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dimanche 20 juin 2010

L'Afrique Réelle N°6 - Juin 2010


























SOMMAIRE :

Actualité : Afrique du Sud
- Criminalité, violence et coupe du monde de football

Actualité : Guinée Bissau
- Du non-Etat au Narco-Etat

Dossier : Rwanda
- La revue XXI et les curieuses méthodes de ses journalistes procureurs
- Etude de tir contre l'avion présidentiel rwandais le 6 avril 1994

Histoire : 
- France-Algérie : remettre les pendules à l'heure
- Sétif ou le coeur du contentieux historique franco-algérien

EDITORIAL :

La Coupe du monde de football a débuté en Afrique du Sud dans un contexte plus que morose car dès l’extinction des lampions de la fête il faudra faire les comptes. Le coût de cet évènement est en effet exorbitant : entre 4 et 6 milliards d’euros dépensés dans un pays qui compte 40% de chômeurs et dans lequel un habitant sur trois ne mange pas à sa faim. Certes, 150 000 emplois temporaires auront été créés pour les besoins de l’évènement, mais dans le même temps plusieurs centaines de milliers d'autres furent détruits... Affolés par les chiffres du crime, près de 300 000 meurtres depuis 1994 (!!!) les visiteurs étrangers sont moins nombreux que prévu, ce qui a déjà de graves conséquences pour l’industrie du tourisme. En plus des nuitées perdues, entre 1,8 et 2 millions de places destinées aux étrangers doivent être bradées à des nationaux à moins de 15 euros au lieu des 400 à 450 prévus. Le manque à gagner est donc considérable et le retour sur investissement plus que problématique. L’Afrique du Sud va donc rejoindre la cohorte des pays endettés pour avoir voulu organiser un évènement sportif planétaire, l'exemple de la Grèce qui accueillit les jeux olympiques en 2004 étant le plus éloquent.

Dans mon éditorial du numéro du mois de mai dernier, j’expliquai qu’une des raisons de la désaffection des Français pour la presse écrite d’information tient au fait que le monde médiatique qui se veut donneur de leçons s’est trop souvent enfermé dans les certitudes et les approximations imposées à la fois par le politiquement correct et par la sous culture de nombre de ses membres. La revue XXI qui vient de publier un dossier spécial sur le Rwanda illustre parfaitement ces travers. Dans ce numéro qui semble être écrit par des porte parole du régime de Kigali, les articles sont uniquement à charge et certains entretiens sont « bidonnés » avec des personnes jamais rencontrées auxquelles sont prêtés des propos inventés ; quant à l’absence de véritables investigations elle y est quasi constante. Il y a en définitive mépris du lecteur auquel sont proposées des opinions personnelles maquillées en travaux de journalistes d’investigation. Pour Alexis Senyorich qui décortique les manquements des collaborateurs de la revue XXI, la question est même de savoir si les auteurs des articles en question ont perdu leurs points de repère déontologiques ou bien s’ils sont en mission.
Au cœur de la controverse concernant les causes du génocide du Rwanda, la question de savoir qui a abattu l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994 est essentielle et c’est pourquoi nous avons demandé à un spécialiste d’étudier la trajectoire du missile qui a détruit en vol l’avion présidentiel rwandais. Ses conclusions sont particulièrement éclairantes.

Dans ce numéro de l’Afrique Réelle nous étudions également la Guinée Bissau, petit pays totalement artificiel découpé sur le littoral sénégambien et qui a fait l’actualité ces derniers mois. Ses maux sont parfaitement identifiés : oppositions ethno tribales, absence d’Etat et armée surdimensionnée. Les narcotrafiquants en ont profité pour en prendre quasiment le contrôle.


Lors du festival de Cannes, la désinformation concernant les évènements du mois de mai 1945 à Sétif a été totale. Les partisans de la repentance ont occupé les médias, se faisant les zélés porte-parole de la thèse algérienne, cependant que les autorités françaises gardèrent un silence prudent. Afin de ramener les uns et les autres à la réalité, nous abordons dans ce numéro la question de l’héritage légué par la France à l'Algérie.

Bernard Lugan

2 commentaires:

  1. l'Algérie coutait à la France bien plus chère que ce qu'elle ne rapportait (construction de routes, hôpitaux, etc...). En plus, c'est grâce à la France que le niveau de vie en Algérie a augmenté, d'où l'explosion de la natalité algérienne que nous en payons les conséquences dans nôtre propre pays(voire en Europe). Boumediene, le président algérien avait dit qu'il prendrait sa revanche sur la France avec les berceaux.

    C'est d'ailleurs pour cela que le général De Gaulle voulait en finir avec l'Algérie française.
    1) Parce qu'elle coutait trop chère à la France et
    2) par ce qu'il ne voulait pas que son village ne devient Colombey-les-Deux-Mosquées!

    Nos grands parents ont payés le prix de la colonisation de l'Algérie française. Aujourd'hui nous payons le prix de cette immigration de peuplement choisie par nos élites repentantes qui, visiblement, ont une cervelle de colibri. Résultat = les caisse sont vides.

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  2. Au lieu de debiter des imbecilités, il faut essayer d'aller au fond des choses et de chercher les vraies causes de ce que l'on decrit. L'Algerie coutait trop chere à la France car les massacres de masse avaient anéanti le quart de la population, la majorité étant les elites ou les lettrés, le but etant de detruire toute possibilité de retrouver les racines islamiques, et ainsi de se fondre plus facilement dans la France.

    N'est ce pas vrai que lors de la campagne d'Indochine, les français comprirent que detruire l'organisation sociale desservait la France?
    Les raisons de "l'Algerie vegetante" comme on l'appelait à l'epoque etaient la destruction systematique de tout ce qui avait un role d'education, d'organisation sociale, de legislation ou d'administration (mosquées, ecoles coraniques, zaouias, comités traditionnels de villages).
    Ainsi, privés de culture et de justice traditionnelles, les Algeriens devaient se tourner vers l'administration française qui les dispenserait. Mais le pays etant vidé de toutes ses elites et de son essence, il ne pouvait pas se développer, et ce n'est pas les paysans misereux venus de Bretagne ou de Corse qui allaient y changer quelque chose...

    En Indochine, la premiere chose que la France fit, c'etait de conserver l'organisation sociale traditionnelle et l'ordre des Mandarins (qui etaient les legislateurs pré coloniaux).

    Ne pas tout detruire, mais s'appuyer sur ce qui est deja disponible. Voila la conclusion à laquelle la France etait arrivée.

    L'Algerie etant la premiere colonie d'importance, elle a donc fait les frais de l'inexperience de la France, en plus de sa barbarie...

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