mercredi 9 août 2023
jeudi 3 août 2023
mercredi 2 août 2023
Après le Mali et le Burkina Faso… aujourd’hui le Niger… et demain le Tchad…
Les évènements du Niger étant la suite logique
de la catastrophique politique africaine de la France - de Nicolas Sarkozy à
Emmanuel Macron sans oublier naturellement François Hollande-, il faudra bien
que ceux qui l’ont décidée rendent enfin des comptes. Comment est-il en effet
possible qu’un conflit ethnique ayant éclaté en 2011 au nord-est du Mali et qui
était à l’origine limité à une seule fraction touareg, ait pu, de fil en
aiguille, se transformer en un embrasement régional échappant désormais à tout contrôle
et dont la conséquence la plus visible est l’éviction de la France de la région
sahélienne ?
En raison de l’avalanche d’erreurs politiques
et sociétales, et comme je n’ai cessé de l’annoncer depuis 2011, l’échec de la
France au Sahel était hélas une certitude (voir à ce sujet mon livre Histoire du Sahel). Un échec
politique un temps masqué par les réussites de nos Armées au prix du sacrifice
de plusieurs dizaines des meilleurs enfants de France tombés à la place de
déserteurs africains ayant préféré venir bénéficier en France des largesses de
l’ « odieuse » ancienne puissance coloniale que de défendre leurs
pays respectifs.
Corsetés par leur idéologie, les responsables
français ont voulu qu’en Afrique, le droit
des Peuples s’efface devant les « droits de l’Homme », les
chimères de la « bonne gouvernance » ou le surréaliste « vivre ensemble ». Sans parler des
provocations LGBT et de ses variantes vues en Afrique comme autant
d’abominations et qui ont achevé de faire perdre à la France l’estime et le
respect des Africains.
Privilégiant les analyses économiques et sociales, aveuglés par l’impératif de l’impossible « développement », les décideurs français ont refusé le réel, oubliant les sages recommandations faites en 1953 par le Gouverneur de l’AOF : « Moins d’élections et plus d’ethnographie, et tout le monde y trouvera son compte ».
Incultes historiquement, les
« petits marquis » sortis de Sciences-Po ou de l’ENA qui prétendent
parler de l’Afrique, n’ont pas vu qu’à la fin du XIX° siècle, la colonisation
qui libérait les sudistes de la prédation nordiste, rassemblait en même temps
dominés et dominants dans de communes limites administratives. Avec les
indépendances, ces délimitations internes de l’ancienne AOF devenues frontières
d'Etats, les lois de l’ethno-mathématique électorale y donnèrent automatiquement
le pouvoir aux sudistes puisque leurs femmes avaient été plus fécondes que
celles des nordistes. D’où, au Mali, au Niger et au Tchad, dès les années 1960-1965,
les nordistes qui refusaient d’être soumis à leurs anciens tributaires sudistes
se soulevèrent. La guerre qui a éclaté en 2011 - donc avant toute présence
russe-, et qui se déroule sous nos yeux, en est la résurgence.
Face à ce réel qu’ils
ne comprenaient pas, ou qu’ils refusaient de voir, confondant causes et
conséquences, les irresponsables qui définissent la politique africaine de la France
ont naturellement fait une erreur de diagnostic. Ils ont ainsi parlé de danger
islamiste alors que nous étions clairement en présence d’une plaie
ethno-raciale millénaire surinfectée par l’islamisme contemporain.
En conséquence de quoi, la stratégie française
reposa sur « l’essentialisation » de la question religieuse, tout
bandit armé, tout porteur d’arme et tout trafiquant étant péremptoirement qualifié
de « jihadiste ». L’erreur était grande car, dans la plupart des cas,
nous étions en présence de trafiquants se revendiquant du jihadisme afin de
brouiller les pistes, et parce qu’il est plus valorisant de prétendre
combattre pour la plus grande gloire du Prophète que pour des cartouches de
cigarettes ou des cargaisons de cocaïne. D’où la jonction entre trafic et
religion, le premier se faisant dans la bulle sécurisée par l’islamisme.
Face à l’engerbage de revendications ethniques, sociales, mafieuses et politiques, opportunément habillées du voile religieux, avec des degrés différents d’importance de chaque point selon les moments, la politique française fut donc à la fois figée et incohérente.
Au Niger où plusieurs
conflits se déroulent, tant à l’ouest qu’au sud-est, la situation fut encore
compliquée par le fait que le président Mohamed Bazoum est Arabe. Il est en
effet membre de la tribu libyenne des Ouled Slimane (Awlad Sulayman) qui a des
diverticules au Tchad et dans le nord-est du Niger.
Là encore, un minimum de connaissance historique aurait appris aux « danseurs à claquettes » qui prétendent définir la politique africaine de la France, que cette puissante tribu éclata en deux dans les années 1830 quand le pouvoir ottoman décida de reprendre effectivement le contrôle de la Régence de Tripoli. Or, les Ouled Slimane, tribu makhzen fidèle aux Karamanli renversés par les Turcs, entra en dissidence (voir à ce sujet mon livre Histoire la Libye).
La Porte ottomane ayant eu la main lourde dans la répression du soulèvement, une partie de la tribu émigra au Tchad et au Niger où elle participa au grand mouvement de prédation nordiste à l’encontre des sédentaires sudistes, ce qui a laissé des traces dans la mémoire collective.
Au Niger où les Ouled Slimane constituent moins de 0,5% de la population, et où ils sont considérés comme des étrangers, le fait que l’un des leurs parvienne à la Présidence était mal ressenti. Et, circonstance aggravante, les Ouled Slimane sont vus comme des amis de la France depuis qu’en 1940-1941, ils ont opportunément suivi la colonne Leclerc dans son opération de conquête du Fezzan italien, action ayant démarré au Tchad et au Niger. Ce fut d’ailleurs à cette occasion que certaines fractions des Ouled Slimane retournèrent en Libye où, depuis, elles se heurtent aux Toubou qui occupent leurs anciens territoires abandonnés après l’exode du XIX° siècle.
Alors qu’il eut fallu confier la politique
africaine de la France à des hommes de terrain héritiers de la « méthode
Lyautey » et de l’approche ethno-différentialiste des anciennes
« Affaires indigènes », elle a, hélas, été gérée par les insignifiants
et prétentieux butors qui portent la terrible responsabilité de l’échec
français en Afrique.
Un échec qui n’est d’ailleurs pas totalement consommé puisqu’il reste encore le Tchad dont le tour viendra tôt ou tard… inexorablement… Et toujours pour les mêmes raisons…
En plus de tout cela, au lieu de s’interroger
sur leurs erreurs, ajoutant la naïveté à l’incompétence, les dirigeants français
tentent maintenant de s’exonérer de leurs responsabilités en montrant la
« main russe »…. Comme si, étant en guerre contre l’OTAN, la Russie
allait laisser passer l’occasion qui lui était offerte de s’engouffrer dans
l’abîme béant de la nullité française pour ouvrir un front africain sur les
arrières de ceux qui la combattent sur le front européen… Le discours du
président Poutine lors du dernier sommet russo-africain de Saint-Pétersbourg
fut d’ailleurs très clair à ce sujet.
La déficience des dirigeants français s’exprime
jusque dans leur absence de réaction face au mensonge du prétendu « pillage »
des ressources du Niger. L’on attendrait en effet des « chapons » qui
parlent au nom de la France, une claire déclaration indiquant que cette
dernière n’a pas d’intérêts dans ce pays désertique -le Mali ne l’est en
revanche qu’en partie-, condamné à succomber sous sa suicidaire démographie
polygamique. Un Niger dont, n’en déplaise à l’ineffable Sandrine Rousseau qui a
osé affirmer que la France en dépendait pour son uranium, alors que le pays ne
représente aujourd’hui, et au mieux, à peine 10% des besoins français… et qu’il
est, et de beaucoup, plus facile et moins onéreux de se fournir ailleurs de par
le monde.
Sans parler des gisements français dont les écologistes ont fait interdire l’exploitation par la Loi…
Privilégiant les analyses économiques et sociales, aveuglés par l’impératif de l’impossible « développement », les décideurs français ont refusé le réel, oubliant les sages recommandations faites en 1953 par le Gouverneur de l’AOF : « Moins d’élections et plus d’ethnographie, et tout le monde y trouvera son compte ».
Face à l’engerbage de revendications ethniques, sociales, mafieuses et politiques, opportunément habillées du voile religieux, avec des degrés différents d’importance de chaque point selon les moments, la politique française fut donc à la fois figée et incohérente.
Là encore, un minimum de connaissance historique aurait appris aux « danseurs à claquettes » qui prétendent définir la politique africaine de la France, que cette puissante tribu éclata en deux dans les années 1830 quand le pouvoir ottoman décida de reprendre effectivement le contrôle de la Régence de Tripoli. Or, les Ouled Slimane, tribu makhzen fidèle aux Karamanli renversés par les Turcs, entra en dissidence (voir à ce sujet mon livre Histoire la Libye).
La Porte ottomane ayant eu la main lourde dans la répression du soulèvement, une partie de la tribu émigra au Tchad et au Niger où elle participa au grand mouvement de prédation nordiste à l’encontre des sédentaires sudistes, ce qui a laissé des traces dans la mémoire collective.
Au Niger où les Ouled Slimane constituent moins de 0,5% de la population, et où ils sont considérés comme des étrangers, le fait que l’un des leurs parvienne à la Présidence était mal ressenti. Et, circonstance aggravante, les Ouled Slimane sont vus comme des amis de la France depuis qu’en 1940-1941, ils ont opportunément suivi la colonne Leclerc dans son opération de conquête du Fezzan italien, action ayant démarré au Tchad et au Niger. Ce fut d’ailleurs à cette occasion que certaines fractions des Ouled Slimane retournèrent en Libye où, depuis, elles se heurtent aux Toubou qui occupent leurs anciens territoires abandonnés après l’exode du XIX° siècle.
Un échec qui n’est d’ailleurs pas totalement consommé puisqu’il reste encore le Tchad dont le tour viendra tôt ou tard… inexorablement… Et toujours pour les mêmes raisons…
Sans parler des gisements français dont les écologistes ont fait interdire l’exploitation par la Loi…
samedi 29 juillet 2023
L'Afrique Réelle n°164 - Août 2023
Sommaire :
Actualité
- Des errements de l’afrocentrisme aux nuées du panafricanisme
- Sahel : islam enraciné contre islam wahhabite
- Des errements de l’afrocentrisme aux nuées du panafricanisme
- Sahel : islam enraciné contre islam wahhabite
Dossier : Le contentieux algéro-marocain
- La « question des confins » ou comment la France amputa le Maroc au profit de l’Algérie
- L’Algérie indépendante renie la signature du GPRA au sujet des rectifications frontalières
- La « Guerre des sables » (octobre-novembre 1963)
- La « question des confins » ou comment la France amputa le Maroc au profit de l’Algérie
- L’Algérie indépendante renie la signature du GPRA au sujet des rectifications frontalières
- La « Guerre des sables » (octobre-novembre 1963)
Editorial de Bernard Lugan :
Afrocentrisme, la résistance de l'Egypte
Au moment où en Europe, aux Etats-Unis, au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie, en réalité dans tout le monde blanc « occidental », l’univers slave étant pour le moment épargné, les élites ont capitulé devant les délires et les diktats des afrocentristes, la résistance semble venir d’Egypte.
Soumis et mentalement émasculés, les « Blancs occidentaux » ont déjà admis qu’un homme pouvait accoucher. Alors pourquoi n’accepteraient-ils pas de reconnaître que la « blonde Athéna aux yeux bleu clair » était en réalité une reine noire africaine et que ce furent des Noirs et non Colomb, qui découvrirent l’Amérique ?
En Egypte où la population a semble t-il encore une colonne vertébrale, ces provocations ne passent pas.
La colère est ainsi très forte contre un film américain ayant osé montrer Cléopâtre sous les traits d’une femme noire.
Plus généralement, le monde scientifique est «_vent debout » contre le courant afrocentriste qui affirme que l’ancienne Egypte était « nègre ». Pour les afrocentristes, toute l’Afrique, Afrique du Nord, comprise, était peuplée par des Noirs avant que des envahisseurs, à savoir des Berbères Blancs, n’aient génocidé ces primo-habitants noirs de la rive sud de la Méditerranée...
Toujours à la différence de leurs homologues occidentaux, les dirigeants égyptiens qui ne capitulent pas devant ces falsifications historiques, ont décidé de contre-attaquer.
Ainsi, le journal Le Monde en date du 22 juin 2023 publie un article intitulé «_Une exposition aux Pays-Bas, jugée afrocentriste, fait polémique ». De fait, l’exposition qui avait pour titre « Kemet », nom que les afrocentristes donnent à l’Egypte, était clairement destinée à faire croire au public hollandais que l’ancienne Egypte était « nègre »[1].
Or, dans cet article, nous apprenons que « Les autorités égyptiennes n’ont pas apprécié et ont dénoncé cette falsification de l’histoire ».
Tout naturellement acquis à l’idéologie woko-décoloniale, les responsables du musée dénoncent quant à eux « un regain de racisme antinoir en Egypte ». Ce faisant, les voilà ralliés aux postulats farfelus de l’afrocentrisme devenus autant de « vérités » prospérant dans la négation du réel et le refus de reconnaître la différence de nature entre fait et mythe…
[1] Pour la réfutation de cette imposture scientifique, on se reportera aux numéros de juin et de juillet 2023 de l’Afrique Réelle et à mon livre Pour répondre aux décoloniaux.
vendredi 21 juillet 2023
samedi 1 juillet 2023
L'Afrique Réelle n°163 - Juillet 2023
Sommaire
Actualité
- Mayotte, le Lampedusa français de nouveau et comme toujours en situation insurrectionnelle…
- Nigeria : Le jihad pastoral du Middle-Belt
Dossier :
La civilisation grecque aurait-elle été créée par des Africains ?
- Martin Bernal, la caution blanche des afrocentristes
- Black Athena : une arme idéologique
- Les Grecs étaient-ils noirs de peau ?
- Mayotte, le Lampedusa français de nouveau et comme toujours en situation insurrectionnelle…
- Nigeria : Le jihad pastoral du Middle-Belt
Dossier :
La civilisation grecque aurait-elle été créée par des Africains ?
- Martin Bernal, la caution blanche des afrocentristes
- Black Athena : une arme idéologique
- Les Grecs étaient-ils noirs de peau ?
Histoire
Abd el-Kader fut-il l’ « Unificateur de l’Algérie » ?
Editorial de Bernard Lugan
Les délires de l’afrocentrisme
Abd el-Kader fut-il l’ « Unificateur de l’Algérie » ?
Editorial de Bernard Lugan
Les délires de l’afrocentrisme
Quand de la « blonde Athéna aux yeux bleu clair », les afrocentristes prétendent faire une « négresse », le moins averti s’aperçoit qu’on se paie sa tête. Et pourtant, c’est ce que soutient dans son livre Black Athena, l’Américain Martin Bernal, le pendant blanc de l’afrocentriste Cheick Anta Diop dont nous avons analysé les écrits dans le précédent numéro de l’Afrique Réelle.
Il est affligeant de devoir réfuter de telles stupidités, mais, la marche pour le moment inexorable de l’afrocentrisme, du décolonialisme et du wokisme, oblige à le faire afin de ne pas laisser le terrain à ceux dont le but est la déconstruction systématique de notre civilisation. Afin de mieux nous asservir.
Nous savons pourtant fort bien à quoi ressemblaient les anciens Grecs. Nous le savons par la statuaire, par une foule de documents figurés, de témoignages littéraires, et notamment les traités de physiognomonie. A supposer que les Proto-grecs du IIe millénaire aient été colonisés par des Egyptiens postulés être des « Nègres », il n’en est donc rien résulté du point de vue physique… Qu’ils aient le fin visage de Platon ou celui, plus grossier, de Socrate, les Grecs ne ressemblaient pas plus à des Egyptiens que leurs temples à des pyramides, ou leurs cités à leur monarchie théocratique.
Acculés devant le vide de son néant historique par les spécialistes de toutes les disciplines concernées, Bernal a eu recours à un procédé bien peu scientifique mais constamment utilisé par les afrocentristes : il a accusé de racisme les spécialistes de la Grèce classique lesquels auraient écarté toutes les preuves africaines qui, lors de leurs découvertes seraient venues en contradiction du schéma des origines indo-européennes de la Grèce.
En dépit de ses immenses richesses en hydrocarbures, le Nigeria, quadrilatère artificiellement découpé par la colonisation britannique, n’en finit pas de mourir.
En plus du nord-est du pays où sévissent Boko Haram et l’Etat islamique (EIAO), une autre guerre sanglante se déroule au Nigeria, dans la région du Middle-Belt, avec pour épicentre la ville de Jos.
Historiquement, la région constitue un front historique entre sultanats nordistes esclavagistes et populations sédentaires qui, aux XVIIIe et XIXe siècles, subirent les raids des premiers. Et qui voient dans les actuelles migrations des Peul-Fulani un retour aux temps anciens, d’avant la colonisation libératrice. La région forme également une ligne de faille religieuse entre un islam septentrional en pleine expansion et des christianismes sur la défensive.
Les affrontements sanglants qui s’y déroulent sont clairement le prolongement de ceux de l’époque précoloniale. Ils sont inscrits dans la longue durée ethnique régionale.
En réalité, ici comme partout ailleurs au Sahel, nous assistons à la reprise d’un mouvement historique en direction du monde soudanien, mouvement qui fut provisoirement bloqué par la colonisation. On, lira à ce sujet mon livre « Histoire du Sahel ».
vendredi 16 juin 2023
Qui doit « rendre des comptes » ? La France à l’Algérie, ou les dirigeants algériens à leur peuple pour avoir pillé et ruiné l’Algérie ?
L’Algérie vient donc de décider de rétablir le
couplet de son hymne national demandant à la France de « rendre des comptes ».
Pourquoi ? La réponse est pourtant claire : comme à chaque fois que
les dirigeants algériens vitupèrent contre la France, c’est parce que leur pays
traverse une grave crise.
C’est très exactement le cas aujourd’hui avec
la marche de l’Algérie vers la faillite, et voilà donc pourquoi le
« Système » prédateur sort son joker habituel qui est l’insulte à la
France.
Retour sur le
naufrage algérien :
1) Faute de diversification, l’économie
rentière algérienne est quasi totalement dépendante des hydrocarbures qui
représentent environ 90% des exportations nationales. Or, tant que la tendance des
cours sera baissière, les revenus le seront donc également et automatiquement.
2) Les réserves de change se sont effondrées, passant de 193
milliards de dollars début 2014, à 66,1 mds fin mars 2023 (FMI).
3) Dans le même temps, la dette publique du pays a considérablement
augmenté, passant de 7,7 % du PIB fin 2014, à 52,4 % fin 2022 (FMI).
4) Le déficit budgétaire représentait 12,3 % du PIB en 2022 (Banque
mondiale).
Dans ces conditions, quel avenir attend l’Algérie ?
Une chose est certaine : comme le pays n’a toujours pas lancé
une véritable politique de diversification, s’il ne bénéficie pas d’une
« divine surprise » qui serait une envolée des cours des hydrocarbures,
ses réserves de change vont donc continuer à baisser au rythme de plusieurs
milliards de dollars par an.
Pour deux principales raisons :
1) Les prix des hydrocarbures reviennent au niveau qui était le leur
avant la guerre en Ukraine, et même globalement en dessous, du fait de la
montée en puissance des énergies renouvelables
2) Les réserves algériennes en hydrocarbures stagnent, cependant
que le volume des exportations baisse en raison de la hausse de la consommation
intérieure.
Le calcul est donc vite fait, et il l’a été par le FMI. Avec des
réserves de change qui atteignaient 66,1 milliards de dollars fin mars 2023, et
en supposant une baisse annuelle des réserves ramenée à seulement 10 milliards
de dollars par année, contre presque 14 milliards sur la période 2018-2021, en 2028,
l’Algérie ne devrait plus pouvoir couvrir que quatre mois d’importations. Une
situation de faillite, et un scénario semblable à celui qu’a connu le Venezuela,
avec toutes les conséquences politiques et géopolitiques d’un tel cataclysme.
L'Algérie est donc dans la nasse car,
quoique ne produisant rien, elle est cependant condamnée à continuer d'importer
afin de nourrir, soigner et habiller une population à la suicidaire croissance,
et cela, afin de tenter d’éviter l’inéluctable explosion sociale annoncée.
D'autant plus que, même les productions traditionnelles (dattes, oranges,
semoule pour le couscous) étant insuffisantes, leur volume d'importation est
toujours en augmentation.
L’Algérie va donc, tôt ou tard, devoir rétablir les licences
d’importation pour freiner les achats à l’étranger. Avec plusieurs conséquences
qui vont être de pénaliser encore davantage des pans entiers de l’économie,
tout en amplifiant les trafics et le
marché noir.
Le plus grave pour la stabilité politique est
que l’Algérie va également devoir couper dans les transferts sociaux qui
atteignent en moyenne plus de 70 milliards de dollars par an, soit environ 30%
du PIB. Le risque d’explosion sociale est donc immense car l'Etat-providence
algérien va être condamné à prendre des mesures impopulaires comme la
suspension des recrutements de fonctionnaires, l’abandon de projets sociaux
indispensables, de projets transport comme de nouvelles lignes de tramway ou la
réfection de voies ferrées. Sans parler de l’obligation
de réduire un colossal budget de l’armée uniquement destiné à l’absurde guerre
que l’Algérie mène contre le Maroc à travers le Polisario.
L’Etat algérien ira-t‘il cependant jusqu’à oser
toucher aux 6% du budget de l’Etat alloués
à l’« Organisation nationale des moudjahidines » (ONM), soit davantage
que le budget des ministères de l'Agriculture et de la Justice…. ? L’on peut en douter car cette
organisation sangsue constitue l’ultime socle du « Système » alors
que, selon l’ancien ministre Abdeslam Ali Rachidi « tout le monde
sait que 90% des anciens combattants, les moudjahidine, sont des faux » (El Watan, 12 décembre 2015)…
Plutôt que de
demander des comptes à la France, c’est le peuple algérien qui, tôt ou tard, va
en demander à des dirigeants qui, depuis 1962, ont pillé les richesses du pays après avoir dilapidé
le colossal héritage laissé par la France.
Une chose est cependant positive dans les insupportables
attaques portées contre la France dans la mesure où, pour l’opinion française,
la coupe est désormais pleine. Résultat, la parole se libère comme les
déclarations d’Edouard Philippe en sont une éloquente illustration...
Pour l’exposé et les réfutations de la fausse
histoire sur laquelle l’Algérie fonde ses accusations contre la France, on se
reportera à mon livre : « Algérie l’histoire à l’endroit »
mercredi 7 juin 2023
Sénégal : l’affligeante lecture journalistique de la crise
Rarement avares de schématisations et d’analyses médiocres, les médias français viennent de se surpasser à propos de la crise que traverse actuellement le Sénégal et des
émeutes sanglantes qui en ont découlé ces dernières semaines. Pour eux,
l’explication est simple : il s’agit du rejet par la jeunesse d’un
président tentant de se maintenir au pouvoir à travers un 3° mandat, et qui,
pour y parvenir, aurait fait disqualifier son jeune opposant épris de démocratie par une justice
aux ordres. Le tout sur fond de crise économique et sociale.
Affligeante de superficialité,
une telle présentation fait l’impasse sur le mal profond qui mine le Sénégal. Longtemps
exception en Afrique, ce pays voit en effet aujourd’hui son système politique
arriver à la fin d’un cycle à travers l’essoufflement du mythe de l’Etat supra
ethnique. Et cela, les butors médiatiques français ne l’ont naturellement pas
vu…
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