samedi 28 mars 2026

L’ONU vote une résolution qualifiant la traite transatlantique de « crime le plus grave contre l’humanité »… mais passe sous silence les traites inter-africaines et arabo-musulmanes

Le 25 mars 2026 par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions l’ONU a adopté une résolution qualifiant la traite transatlantique de « crime le plus grave contre l’humanité ». Ont voté pour cette résolution la totalité des pays africains à l’exception du Bénin, la totalité des Pays arabes, des pays asiatiques et du « Sud global », à l’exception d’Oman ; 3 États ont voté contre (États‑Unis, Israël et Argentine), et 52 Etats se sont abstenus dont tous les pays de l’Union européenne, plus le Royaume-Uni.

Avant l’analyse en profondeur réservée aux abonnés à l’Afrique Réelle, ce vote appelle trois remarques préalables :

1) Il est pour le moins « insolite » qu’aient voté pour cette résolution des pays ayant un puissant passé esclavagiste, ainsi:
- L’Egypte, où dans les années 1880, au Caire, les soixante-dix marchands d’esclaves ayant pignon sur rue, vendaient des hommes, des femmes et des enfants capturés  dans  l’actuel Soudan du Sud.
- La Libye, dont les marchands d’esclaves d’hier razziaient la région tchadienne la vidant de sa population, et dont les trafiquants d’aujourd’hui réduisent  des milliers de migrants en esclavage,
- L’Algérie, dont les pirates écumaient la Méditerranée et ses littoraux à la recherche d’esclaves européens,
- La Mauritanie, véritable cas d’école où, malgré plusieurs abolitions l’esclavage qui est encore une réalité  touche les Haratines et certaines castes négro‑mauritaniennes, soit environ 1,2 % de la population. Et où Biram Dah Abeid, figure majeure du combat anti‑esclavagiste, fondateur  de l’IRA-Mauritanie (Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste), lauréat du Prix des droits de l’homme de l’ONU (2013) est régulièrement emprisonné.
- La Tanzanie, dont le seul marché de Zanzibar a vu passer des centaines de milliers d’esclaves,
- Les pays de la péninsule arabe qui étaient les pourvoyeurs de ce honteux commerce, ainsi que l’Iran et les pays du Moyen-Orient, destinations de ces esclaves…

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Pour une analyse en profondeur de la question, on se reportera à mon livre Esclavage, l’histoire à l’endroit

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