mercredi 19 octobre 2022

Emmanuel Macron à la grande mosquée de Paris : Islam de France ou Islam en France ? Ou comment la France est devenue la « colonie de ses colonies »

Le mercredi 19 octobre 2022, la visite d’Emmanuel Macron venant célébrer le 100° anniversaire de la pose de la première pierre de la grande mosquée de Paris m’a immédiatement fait penser à Charles Maurras qui, dans l’Action française du 13 juillet 1926, à propos de l’inauguration de cette même mosquée faite à l’occasion de la visite en France du Sultan du Maroc Moulay Youssef (père du futur Mohammed V), publia un article prophétique intitulé « Qui colonise qui ? ». En voici quelques extraits :

« (…) nous sommes probablement en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon. Il n’y a peut-être pas de réveil de l’Islam, auquel cas tout ce que je dis ne  tient pas, et tout ce que l’on fait se trouve être aussi la plus vaine des choses. Mais, s’il y a un réveil de l’Islam, et je ne crois pas que l’on puisse en douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l’Islam représente plus qu’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir.

On pouvait accorder à l’Islam,  chez lui, toutes les garanties et tous les respects. Bonaparte pouvait se déchausser dans la mosquée, et le maréchal Lyautey user des plus éloquentes figures pour affirmer la fraternité de tous les croyants : c’étaient choses lointaines, affaires d’Afrique ou d’Asie. Mais en France, chez les protecteurs et chez les vainqueurs, du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse (…) Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ? (…) Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l’amitié. Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu (… )». (Charles Maurras, l’Action française, 13 juillet 1926.)

Maurras avait donc bien vu les contradictions mortifères de l’idéologie humaniste, assimilationniste et intégrationniste de la République coloniale, cette suicidaire entreprise de gauche à l’origine du « grand remplacement » s’opérant aujourd’hui dans notre vieux pays gaulois :

« Garder un Empire colonial sous la fiction égalitaire ? On peut en défier n’importe quelle nation ! Comment admettre l’égalité du colon et des colonisés ? L’égalité des peuples est aussi absurde que celle des individus. Il est prudent de se garder de cette contradiction dangereuse. Si vous avez l’incohérence et la faiblesse d’affirmer ce mensonge et cette folie, il devient parfaitement légitime que le lecteur indigène vous prenne au mot. Il vous demandera la lune si vous la promettez….Et si vous ne la lui donnez pas, il pourra vous traiter de charlatan, d’imposteur, d’usurpateur, vous aurez semé son insurrection et sa révolte.

Dans la réalité des choses, les Etats coloniaux ont commencé par être conquérants. Ils n’apportent pas la liberté, ils ne peuvent pas l’apporter (…) Les Empires coloniaux sont des chefs. Colons ou employeurs, ils ne peuvent pas apporter à leurs obligés le contraire de ce qu’ils sont. L’idée d’Empire est une idée impérieuse, elle exclut littéralement égalité et liberté. Et si, comme y conclut le terme de droit asservi à la théologie des Droits de l’homme, si l’on enseigne et l’on propage ces deux bêtises géminées, on roule et on court à sa perte ». (Charles Maurras., Pages africaines, 1940, page 170).

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