Deux ans après le lynchage du colonel Kadhafi (20 octobre 2011), la
presse découvre que la Libye est en plein chaos. Il lui aura donc fallu 24 mois
pour s’en apercevoir à travers une sanglante succession de massacres,
d’attentats et de désordres divers…
Longtemps, journalistes, observateurs et « experts » ont voulu
faire croire que, « libéré » du dictateur, le pays était sur la voie
de la normalisation, que l’économie redémarrait avec la reprise des exportations
de pétrole et de gaz et que des institutions démocratiques avaient été mises en
place à la suite des élections législatives du 7 juillet 2012. Aveugles et
sourds, ils s’enthousiasmèrent quand la « maturité » du corps
électoral libyen permit la défaite des fondamentalistes islamistes et la
victoire de l’Alliance des forces
nationales (AFN) insolitement baptisée « libérale ». La Libye
allait donc à son tour connaître la félicité démocratique… Ils n’avaient oublié
qu’une chose : le pays n’existe plus…
Le colonel Kadhafi avait réussi, certes au prix d’une dictature, à
imposer la stabilité intérieure à un ensemble naturellement éclaté. Lui parti,
la Libye s’est fragmentée en cinq zones.
Ce sont donc cinq stratégies différentes
que nos impératifs sécuritaires nous imposent désormais de suivre car la
conséquence de l’erreur historique, politique et stratégique que fut
l’intervention militaire française en Libye a eu pour résultat la création d’un
foyer de déstabilisation majeur en Méditerranée et dans toute la zone sahélo
saharienne.
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Malheureusement, les politiciens occidentaux ne comprendront jamais que l'enfer est pavé de bonne intentions.
RépondreSupprimerAMHA, la liquidation de Kadhafi et la partition du pays ne serait pas obligatoirement de mauvaises choses si nous les avions anticipé et maîtrisé en faisant de la Real politik intelligente. Après tout, ce leader avait prouvé être fantasque, capable de sombrer dans les tentations militaires et terroristes et de changer drastiquement de politique sur quelques années (leader arable, puis nationaliste, puis islamiste puis coopérant, ...). L'erreur était de sauter sur une occasion sans la maîtriser et de croire béatement dans l'établissement d'une démocratie sans histoire par derrière ... ce qui est dramatique est justement l'absence des complots toujours évoqués. Un complot nécessite un plan clair avec des objectifs avantageux déterminés à l'avance. Nous avançons dans le noir en improvisant au fur et à mesure notre action ...
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