samedi 16 juillet 2011

L'Afrique Réelle N° 19 - Juillet 2011

 
























SOMMAIRE :

Dossier : L'Afrique du Sud, un an après le mondial
- Un paysage économique et social sinistré
- Un racisme institutionnalisé au nom de l'égalité
- Une vie politique reposant sur les déterminismes raciaux
- La question de la terre
- Les enseignements des élections municipales du 18 mai 2011
- La question des coloured

Histoire : 
- Les volontaires français durant la guerre de Boers

EDITORIAL :

Un an après la parenthèse du Mondial de football, l’artificielle image de l’Afrique du Sud complaisamment rapportée par les médias est aujourd’hui bien oubliée. Le pays étant plus divisé et même plus fragmenté que jamais, le retour à la réalité est y bien difficile.

Au mois de mai 2009, Jacob Zuma a été élu sur une promesse phare qui était de donner des emplois à tous les Sud-africains. Arrivé à mi-mandat il a été incapable de la tenir. En plus du chômage qui ronge la société sud-africaine, il est confronté à d’autres problèmes tout aussi insolubles comme l’insécurité - depuis le début de l'année 2011 40 policiers ont été tués par balle dans l'exercice de leur fonction-, et la corruption. L’enrichissement outrancier de la nomenklatura ANC dont les ministres paradent ostensiblement dans des voitures à 100 000 euros quand les troisquarts de la population vit avec moins de 1,5 $ par jour, constitue une véritable gangrène sociale. Quant au commerce illégal, il a été évalué à 18 milliards d'euros pour la seule année 2010, soit 10% du PIB national selon M. Siyabonga Cwele, ministre de la Sécurité, et encore, selon les experts, ce chiffre est très largement sousestimé.

L’accélération de la racialisation de la vie politique et son corollaire qui est la transformation des Blancs en citoyens de second rang, constitue une donnée que les observateurs n’évaluent pas à sa juste mesure tant ils sont conditionnés idéologiquement. Au lendemain de son élection, Jacob Zuma avait paru conscient de ce problème et il avait déclaré vouloir recadrer la discrimination positive qui fait fuir les diplômés blancs. Face aux critiques de l’aile révolutionnaire de l’ANC qui avait fait son élection, il a au contraire amplifié les mesures discriminatoires qui pénalisent les seuls Blancs.

Le climat politique et social étant empoisonné, l’Etat ANC glisse lentement sur la pente dictatoriale. Deux grands projets liberticides illustrent cette dérive. Le premier est la tentation clairement exprimée par certains de ses leaders de supprimer les attributs des provinces afin d’administrer le pays d’une manière encore plus jacobine, mais l’ANC ne dispose plus pour le moment de la majorité absolue qui lui permettrait de changer la Constitution.
Le projet de Loi du secret est quant à lui caricatural et digne de la Corée du Nord. Il vise en effet à interdire toute information publique concernant 1000 institutions auxquelles le secret serait appliqué. En clair, la presse n’aurait plus le droit d’enquêter sur les services de l’Etat et sur les grandes entreprises publiques. Cette loi qui permettrait de couvrir toutes les « magouilles » prévoit la prison pour les curieux. Une telle régression des libertés en est à la phase finale de son élaboration, 20 ans après l’abolition des lois d’apartheid (30 juin 1991).

Moins de deux ans avant les prochaines élections présidentielles, l’ANC est zébré par des fractures de plus en plus profondes. Le fossé se creuse chaque un peu plus entre des nationalistes africains profondément racistes, des idéalistes croyant pouvoir bâtir une nation « arc-en-ciel » multi raciale, des ultra-libéraux alignés sur les oukases du FMI ou de la banque mondiale, des Zulu faisant bloc derrière Jacob Zuma et des jeunes loups désireux de prendre les rênes politiques du pays.
Ces profondes divisions vont être provisoirement masquées par la préparation des grandioses célébrations du centenaire de la création de l’ANC qui vont se dérouler au mois de janvier 2013. Cette nouvelle parenthèse permettra une fois encore de fuir la réalité et elle sera célébrée avec faste par les médias mondiaux dont l’aveuglement n’a pas de limites.

Bernard Lugan

samedi 18 juin 2011

L'Afrique Réelle N°18 - Juin 2011


SOMMAIRE :

Actualité : Soudan
- Une guerre pour le Saillant d'Abyei

Dossier : Génocide rwandais
- Pour le TPIR le génocide rwandais n'a pas été programmé
- Pourquoi le TPIR refuse-t-il d'enquêter l'attentat du 6 avril 1994 ?

Terres : La recolonisation agricole

Débat : Afro-pessimisme ou afro-réalisme ?

Origines : Yves Coppens se rallie à l'hypothèse multi-centrique

jeudi 2 juin 2011

L’Afrique n’est plus le (seul) berceau de l’Homme moderne

Déclarant à la revue Science et Avenir (n° 772, juin 2011) que « L’Afrique n’est pas le seul berceau de l’Homme moderne », Yves Coppens fait voler en éclats le postulat de l’exclusivité des origines africaines de l’humanité. Il évacue également d’une phrase plusieurs dizaines d’années d’un hallucinant « bourrage de crâne » scientifique construit autour du paradigme du « Out of Africa ». Pour mémoire, selon ce dernier, les Homo sapiens seraient sortis d’Afrique sous leur forme moderne entre moins 100 000 ans et moins 60 000 ans, et ils auraient partout remplacé les populations antérieures, ce qui fait que nous sommes tous des Africains...

C’est en prenant en compte les découvertes récentes qu’Yves Coppens a radicalement révisé ses anciennes certitudes. Désormais, pour lui, ni l’Homme moderne européen, ni l’Homme moderne asiatique ne descendent de l’Homme moderne africain puisqu’il écrit : « Je ne crois pas que les hommes modernes aient surgi d’Afrique il y a 100 000 à 60 000 ans (…) Je pense que les Homo sapiens d’Extrême-Orient sont les descendants des Homo erectus d’Extrême-Orient ». Comment serait-il d’ailleurs possible de continuer à soutenir que les Asiatiques ont une origine africaine quand, dans une Chine peuplée en continu depuis 2 millions d’années, les découvertes s’accumulent qui mettent en évidence la transition entre les hommes dits archaïques et l’Homme moderne dont les Chinois actuels sont les très probables descendants (Dong, 2008 : 48)[1]. Il en est de même avec les Européens. Les importantes découvertes archéologiques qui ont permis une totale révision des modèles anciens ne sont pas des nouveautés pour les lecteurs de l’Afrique Réelle. Dans un dossier publié dans le numéro 11 du mois de novembre 2010[2], il a ainsi été montré que l’Homme moderne, qu’il soit asiatique, européen ou africain est issu de souches locales d’hominisation ayant évolué in situ. Un peu partout dans le monde, nous voyons en effet et clairement des Homo erectus se « sapiensiser » et donner naissance à des lignées locales, peut-être les plus lointains marqueurs des « races » actuelles. Ces « sapiensisations » observables à la fois en Asie, en Europe, dans le monde méditerranéen et en Afrique, réduisent à néant le postulat du diffusionnisme au profit de l’hypothèse multi régionaliste que je défends depuis de nombreuses années[3]. Les découvertes qui s’accumulent, de la Georgie[4] à l’Espagne[5], de la Chine au Maroc ou encore d’Israël à l’Australie et à la Mongolie vont ainsi toutes dans le sens d’hominisations indépendantes de (ou des) l’hominisation africaine. Cette déferlante ayant fait céder les fragiles digues dressées par la pensée unique, ses derniers défenseurs en sont réduits à jongler avec les faits. Le célèbre généticien André Langaney n’a ainsi plus qu’un pauvre argument à opposer aux nombreuses et très sérieuses études faites en Chine puisqu'il ne craint pas d'écrire : « Des scientifiques orientaux au nationalisme mal placé veulent à toute force que l’homme de Pékin ou d’autres fossiles chinois soient leurs ancêtres » (Sciences et Avenir, page 63). Fin du débat !

Le dossier de Science et Avenir constitue une étape essentielle dans la libération des esprits car il va toucher le plus grand nombre. En dépit d’inévitables scories idéologiques qui font surface ici ou là, et de concessions appuyées au politiquement correct, sa publication signifie qu’il n’est désormais plus possible de cacher au grand public une vérité que les spécialistes connaissaient mais qu’ils conservaient prudemment dans leurs tiroirs afin de ne pas désespérer le « Billancourt de la paléontologie »… La théorie de « l’Eve africaine » et celle d’ « Out of Africa » peuvent donc être désormais rangées dans le rayon des idéologies défuntes, quelque part entre la « lutte des classes » et le mythe de la « colonisation-pillage ».

Bernard Lugan 
02/06/2011

[1] Dong, W., (2008) « Les premiers hommes vus de Chine ». Les Dossiers de la Recherche, n°32, août 2008, pp. 47-49.
[2] Pour les synthèses les plus récentes, voir l’Afrique Réelle n°11 (novembre 2010) et  Lugan, B., (2009) Histoire de l’Afrique des origines à nos jours. Ellipses, pp.15-19.
[3] Notamment dans un livre paru en 1989 et aujourd’hui dépassé sur plusieurs points qui a pour titre Afrique, l’Histoire à l’endroit.
[4] Lieberman, D.E., ( 2007) « Paleoanthropology : Homing in on early Homo ». Nature, n° 449, 20 septembre 2007, pp. 291-292.
[5] Carbonell, E et alii ., (2008) « The First European ? » Nature, n° 452, 27 mars 2008, pp. 465-469.

mercredi 18 mai 2011

L'Afrique Réelle N°17 - Mai 2011


























SOMMAIRE :

Actualité : Mayotte
- Les affres du vice-recteur

Dossier : Nigeria
- Le Nigeria politique
- La guerre ethno-religieuse
- Avenir : confédération ou partition ?

Sous le projecteur : L'Ethiopie
- L'Ethiopie politique
- Un Etat ethnique
- La nouvelle donne géopolitique

EDITORIAL :

Sous l’ancien régime les Tunisiens vivaient certes sous la « dictature », mais, du moins, mangeaient-ils à leur faim, la sécurité publique était assurée et ils ne quittaient pas leur pays. Aujourd’hui, ils « sont en démocratie », mais avec le ventre vide et des milliers d’entre eux se ruent vers l’île de Lampedusa. Quant à l’anarchie, elle est telle que les nouvelles autorités ont été contraintes d’instaurer le couvre-feu. Comme sous Ben Ali…

A court terme la situation économique et sociale ne va pas s’améliorer. Le secteur touristique, pourtant essentiel, est ainsi particulièrement sinistré. Ses 350.000 employés sont majoritairement au chômage, 25% des principaux hôtels sont en faillite, 40% vont l’être et 80% demeurent fermés. Quant aux compagnies aériennes, dont Tunisair, leur survie étant en jeu, l’Etat a décidé de leur payer une partie des vols annulés. Face à cette réalité, les dirigeants tunisiens en sont réduits à faire appel à un « tourisme militant » (sic). Il n’est pas certain que cela suffise à faire revenir des vacanciers passablement échaudés car c’est le capital image que le pays avait eu tant de mal à constituer qui est parti en fumée.
La « révolution du jasmin », aura donc fait accomplir à la Tunisie un grand bond en arrière, sous les applaudissements des niais et des journalistes militants.

Pour des raisons bien obscures, le président Sarkozy, puissamment conseillé en cela par BHL, est « passé par dessus » son ministre des Affaires étrangères pour déclarer la guerre au colonel Kadhafi au motif qu’il fallait aider la « révolution libyenne » et sauver la population de Benghazi menacée par ses forces. Au nom de quoi, l’OTAN bombarde la ville de Tripoli, y faisant des victimes civiles, dont deux des petits-enfants du colonel Kadhafi. Sur ces morts « collatéraux », les journalistes et les pacifistes partisans de l’ « ingérence humanitaire », version contemporaine de la « guerre juste », ne se sont guère apitoyés...

Or, c’est un mensonge qui a permis de déclencher cette guerre puisqu’il n’y a jamais eu de « révolution libyenne » et encore moins de soulèvement du « peuple libyen ». La réalité est que la Cyrénaïque « rebelle » s’est une nouvelle fois insurgée[1] et que la minorité berbère de l’Ouest de la Tripolitaine, elle qui a toujours eu à souffrir de la politique d’arabisation du colonel Kadhafi, en a profité pour prendre les armes.

Preuve que toute la Libye ne s’est pas dressée contre le régime, si depuis trois mois, ce dernier tient en dépit des bombardements et de l’embargo, c’est parce que la plupart des tribus de Tripolitaine et du Fezzan lui sont demeurées fidèles. La grande responsabilité de BHL aura donc été de faire croire au président Sarkozy que toute la Libye était derrière les insurgés.

Aujourd’hui, après bientôt trois mois de guerre, le contexte a changé et le colonel Kadhafi est en passe de perdre la partie. Il ne dispose en effet d’aucune réserve stratégique, ses armements sont déclassés et il est acculé à la défensive, toute réaction de ses maigres forces entraînant immédiatement une intervention aérienne. De plus, l’embargo sur les armes, les munitions, les pièces détachées et les carburants le met dans une position d’infériorité criante face à des « rebelles » impuissants tant qu’ils étaient réduits à leurs seules forces, mais qui sont désormais ravitaillés, armés, guidés et directement conseillés par les Européens.
Dans ces conditions, combien de temps pourra t-il encore conserver ses soutiens tribaux ? Là est toute la question.

Bernard Lugan

[1] Voir le dossier consacré à la Libye dans le numéro 15 de l’Afrique Réelle.

dimanche 24 avril 2011

L’alchimie tribale libyenne

La nouvelle selon laquelle le colonel Kadhafi aurait ordonné à son armée de se retirer de la ville  de Misrata  pour y confier le rétablissement de l’ordre aux tribus qui lui sont loyales, permet de mettre en évidence la grande réalité tribale sur laquelle repose la vie sociale libyenne[1].  Le problème, lorsque l’on parle des tribus de Libye tient au fait que nous sommes en présence d’ensembles divisés en une infinité de clans et de sous clans aux alliances fluctuantes et aux zones d’habitat mouvantes. On recense ainsi environ 150 tribus et clans dont la plupart vivent éclatés sur plusieurs régions et dont les intérêts sont régulièrement contradictoires. Ces tribus ne constituent pas des blocs homogènes unanimement rangés dans un camp ou dans l’autre. Ainsi, au sein même des Gaddafa, la tribu du colonel Kadhafi, l’un des cousins de ce dernier, Ahmed Gaddaf al-Dam est passé chez les insurgés. S’agit-il d’une adhésion sincère ou d’une habitude bédouine de ménager une porte de sortie pour les siens ? L’histoire le dira.  Entre ces tribus et ces clans, les apparentements familiaux sont étroits, ce qui fait qu’en dépit des combats, les liens qui ne sont jamais rompus peuvent donc être renoués à tout moment. Deux exemples :

1) Les liens historiques et matrimoniaux entre la tribu des Gaddafa et certaines composantes des Warfallah sont anciens. Au mois de mars 2011, quand une majorité de clans warfallah abandonna le colonel Kadhafi, le chef de la branche warfallah de Beni Wallid  « capitale » historique des Warfallah déclara qu’il ne considérait plus Kadhafi comme un « frère ». Certes, mais les liens du sang demeurent qui permettront, un jour, de procéder à des retrouvailles…
2) Toujours au mois de février,  Seif al-Islam, fils du colonel Kadhafi, prononça un  discours télévisé dont la portée a échappé à bien des observateurs. S’adressant aux rebelles de Cyrénaïque, il parla de ses « oncles d’el Baida », un des bastions de l’insurrection et centre de la tribu des Barasa. La raison de cette adresse était claire : le coeur de la confédération tribale de Cyrénaïque est la tribu Barasa, celle de l’ancien roi Idriss ; or, la seconde femme du colonel Kadhafi,  Safeya Farkash al-Baraasa, mère de Seif al-Islam, est une Barasa. En parlant à « ses oncles d’el Baida», Seif al-Islam tentait donc de rallier le lignage de sa mère au régime de son père. 

Pour ce qui est des grandes tribus, à la date à laquelle ces lignes sont écrites (24 avril 2011), la situation est la suivante :   Les Warfallah (Werfella) qui forment la principale tribu de Libye et qui sont divisés en plus de 50 clans que l’on retrouve dans toute la partie septentrionale du pays, avec une assise en Cyrénaïque dans la région des villes de Benghazi et de Dernah, mais qui sont également présents en Tripolitaine, se sont majoritairement rangés dans le camp des rebelles. Plusieurs de leurs clans, notamment une partie de ceux résidant en Tripolitaine sont cependant demeurés loyaux au colonel Kadhafi. Pour mémoire, l’opposition entre certains clans warfallah, essentiellement ceux de Cyrénaïque, et le régime libyen, remonte à l’année 1993 quand plusieurs dizaines d’officiers accusés de complot furent arrêtés et certains exécutés. L’ensemble Maghara (al-Maghara) de Tripolitaine est en majorité demeuré fidèle au régime du colonel Kadhafi. Quant aux tribus du Sud, elles n’ont pas la même importance démographique que celles du Nord, mais elles sont demeurées loyales. Elles auraient à craindre des représailles de la part des insurgés de Cyrénaïque si ces derniers étaient vainqueurs car elles ont fourni au colonel Kadhafi ceux qu’ils nomment les « mercenaires », alors qu’il s’agit largement de Libyens « noirs », à commencer par les Toubou du Fezzan. Pour ce qui est des tribus berbères ou dites berbères, soit entre 10 et 15% de la population totale, la situation n’est pas homogène. Il est important de rappeler que le fond de la  population de Libye est Berbère (Amazigh) et que son arabisation s’est produite aux XI-XII° siècles, sous les Fatimides d’Egypte, avec l’arrivée des tribus bédouines arabes Beni Hilal et Beni Salim.Les Touaregs qui sont des Berbères, soutiennent le régime Kadhafi tandis que les Berbères de l’Ouest, notamment ceux de la région du djebel Nefusa et de la ville de Zwara vers la frontière tunisienne, comme d’ailleurs ceux de l’Est se sont clairement rangés du côté des rebelles.

Bernard Lugan
24/04/2011

[1] 15% seulement de la population du pays est détribalisée et vit en majorité dans les villes de Tripoli et de Benghazi (Al-Haram Weekly).

L'Afrique Réelle N°16 - Avril 2011


























SOMMAIRE :

EDITORIAL : Le printemps arabe a-t-il vraiment eu lieu ?

Actualité : Côte d'Ivoire
- La défaite de Laurent Gbagbo
- Abidjan : une ville ethno-politiquement cloisonnée

Dossier : Libye, la guerre de BHL et de l'Elysée ?

- La France dans le piège libyen
- La triple erreur de la France

Rwanda :
- Le général Tauzin parle

Idées :
- L'aide au développement a étouffé l'Afrique

mercredi 20 avril 2011

Actualité africaine

Radio Courtoisie - 29 mars 2011


Partie 1


Partie 2

Le printemps arabe

Radio Courtoisie - 29 mars 2011


Partie 1


Partie 2