une guerre de
religion, mais en présence de résurgences de conflits historiques, ethniques,
raciaux et sociaux sur lesquels, avec opportunisme, se sont greffés les
islamistes. Le fondamentalisme islamique n’est donc pas la cause de la
septicémie sahélienne, mais la
surinfection d’une plaie géo-ethnique.
5) Ceci étant, tout le Sahel est actuellement
confronté à une tentative hégémonique de la part d'un islam radical, sorte de
fourre-tout sublimant déceptions, désillusions et frustrations, comme hier le
marxisme. Cet islam révolutionnaire financé par les monarchies pétrolières du
Golfe a connu une progression silencieuse avant de s'affirmer aujourd'hui au
grand jour avec l'introduction de normes nouvelles comme la prière de nuit (le tahajjud), la burqa, la séparation des
sexes ou encore de nouveaux rites mortuaires.
6) Nous assistons à un
renversement du paradigme nordisme = islam et sudisme = christianisme. La conversion
galopante des ethnies sudistes a en effet changé la nature de l’islam local à
travers la fabrication d’une artificielle identité africaine arabophone
musulmane qui échappe de plus en plus aux structures traditionnelles.
NB : Pour tout ce qui concerne l'insolite
et dévastatrice guerre que Nicolas Sarkozy, inspiré par BHL, déclencha contre
le colonel Kadhafi, ainsi que sur ses conséquences régionales, voir mon livre Histoire et géopolitique de la Libye (novembre 2015), uniquement disponible à l'Afrique Réelle.
Bernard Lugan
21/11/15
lundi 9 novembre 2015
mercredi 4 novembre 2015
Nouveau livre de Bernard Lugan : Histoire de la Libye
Présentation :
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Vieille terre berbère aujourd'hui arabisée et islamisée, après avoir été tour à tour colonisée par les Grecs, les Carthaginois, les Romains, les Byzantins, les Arabes et enfin par les Italiens, la Libye se caractérise par la faiblesse du pouvoir central face aux permanences tribales et régionales.Véritables « fendeurs d'horizons », les ensembles tribaux les plus forts ont toujours contrôlé les couloirs de nomadisation reliant la Méditerranée à la région tchadienne. Les trafics d'aujourd'hui (drogue et migrants), se font le long de ces voies tracées par la géographie. Sur elles s'ancrent les solidarités jihadistes qui, aujourd'hui, désolent la bande sahélo-sahélienne.N'ayant pas voulu voir que la réalité politique libyenne repose sur l'équilibre et sur les jeux de pouvoir entre les grandes confédérations tribales et régionales, ceux qui, en 2011, au nom de l'ingérence démocratique, mirent à bas le régime du colonel Kadhafi, ont donc directement provoqué le chaos.Remontant dans le temps, ce livre permet de comprendre pourquoi aujourd'hui il serait singulièrement inconséquent de prétendre vouloir stabiliser puis reconstruire la Libye sans prendre en compte l'archéologie tribale sur laquelle reposent ses définitions culturelles, politiques, sociales, économiques et religieuses.
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