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jeudi 25 décembre 2025

C’est à l’Algérie de rembourser ce qu’elle doit à la France et non le contraire…

Mercredi 24 décembre 2025, l’Assemblée algérienne a voté à l’unanimité une proposition de loi insultante visant à obtenir « la reconnaissance et les excuses officielles de l’État français ».
Or, si les godillots parlementaires algériens avaient un minimum de décence, ils auraient, tout au contraire, dû acclamer la France, tant leur pays lui doit tant. Jusqu’à son nom qui lui fut donné par elle en 1839…
Au moment de l’indépendance de juillet 1962, tout ce qui avait été bâti en Algérie y avait en effet été construit par la France à partir du néant, dans un pays qui n’avait jamais existé puisqu’il était directement passé de la colonisation turque à la colonisation française. Ce fut en effet la France qui créa l’Algérie en lui donnant ses frontières. Des frontières qui, à l’Ouest et à l’Est, furent tracées en amputant territorialement le Maroc, la Libye et la Tunisie. Une Algérie que la France ouvrit vers le Sud en lui offrant un Sahara qu’elle n’avait, et par définition, jamais possédé puisqu’elle n’avait jamais existé…

En 1962, la France légua à l’Algérie un héritage composé de 54 000 kilomètres de routes et pistes (80 000 avec les pistes sahariennes), de 31 routes nationales dont près de 9000 kilomètres étaient goudronnés, de 4300 km de voies ferrées, de 4 ports équipés aux normes internationales, de 23 ports aménagés (dont 10 accessibles aux grands cargos et dont 5 qui pouvaient être desservis par des paquebots),  de 34 phares maritimes, d’une douzaine d’aérodromes principaux, de centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), de milliers de bâtiments administratifs, de casernes, de bâtiments officiels, de 31 centrales hydroélectriques ou thermiques, d’une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie etc., de milliers d’écoles, d’instituts de formations, de lycées, d’universités avec 800 000 enfants scolarisés dans 17 000 classes ( soit autant d’instituteurs, dont deux-tiers de Français), d’un hôpital universitaire de 2000 lits à Alger, de trois grands hôpitaux de chefs-lieux à Alger, Oran et Constantine, de 14 hôpitaux spécialisés et de 112 hôpitaux polyvalents, soit le chiffre exceptionnel d’un lit pour 300 habitants.

Sans parler du pétrole découvert et mis en exploitation par des ingénieurs français. Ni même d’une agriculture florissante laissée en jachère après l’indépendance. Or, tout ce qui existait en Algérie en 1962 avait été payé par les impôts des Français. En 1959, l’Algérie engloutissait ainsi 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que les budgets additionnés de l’Education nationale, des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce !
 

La France s’est ruinée en Algérie alors qu’elle n’y avait aucun intérêt économique réel. Qu’il s’agisse des minerais, du liège, de l’alpha, des vins, des agrumes etc., toutes les productions algériennes avaient en effet
   des coûts supérieurs à ceux du marché international. Or, toujours généreuse, la France achetait à des cours largement supérieurs au marché des productions qu’elle avait déjà largement payées puisqu’elle n’avait jamais cessé de les subventionner !

Non seulement la France n’a pas pillé l’Algérie, mais, à défaut d’une réaction virile, elle serait fondée à « présenter la facture » aux gérontes qui gouvernent ce pays.

vendredi 12 décembre 2025

lundi 1 décembre 2025

L'Afrique Réelle n°192 - Décembre 2025

Sommaire

Actualité :
- Nigeria : Guerre ethnique ou conflit religieux ?
- Soudan : Une guerre ethnique et raciale
- Mali : Vers l’effondrement ?
- Russie-Algérie, vers la rupture ?
Dossier :
Madagascar et la double colonisation africano-indonésienne


Editorial de Bernard Lugan

Opéré à la demande des autorités maliennes, le départ des forces françaises a ouvert la voie au GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans). Affilié à Al-Qaida, le GSIM est en réalité autonome de la centrale dirigeant cette nébuleuse terroriste. Même s’il se réclame de l’islam rigoriste, sa prise de contrôle  par le chef Touareg Iyad agh Ghali a fait du GSIM un mouvement d’abord ethno-islamiste avant d’être jihadiste. Cependant, compte tenu de la situation sur le terrain, la question qui se pose est de savoir si Iyad agh Ghali est aux portes du pouvoir au Mali. A ce sujet, certains médias ont annoncé la chute prochaine de Bamako. Une annonce qui semble prématurée pour deux grandes raisons :

1) La première est clairement ethnique. Apparaissant comme le bras armé des Touareg, le JNIM ne peut en effet que susciter le rejet de la part des sudistes, notamment des Bambara. Voilà pourquoi, depuis quelques semaines, le GSIM  tente de se présenter comme un mouvement islamo-nationaliste pluriethnique. Compte tenu des mémoires collectives, l’entreprise parait complexe…

2) Avec des effectifs variants, selon les sources, entre 5000 et 10 000 hommes, le GSIM n’est semble-t-il pas en mesure de lancer un assaut direct sur la capitale malienne. Pour mémoire, au mois de juin 2025, après avoir échoué devant Tombouctou, le 1er juillet, à Kayes, le GSIM a subi un grave échec en laissant des dizaines de morts sur le terrain. Même en difficulté, les 40_000 hommes des Forces armées maliennes (FAMa) conservent en effet une supériorité numérique et matérielle tout en bénéficiant théoriquement de l’appui-feu du contingent russe. A ce propos, comme depuis plusieurs semaines, les Russes d’Africa Corps sont curieusement  absents du champ de bataille, la question qui se pose est de savoir si Moscou n’aurait pas déjà acté la fin de l’actuel régime malien. L’avenir nous en dira plus.

Si Bamako est son objectif, la meilleure stratégie pour le GSIM serait de laisser la ville s’effondrer de l’intérieur, soit par des manifestations, soit par un blocus alimentaire et en carburant, soit par le chaos ou, d’abord, par un changement de régime. L’éclatement au grand jour de la rivalité au sein de l’armée entre Assimi Goïta et Sadio Camara, le ministre de la Défense, pourrait en effet être le signe annonciateur d’une révolution de Palais.

Une telle évolution pourrait débloquer la situation politique en ouvrant la voie à des négociations qui pourraient déboucher sur une coalition associant une fraction de la junte, une partie de la société civile et certains éléments « jihadistes ». Une solution pour gagner du temps mais qui sauverait la face de tous les protagonistes, et qui pourrait permettre à la Russie de ne pas perdre les positions acquises après l’éviction ou l’auto-éviction de la France.