lundi 2 février 2015
L'Afrique Réelle N°62 - Février 2015
Sommaire
Actualité
- Algérie : L'effondrement du prix du pétrole menace la paix sociale
- Le Nigeria et le Niger face à Boko Haram
- Burkina Faso : De Thomas Sankara à Blaise Compaoré
Histoire
Le premier conflit mondial en Afrique du Nord
Afrique du Sud
Quand Mgr Lafont louvoie entre niaiserie, aveuglement et déni de réalité
Editorial de Bernard Lugan :
Par leurs provocations irresponsables, les « Charlie » réussiront-ils à paralyser la lutte anti-jihadiste au Sahel ?
1) Parlons vrai : que cela plaise ou non, pour une grande partie de l'Afrique, l'odieux assassinat des journalistes de Charlie Hebdo est vu comme la « juste punition de blasphémateurs ». Quant aux imprudents responsables africains qui furent littéralement convoqués à la marche parisienne des « Charlie », notamment les présidents Ibrahim Boubacar Keita du Mali et Mahamadou Issoufou du Niger, les voilà désignés comme des ennemis de l'islam. Ils sont donc politiquement affaiblis et cela alors qu'ils sont en première ligne contre le jihadisme.
Les conséquences géopolitiques qui vont découler de cette situation ne peuvent encore être mesurées. Notamment au Niger où Boko Haram qui, jusqu'à présent ne s'était pas manifesté, a pris le prétexte de la livraison du numéro spécial de Charlie Hebdo publié après les assassinats, pour lancer des foules fanatisées contre les intérêts français à Zinder et à Niamey. Au même moment, nos postes militaires avancés veillent aux frontières du pays pour empêcher le Niger de passer sous le contrôle des jihadistes...
Un officier supérieur égyptien pourtant peu suspect de sympathies islamistes me disait récemment : « Quand Charlie Hebdo représentait le pape Benoît XVI sodomisant un enfant de choeur, ses journalistes passaient pour de facétieux potaches et les catholiques protestaient par la prière. Mais quand ils insultent le prophète Mahomet, ils le paient de leur vie. Il est désolant de devoir constater que ce sont les malades mentaux salafistes qui, par l'assassinat, rappellent vos journalistes à la décence ».
Cruelle réflexion !
Les irresponsables de Charlie Hebdo ont-ils conscience des dégâts que leur jusqu'au-boutisme a provoqué en Afrique ? Peuvent-ils comprendre qu'ils ont mis en danger la vie de Français expatriés ? Peuvent-ils imaginer qu'ils fournissent des armes aux jihadistes tout en paralysant nos soldats engagés dans de difficiles combats pour les réduire ?
2) Mortelle culture de l'excuse : des terroristes islamistes de nationalité française et issus de l'immigration assassinent 17 compatriotes. Pour le Premier ministre français, l'origine de ces crimes odieux est à rechercher dans l' « apartheid » qu'auraient pu subir les meurtriers...
Au lieu de s'attaquer aux vraies causes du mal, voilà donc ouvert un nouveau et inutile débat sémantique à travers l'utilisation d'un « mot-prison » permettant à des politiciens faillis de gagner du temps et des points de popularité[1]. Tout en tentant de faire oublier que les tragiques évènements du mois de janvier 2015 sont une conséquence du « grand remplacement » dont ils sont responsables...
[1] Pour ce qui est du véritable sens du mot « apartheid », on se reportera au chapitre XIII de mon livre Mythes et manipulations de l'histoire africaine intitulé « Apartheid mérite-t-il d'être devenu un "mot prison" ? »
vendredi 23 janvier 2015
Afrique : La guerre en cartes

Cet ouvrage de 278 pages tout en quadrichromie est composé d'une centaine de cartes accompagnées de leurs notices-commentaires.
Il s'agit d'un exceptionnel outil de documentation et de référence construit à partir des cours que Bernard Lugan dispense à l'Ecole de Guerre et aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan.
Il est composé de deux parties. Dans la première sont étudiés les conflits et les crises actuels ; la seconde traite de ceux de demain.
Sa vocation est d'être directement utilisable par tous ceux, civils et militaires qui sont concernés par l'Afrique.
IMPORTANT : Cet ouvrage est exclusivement disponible auprès de l'Afrique Réelle.
Prix :
- 45€ (livraison colissimo et TVA compris)
- 47€ pour livraison Suisse/UE
- 50€ pour livraison monde
samedi 17 janvier 2015
L'Afrique n'est pas "Charlie"
Vu
d'Afrique, l' "affaire Charlie
hebdo" illustre les limites de l'universalisme européo-centré. Vendredi 16
janvier, alors que les sociétés de l'hémisphère nord communiaient dans le culte
de la liberté d'expression, une partie de l'Afrique s' insurgeait contre la
France des "Charlie". Du Sénégal à la Mauritanie, du Mali au Niger,
de l'Algérie à la Tunisie et au Soudan, le drapeau français a été brûlé, des
bâtiments français incendiés et en "prime", des églises détruites.
Quant aux imprudents chefs d'Etat africains qui participèrent à la marche des
"Charlie", dont Ibrahim Boubacar Keita du Mali, les voilà désormais
désignés ennemis de l'islam.
Aveuglés
par la légitime émotion et noyés sous l'immédiateté, nos responsables
politiques n'ont pas songé à se demander comment l'Afrique percevait les événements.
Or, alors que pour nous, il s'agit d'un ignoble attentat contre la liberté
d'expression commis contre des journalistes, personnes sacrées dans nos
sociétés de la communication, pour une grande partie de l'Afrique, il s'agit
tout au contraire de la "juste punition de blasphémateurs". Qui plus est ces derniers n'en étaient pas à
leur coup d'essai et ils avaient même été solennellement mis en garde. Voilà
pourquoi leurs assassins sont considérés comme des "héros". Quant aux foules de
"Charlie", elles sont vues comme complices des insultes faites au
Prophète. De plus, comme le président de la République a marché à leur tête,
cela signifie que la France et les Français sont coupables.
Les
conséquences géopolitiques qui vont découler de cette situation ne peuvent
encore être mesurées, notamment dans les pays du Sahel en raison du jihadisme
récurrent contre lequel nos troupes sont engagées. Le plus grave est ce qui
s'est passé au Niger où Boko Haram
qui, jusqu'à présent ne s'était pas manifesté, a pris le prétexte de la
nouvelle livraison de Charlie Hebdo
pour lancer les foules contre le centre culturel français de Zinder; au même
moment, nos postes militaires avancés veillent aux frontières du pays...
Personne
n'a dit ou vu que l' "affaire Charlie Hebdo" n'est que la goutte
d'eau qui a fait déborder le vase des impératifs politiques et moraux que nous
imposons à l'Afrique: démocratie, droits de l'homme, avortement, mariage
homosexuel, anthropomorphisme etc. Tous y sont considérés avec dédain ou même
comme de "diaboliques déviances".
C'est
donc dans les larmes et dans le sang que les bonnes âmes et les idéologues vont
devoir constater que le "village Terre" n'existait que dans leurs
fantasmes universalistes. Ce qui est bon ou juste aux yeux de leur branchitude
est en effet une abomination pour une grande partie de l'Afrique et même de la
planète.
En
plus de cela, pour nombre d'Africains, l'Europe est devenue une terre à prendre
: ses habitants ne croient plus en Dieu, ses femmes à la vertu volage ne font
plus d'enfants, les homosexuels s'y marient et la féminisation y a dévirilisé
ses mâles. Paradoxe cruel, ceux qui, depuis des décennies, ont permis cette
révolution en tournant systématiquement en dérision les valeurs fondatrices et
le socle social (famille, travail, discipline, ordre, effort, armée, police
etc.) ont été odieusement assassinés par les enfants de ceux auxquels ils ont
si largement ouvert les portes...
Nous
voilà donc au terme du processus. Désormais, la contradiction est telle que
seul un "saut qualitatif brusque", comme le disaient les marxistes,
permettrait de la surmonter. L'obsolète méthode "soustellienne" de
l'intégration ou celle du "radeau de la Méduse" de la laïcité n'y
suffiront sans doute pas...
Bernard Lugan
17/01/2015
Bernard Lugan
17/01/2015
mardi 6 janvier 2015
L'Afrique Réelle N°61 - Janvier 2015
Sommaire :
Actualité : Nigeria
Boko Haram : mouvement islamiste nordiste ou Kanouri ?
Dossier : La Chine et l'Afrique
- Les relations entre la Chine et l'Afrique
- La lune de miel est terminée
- La nouvelle politique chinoise
Bilan et prospective :
L'Afrique entre 2014 et 2015
Editorial de Bernard Lugan
Le mercredi 12 septembre 2012, dans un communiqué publié sur le blog de l'Afrique Réelle j'écrivais : « Désormais, en Libye, l’alternative est simple : soit les nouvelles autorités mettent un terme au chaos - mais comment_? - et reconstruisent l’Etat sous une forme ou sous une autre, soit la Libye demeure ingouvernable. Dans ce cas, les islamistes pourraient alors jouer une carte maîtresse, celle du modèle religieux transcendant les divisions afin de les coaguler dans un tout commun, l’Oumma. »
C'est très exactement ce qui est actuellement en cours de réalisation en Tripolitaine où, au nom de l'islam unificateur, nous assistons à l'engerbage de nombre de milices par la coalition des Frères musulmans de Misrata et des fondamentalistes de Tripoli. Or, cette alliance est en passe de conquérir toute la région. Les milices de Zenten sont en effet sur la défensive et elles risquent même de se trouver encerclées si les Berbères du jebel Nefusa se tournaient vers les islamistes comme viennent de le faire les Touareg de la région de Mourzouk.
Le possible basculement des Berbères livrerait alors la Tripolitaine aux islamistes tout en permettant à ces derniers de s'adosser à la frontière de la Tunisie et de l'Algérie ; d'où les conséquences régionales que l'on peut imaginer. Dans ce cas, combien de temps l'Algérie pourrait-elle encore refuser d'intervenir ? Mais si elle le faisait, quel serait son but puisque tout le monde sait que la pacification de la Tripolitaine passe l'éradication du foyer de déstabilisation de Misrata, ce que la Turquie n'acceptera pas.
En Cyrénaïque, la situation est plus claire dans la mesure où l'Egypte soutient le général Khelifa Heftar qui, depuis le début du mois de mai 2014 est entré en guerre contre les islamistes de Benghazi et de Derna, ces derniers ayant fait allégeance à l'EI. Les milices de Misrata leur sont venues en aide. Elles ont également attaqué le « croissant pétrolier » constitué par les terminaux de Ras Lanouf, d'Al-Sedra et de Brega avec leurs 19 réservoirs. Comme Misrata et les islamistes ont pris le contrôle des hydrocarbures de Tripolitaine, s'ils parvenaient à s'emparer de cette zone hautement stratégique, ils seraient les maîtres de la production libyenne. En plus des revenus qui y sont attachés, ils pourraient exercer un chantage sur l'Union Européenne qui serait alors contrainte d' « aller à Canossa » chez le président Poutine...
Le possible basculement berbère qui ne serait que tactique s'explique car ces derniers jouent leur propre survie. Ils furent en effet les « dindons de la farce » du renversement du régime Kadhafi contre lequel ils luttèrent en raison de la négation de leur existence par ce dernier. Pour le colonel Kadhafi, les Berbères étaient en effet sortis de l’histoire car :
« (…) les tribus amazighs (berbères) se sont éteintes il y a longtemps, depuis le temps du royaume de Numidie. Personne n’a le droit de dire « je viens d’ici ou de là-bas ». Celui qui le fait est un agent du colonialisme, qui veut diviser pour régner ». (Mouammar Kadhafi, discours à la Nation le 2 mars 2007).
Or, après le colonel Kadhafi, les nouveaux dirigeants libyens furent pareillement arabo-islamistes. Aujourd'hui, les Frères musulmans de Misrata, ont proposé un marché aux Berbères : abandonner leur alliance avec Zenten en échange de la reconnaissance de la Berbérité dans la future Libye islamiste. Personne n'est dupe de cette promesse, mais, tactiquement, certains responsables berbères ont semble-t-il décidé de tenter ce pari risqué qui pourrait rebattre les cartes régionalement.
PS : La réimpression de l'Afrique, la guerre en cartes est terminée et l'ouvrage est à nouveau disponible (voir le bon de commande à l'intérieur de ce numéro).
jeudi 1 janvier 2015
Libye : le but de la guerre était-il d'assassiner le colonel Kadhafi ?
Mardi
16 décembre 2014, à Dakar, lors de la clôture du Forum sur la paix et la sécurité en Afrique, acclamé par les
participants, le président tchadien Idriss Déby a lâché une véritable bombe
quand, en présence du ministre français de la Défense, il déclara qu'en entrant
en guerre en Libye : "l'objectif
de l'OTAN était d'assassiner Kadhafi. Cet objectif a été atteint".
Cette
accusation est gravissime car, si ce qu'a dit cet intime connaisseur du dossier
est fondé, c'est en effet toute l'histoire d'une guerre insensée et aux
conséquences dévastatrices qui doit être ré-écrite. Sans parler d'une possible
saisine de la Cour pénale internationale.
D'autant plus que ce conflit rationnellement inexplicable fut déclenché au moment où, paradoxalement,
le régime libyen était devenu notre allié à la fois contre le jihadisme et
contre les filières d'immigration.
Revenons
donc en arrière: l'intervention décidée par Nicolas Sarkozy influencé par BHL
ne prévoyait originellement qu'une zone d'exclusion aérienne destinée à
protéger les populations de Benghazi d'une prétendue "extermination".
Il n'était alors pas question d'une implication directe dans la guerre civile
libyenne. Mais, de fil en aiguille, violant avec arrogance la résolution
1973 du 17 mars 2011 du Conseil de sécurité des Nations Unies, la France et
l'Otan menèrent une vraie guerre tout en ciblant directement et à plusieurs
reprises le colonel Kadhafi.
L'attaque
la plus sanglante eut lieu le 1er mai 2011 quand des avions de l'Otan
bombardèrent la villa de son fils Saif al-Arab alors que s'y tenait une réunion
de famille à laquelle le colonel assistait ainsi que son épouse. Des décombres
de la maison furent retirés les cadavres de Saif al-Arab et de trois de ses
jeunes enfants.
Réagissant
à ce qu'il qualifia d'assassinat, Mgr Martinelli, l'évêque de Tripoli, déclara :
"Je demande, s'il vous plaît, un geste d'humanité envers le colonel
Kadhafi qui a protégé les chrétiens de Libye. C'est un grand ami." Telle
n'était semble t-il pas l'opinion de ceux qui avaient ordonné ce bombardement
clairement destiné à en finir avec le chef de l’État libyen sans tenir compte
des "dégâts collatéraux"... La guerre "juste" permet bien
des "libertés".
Les
chefs d’État africains qui s'étaient quasi unanimement opposés à cette guerre
et qui avaient, en vain, tenté de dissuader le président Sarkozy de la mener,
pensèrent ensuite avoir trouvé une issue acceptable: le colonel Kadhafi se
retirerait et l'intérim du pouvoir serait assuré par son fils Seif al-Islam et
cela, afin d'éviter une vacance propice au chaos. Cette sage option fut
refusée, notamment par la France, et le colonel Kadhafi se retrouva assiégé
dans la ville de Syrte soumise aux bombardements incessants et intensifs de
l'Otan.
Une
opération d'exfiltration vers le Niger fut alors préparée[1].
Or, les miliciens de Misrata, amis de BHL, alliés de la Turquie et du Qatar, se
disposèrent en demi cercle sur l'axe conduisant de Syrte au Niger. L'histoire
dira comment et par qui ils furent prévenus de la manœuvre en cours.
Le
20 octobre 2011, le convoi du colonel Kadhafi composé de plusieurs véhicules
civils réussit à sortir de la ville. Bien que ne constituant pas un objectif
militaire, il fut immédiatement pris pour cible par des avions de l'Otan et en
partie détruit. Pour échapper aux avions, le colonel s'abrita dans une buse de
béton. Capturé, il fut sauvagement mis à mort après avoir été sodomisé avec une
baïonnette.
Les gentils démocrates de Misrata ne s'en tinrent pas là puisqu'ils crevèrent
les yeux de son fils Moutassim avant de lui couper les mains et les pieds.
L'Otan n'avait laissé aucune chance à Mouammar Kadhafi et à son fils. Leurs
dépouilles sanglantes furent ensuite exposées comme des trophées dans la morgue
de Misrata.
Ces
faits étant rappelés, les accusations du président Deby prennent donc toute
leur valeur. Rétrospectivement, le déroulé des événements peut en effet
s'apparenter à un "contrat" mis sur la tête du colonel, aucune issue
diplomatique honorable ne lui ayant été proposée.
Alors
que le résultat de cette guerre insensée est d'avoir offert aux islamistes, au
Qatar et à la Turquie la possibilité de prendre le contrôle de la Libye, donc
d'une partie des approvisionnements gaziers et pétroliers de l'Europe, le
président du Niger, Mamadou Issoufou vient de lancer un cri désespéré :
"Il faut une
intervention militaire pour réparer les dégâts liés à la chute de Kadhafi,
sinon nous aurons Daesh à nos portes" (Jeune Afrique
28 décembre 2014).
Mamadou
Issoufou est d'autant plus fondé à exiger cette intervention que, lors du
sommet du G8 de Deauville au mois de mai 2011, il avait fortement demandé au président Sarkozy de renoncer à sa guerre. Il
ne fut, hélas, pas davantage écouté que les présidents Déby, Zuma et tous les
autres responsables africains...
Conséquence :
à l'heure où ces lignes sont écrites, soutenus par la Turquie et le Qatar, les
islamistes sont en passe de conquérir la Tripolitaine. Ils sont déjà sur la
frontière tunisienne cependant qu'au sud, dans la région de Mourzouk, ils ont
pris le contrôle du champ pétrolier d'El-Sharara avec l'aide de certaines
fractions touareg.
Bernard Lugan
01/01/2015
[1] Selon plusieurs sources sud-africaines, cette opération aurait été coordonnée par des "spécialistes" anciens des forces spéciales de ce pays avec l'aval du président Jacob Zuma. Ce dernier était furieux d'avoir été berné par la France car son pays avait certes voté la résolution 1973 d'exclusion aérienne de la région de Benghazi, mais pas la guerre et il avait décidé d'offrir l'asile politique au colonel Kadhafi. Là encore, l'histoire nous en apprendra davantage quand les langues des témoins se délieront "officiellement'...
[1] Selon plusieurs sources sud-africaines, cette opération aurait été coordonnée par des "spécialistes" anciens des forces spéciales de ce pays avec l'aval du président Jacob Zuma. Ce dernier était furieux d'avoir été berné par la France car son pays avait certes voté la résolution 1973 d'exclusion aérienne de la région de Benghazi, mais pas la guerre et il avait décidé d'offrir l'asile politique au colonel Kadhafi. Là encore, l'histoire nous en apprendra davantage quand les langues des témoins se délieront "officiellement'...
vendredi 19 décembre 2014
Pourquoi François Hollande a-t-il décidé d'abandonner la Centrafrique à la Séléka ?
Les affrontements qui opposent actuellement anti-balaka
et Séléka montrent que la
Centrafrique est plus que jamais en perdition. Or, c'est le moment choisi par
Paris pour annoncer que d'ici le printemps 2015, l'essentiel du dispositif Sangaris sera retiré. Une
décision ahurissante et insolite tout à la fois. En effet :
1) Des élections présidentielles étant "prévues" en 2015, le retrait français va laisser le champ libre à la Séléka qui occupe déjà le centre, le nord et l'est du pays, ainsi que les zones minières. Dans les territoires qu'elle contrôle, les chrétiens sont persécutés ou islamisés et les élections seront "arrangées".
2) Comme les 8000 hommes du volapük militaire baptisé Minusca (Mission des Nations Unies pour la Centrafrique) seront incapables de se faire respecter, le pays va donc être de fait abandonné à la Séléka. L'Opération Sangaris n'aura donc finalement servi à rien.
1) Des élections présidentielles étant "prévues" en 2015, le retrait français va laisser le champ libre à la Séléka qui occupe déjà le centre, le nord et l'est du pays, ainsi que les zones minières. Dans les territoires qu'elle contrôle, les chrétiens sont persécutés ou islamisés et les élections seront "arrangées".
2) Comme les 8000 hommes du volapük militaire baptisé Minusca (Mission des Nations Unies pour la Centrafrique) seront incapables de se faire respecter, le pays va donc être de fait abandonné à la Séléka. L'Opération Sangaris n'aura donc finalement servi à rien.
Dans le dossier de la RCA, François
Hollande a constamment tergiversé et accumulé les erreurs :
1) La première date de la fin de l'année 2012 (voir mes communiqués de l’époque) quand, avec peu de moyens, il était possible de « traiter » rapidement et efficacement les coupeurs de route de la Séléka[1]. Mais François Hollande hésita.
2) Au mois de mars 2013, alors que tous les connaisseurs du pays le pressaient d'agir, il laissa la Séléka prendre Bangui. La Centrafrique sombra alors dans le chaos cependant que les chrétiens - 95% de la population de souche -, étaient persécutés.
3) Début 2014, face au désastre humanitaire dont ses hésitations étaient la cause, François Hollande décida finalement d’intervenir mais en précisant que l'entrée en scène des forces françaises n'avait pas de but militaire... Nos troupes ne reçurent donc pas d'ordres clairs puisque ni l’ « ami », ni l’ « ennemi » ne furent désignés, Paris demandant simplement à nos soldats de jouer les « bons samaritains ».
4) Le déploiement de notre contingent se fit d'une manière insolite. Alors que l'objectif militaire prioritaire aurait dû être le verrou de Birao dans l'extrême nord du pays[2], il fut au contraire décidé d'enliser les forces françaises à Bangui dans une mission d'interposition relevant de la gendarmerie mobile. L'intérieur de la Centrafrique fut donc laissé à la Séléka qui eut tout le loisir d'y poursuivre ses massacres. L'actuelle situation catastrophique est clairement la conséquence de ce choix incompréhensible par tous ceux qui connaissent la Centrafrique car la prise de Birao aurait forcé la Séléka à se replier au Soudan et donc à abandonner le pays.
5) Dès le début de l’Opération Sangaris, au lieu de leur demander de détruire les bandes de la Séléka, Paris demanda à nos soldats de simplement séparer agresseurs et agressés, bourreaux et victimes. Alors qu’il fallait leur donner les moyens de sidérer l’adversaire et de saturer l’objectif, les chiches moyens alloués à nos troupes ne leur permirent que de lancer des patrouilles, non de quadriller et de tenir le terrain. L’impression d’impuissance fut accentuée par le fait qu’à Bangui, au lieu d’être désarmée, la Séléka voulut bien accepter d’être cantonnée...en conservant ses armes et en gardant ses gains territoriaux à travers le pays.
6) Alors que la solution était d'abord militaire, le Quai d’Orsay ne cessa d'affirmer que la résolution de la crise se ferait par la reconstruction de l’Etat à travers un mirage électoral prévu pour 2015. L’aveuglement des diplomates semble sans limite car le fossé de sang creusé entre nordistes et sudistes interdit toute reconstitution d’un « Etat » centrafricain lequel n'a d'ailleurs jamais existé ; sauf peut-être à l'époque de Bokassa. Quel administrateur sudiste osera en effet s’aventurer dans le Nord pour s’y faire massacrer et quel fonctionnaire nordiste décidera de venir se faire lyncher à Bangui ?
1) La première date de la fin de l'année 2012 (voir mes communiqués de l’époque) quand, avec peu de moyens, il était possible de « traiter » rapidement et efficacement les coupeurs de route de la Séléka[1]. Mais François Hollande hésita.
2) Au mois de mars 2013, alors que tous les connaisseurs du pays le pressaient d'agir, il laissa la Séléka prendre Bangui. La Centrafrique sombra alors dans le chaos cependant que les chrétiens - 95% de la population de souche -, étaient persécutés.
3) Début 2014, face au désastre humanitaire dont ses hésitations étaient la cause, François Hollande décida finalement d’intervenir mais en précisant que l'entrée en scène des forces françaises n'avait pas de but militaire... Nos troupes ne reçurent donc pas d'ordres clairs puisque ni l’ « ami », ni l’ « ennemi » ne furent désignés, Paris demandant simplement à nos soldats de jouer les « bons samaritains ».
4) Le déploiement de notre contingent se fit d'une manière insolite. Alors que l'objectif militaire prioritaire aurait dû être le verrou de Birao dans l'extrême nord du pays[2], il fut au contraire décidé d'enliser les forces françaises à Bangui dans une mission d'interposition relevant de la gendarmerie mobile. L'intérieur de la Centrafrique fut donc laissé à la Séléka qui eut tout le loisir d'y poursuivre ses massacres. L'actuelle situation catastrophique est clairement la conséquence de ce choix incompréhensible par tous ceux qui connaissent la Centrafrique car la prise de Birao aurait forcé la Séléka à se replier au Soudan et donc à abandonner le pays.
5) Dès le début de l’Opération Sangaris, au lieu de leur demander de détruire les bandes de la Séléka, Paris demanda à nos soldats de simplement séparer agresseurs et agressés, bourreaux et victimes. Alors qu’il fallait leur donner les moyens de sidérer l’adversaire et de saturer l’objectif, les chiches moyens alloués à nos troupes ne leur permirent que de lancer des patrouilles, non de quadriller et de tenir le terrain. L’impression d’impuissance fut accentuée par le fait qu’à Bangui, au lieu d’être désarmée, la Séléka voulut bien accepter d’être cantonnée...en conservant ses armes et en gardant ses gains territoriaux à travers le pays.
6) Alors que la solution était d'abord militaire, le Quai d’Orsay ne cessa d'affirmer que la résolution de la crise se ferait par la reconstruction de l’Etat à travers un mirage électoral prévu pour 2015. L’aveuglement des diplomates semble sans limite car le fossé de sang creusé entre nordistes et sudistes interdit toute reconstitution d’un « Etat » centrafricain lequel n'a d'ailleurs jamais existé ; sauf peut-être à l'époque de Bokassa. Quel administrateur sudiste osera en effet s’aventurer dans le Nord pour s’y faire massacrer et quel fonctionnaire nordiste décidera de venir se faire lyncher à Bangui ?
Aujourd’hui,
après avoir désolé une grande partie de la RCA, les bandes de la Séléka tiennent plus de la moitié du
pays. Les malheureuses populations occupées sont ainsi revenues aux temps des
raids à esclaves lancés depuis le Soudan et dont leurs grands-parents avaient
été délivrés par la colonisation. Elles avaient naïvement cru que les troupes
françaises étaient venues pour les libérer. Leur illusion fut de courte durée
car l'Elysée n'avait décidé qu'une gesticulation humanitaire sous habillage
militaire.
Pourquoi
un tel gâchis ? Pourquoi François Hollande abandonne-t-il au pire moment la
Centrafrique à des bandes islamo-mafieuses qui vont être tentées d'en faire une
base idéalement située au cœur du continent ? Pourquoi avoir décidé de lancer l'Opération Sangaris si c'était pour
lui donner une fin aussi "discutable" ?
Ces
questions sont sans réponse.
Bernard Lugan
[1] « La
Séléka, une nébuleuse criminelle (…) une internationale criminelle
organisée et prospère ». Rapport de
la fédération internationale des droits de l’homme du mois de septembre
2013 intitulé « RCA : un pays aux mains des criminels de guerre de la
Séléka ».
[2] Cette
position clé avait été évacuée le 30 mars 2010 sur ordre du président Sarkozy.
mercredi 10 décembre 2014
Nelson Mandela, héros de Patrick Ollier, député-maire UMP de Rueil-Malmaison
Jadis,
dans la "banlieue rouge", les maires communistes donnaient aux rues
le nom de Gagarine, de Karl Marx, de Robespierre ou encore de Maurice Thorez.
Aujourd'hui, dans la banlieue chic, les maires UMP baptisent des places du nom
de Nelson Mandela. Les premiers avaient l'excuse de la croyance dans des
lendemains qui allaient chanter quand les seconds sont simplement en
génuflexion devant le conformisme médiatico-idéologique le plus niais.
Le
8 novembre 2014, Monsieur Patrick Ollier, député-maire UMP de la bourgeoise
Rueil-Malmaison a ainsi bien mérité de la pensée unique. En ce jour
anniversaire du débarquement allié en Afrique du Nord, ceint de tricolore et
entouré de son conseil municipal, marchant avec une grande originalité dans les
traces de nombreux maires socialistes, écologistes et communistes, il baptisa
en effet une place de sa cité du nom de Nelson Mandela.
Au
delà du minuscule calcul visant à grappiller quelques voix d'électeurs issus du
"grand remplacement", une telle décision prise par un conseil
municipal de "droite" en dit long sur le naufrage intellectuel d'un
courant politique sans colonne vertébrale, sans points de repère et peut-être
encore plus affligeant, sans mémoire.
Aussi,
afin de "rafraîchir" celle de Monsieur le député-maire, je reproduis
ici le communiqué que j'ai publié le 21
décembre 2013 sur le blog de l'Afrique Réelle :
"Un communiqué du SACP (South African Communist Party) en date du 6 décembre 2013 nous apprend officiellement ce dont l’on se doutait, mais qui n’avait jamais été réellement établi, à savoir que selon les propres termes du document, le « camarade Nelson Mandela » était un haut dirigeant communiste puisqu’il « (…) ne faisait pas seulement partie du SACP, mais également de son Comité central ».
Pourquoi Nelson Mandela a-t-il toujours démenti, tant oralement que par écrit, avoir été membre du SACP ? Pourquoi donc a-t-il menti ?
Un retour en arrière s’impose. En 1960, quand Nelson Mandela fut nommé-coopté au Comité central du SACP, le monde était en pleine « guerre froide » et les soviétiques avaient décidé de menacer la route du Cap, vitale pour ce qui était alors l’ « Occident », en déstabilisant le pays qui en était le gardien, à savoir l’Afrique du Sud. Pour l’URSS, la lutte contre l’apartheid fut le moyen de populariser cette stratégie en lui donnant un « habillage » moral. La mission que le KGB confia alors à Nelson Mandela, fut de prendre le contrôle de l’ANC au profit du SACP en évinçant la vieille garde réformiste et non-violente qui le contrôlait, afin de lui faire adopter la lutte armée.
Aidé par Yossef Mashel Slovo, dit Joe Slovo, un officier supérieur du KGB, Nelson Mandela s’acquitta parfaitement de ces deux missions. Il réussit ainsi à imposer la création de l’Umkhonto we Sizwe, l’aile militaire et terroriste de l’ANC dont il fut le premier chef. Il transforma également l’ANC en une simple courroie de transmission du SACP. En 1989, sur les 30 membres de son comité directeur, quatre ou cinq revendiquaient ainsi officiellement leur appartenance au SACP cependant que plus d’une vingtaine étaient des membres clandestins du parti ayant reçu l’ordre de cacher leur appartenance afin de ne pas effaroucher les « compagnons de route » et les « idiots utiles ».
Le SACP a donc brisé un secret jusque là bien gardé et cela, au risque d’écorner le mythe Mandela. Pourquoi?
La réponse est d’une grande simplicité : le SACP est politiquement en perdition car il est perçu par les Noirs comme un parti archaïque « blanc » et « indien ». Or, depuis 1994, la vie politique sud-africaine repose sur un partage du pouvoir, donc des postes et des prébendes, entre l’ANC, le syndicat Cosatu et le SACP. Il s’agit de l’Alliance tripartite. Cette rente de situation est aujourd’hui fortement contestée par de nouvelles forces politiques noires demandant que les « dépouilles opimes » étatiques soient repartagées à la lumière de la véritable représentativité des uns et des autres. Afin de tenter de conserver sa place au sein de l’Alliance tripartite, le SACP à bout de souffle a donc révélé que le « grand homme » était un de ses dirigeants…
Ce misérable calcul boutiquier aura du moins un grand avantage car il permettra peut-être d’ouvrir les yeux à ceux qui pleurent un Nelson Mandela pacificateur-rédempteur alors qu’il était en réalité un agent du KGB, une « taupe communiste » dans le vocabulaire de la « guerre froide »…
Je souhaite donc un bon réveil après l’hypnose à ceux qui ont cru voir en lui le messie d’une nouvelle religion universelle".
Monsieur Patrick Ollier et le conseil municipal UMP de
Rueil-Malmaison semblent donc être toujours sous hypnose...Mais qu'importe,
dans un peu plus de deux ans, leur famille politique sera probablement revenue
aux affaires... Une famille politique aux solides convictions exprimées à
l'Assemblée. Ainsi le 10 mai 2001, sous la présidence de Jacques Chirac,
quand, à l’unanimité, ses députés votèrent la loi « Taubira »,
loi qui qualifie de « crime contre l’humanité » la seule traite esclavagiste
européenne...
Ne boudant pas son plaisir devant la dhimitude doctrinale
de la "droite" parlementaire, Christiane Taubira eut la cruauté de
préciser que si sa loi votée à
l'unanimité par les amis de Monsieur Ollier passe sous silence la traite
arabo-musulmane, c'est afin que les « jeunes Arabes (…) ne portent
pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes »[1].
Que les électeurs cocus sortent des rangs et avancent de
trois pas...
Bernard Lugan
10/12/2014
[1] L'Express, 4 mai 2006.
10/12/2014
[1] L'Express, 4 mai 2006.
vendredi 5 décembre 2014
L'Afrique Réelle N°60 - Décembre 2014
Actualite :
La Libye a t-elle atteint le point de non retour ?
Dossier : Pétrole
- La nouvelle géopolitique du pétrole africain
- L'Europe et le pétrole africain
Livres :
Afrique, la guerre en cartes
Dossier : La Turquie et l'Afrique
- Pourquoi la Turquie s'intéresse t-elle à l'Afrique ?
- Quand la Libye était turque
Editorial de Bernard Lugan : Le vrai scandale d'Ebola
Les médias nous disent que si l'Afrique ne parvient pas à combattre Ebola c'est parce qu'elle manque de médecins. Faux ! L'Afrique a des médecins, mais ils ont émigré en Europe ou aux Amériques. Ceux qui furent formés en Afrique sont partis vers des cieux meilleurs et ceux qui le furent en Europe y sont restés... La vérité est que l’Afrique exporte ses personnels médicaux alors qu’en moyenne, elle compte moins de 15 médecins pour 100 000 habitants contre 380 en France[1].
En 2008, le Center for Global Development chiffrait à 135 000 les personnels médicaux africains (médecins, infirmiers et autres) exerçant hors d'Afrique, dont 28_000 médecins originaires d'Afrique sud-saharienne. S'il n'y a pas de médecins au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée et au Mali c'est parce que ces déserteurs ont abandonné leur continent pour aller s'employer dans les pays du Nord[2].
Les conséquences de ce scandale sont clairement apparues le 26 novembre 2014, quand, pour tenter d'enrayer la propagation d'Ebola, la Commission européenne proposa de mobiliser 5000 (!!!) médecins européens. Le Commissaire à l'Aide humanitaire, M. Andriukaitis déclara ainsi qu'il avait « (...) appelé les ministres de 14 Etats membres pour les exhorter à envoyer plus de personnel médical dans les pays frappés par Ebola ».
Avant de faire appel aux médecins européens, pourquoi M. Andriukaitis n'a t-il pas songé à exiger des milliers de médecins africains exerçant au sein de l'UE, de se porter volontaires pour aller soigner leurs frères dans le malheur ?
L'exemple d'Ebola n'est pas isolé. Impuissantes, les autorités de Madagascar qui font actuellement face à une épidémie de peste viennent de lancer un appel à l'aide à l'Europe alors que des centaines de médecins malgaches exercent dans les limites de l'UE. Rien qu'en France, ils sont 770 (!!!)[3]. Ne seraient-ils pas plus utiles dans leur pays ? Pour les remplacer, l'UE va donc devoir faire appel à des médecins européens. Comme toujours.
Cette question des médecins africains dans l'UE est révélatrice de ce « grand remplacement » qui se fait à tous les niveaux de la société et que certains considèrent comme un « fantasme ». En 2008, le président sénégalais Abdoulaye Wade la qualifia de « pillage des élites des pays en voie de développement », ajoutant « (...) ce n'est pas honnête de vouloir prendre nos meilleurs fils ».
Disons le clairement, cette nouvelle forme de la traite des Noirs, porte sur les plus précieux des Africains, ses diplômés, et elle se fait avec l’habituelle complicité des « gentils » de l’anti-ségrégation et des requins du capitalisme associés pour la circonstance. Au nom du paradigme de la culpabilité qui les hante, les premiers s’interdisent de voir qu’en les accueillant, ils saignent l’Afrique. Les seconds les encouragent à venir au nom des lois du marché, du travail global et de la mobilité de la main d’œuvre.
Madame Taubira et le Cran sont étrangement silencieux sur cette question. Pourquoi ?
[1] Center for Global Development (CGD), 2008.
[2] Contrairement à l'idée-reçue, ils ne vont pas combler le désert médical français, ce résultat d'une stupide et suicidaire politique de numerus clausus, puisqu'ils vont quasiment tous s'installer en ville, là où l'on ne manque pas de praticiens (Ordre des médecins, novembre 2014).
[3] Atlas national de la démographie médicale, Conseil de l'ordre des médecins, 4 juin 2013. Concernant les 19.762 médecins exerçant en France et titulaires de diplômes étrangers hors Union européenne, 31,5% étaient originaires d'Afrique du Nord dont 22,2% d'Algérie, 5,8% du Maroc, 2,5% de Tunisie et 1% d'Egypte.
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