mardi 1 janvier 2013

Centrafrique : la non intervention française peut-elle déboucher sur le chaos ?


En Centrafrique où villes et bourgades tombent aux mains d’un curieux mouvement baptisé Seleka (coalition en langue sango), les médias parlent de « blitzkrieg » quand il ne s’agit que d’une razzia lancée par deux ou trois centaines d’hommes. Après avoir écumé le pays depuis des années, ces coupeurs de route tentent aujourd’hui de marcher sur Bangui défendue par trois ou quatre centaines de militaires gbaya en déroute. Nous sommes donc en présence d’une de ces nouvelles péripéties ethno-picrocholines  caractérisant l’histoire de ce non-Etat qu’est la RCA.
Ces évènements doivent cependant être suivis avec une grande attention car il serait irresponsable de laisser se créer un nouveau foyer de déstabilisation au sud du Tchad au moment où nous assistons au déplacement de la tension sahélienne vers la zone tchado-nigériane.

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jeudi 27 décembre 2012

Centrafrique : pour tenter d’y voir clair


L’ancien Oubangui-Chari, le Dar Kouti ou « terre des esclaves » des négriers arabo-musulmans, est un quadrilatère de 623 000 km2 présentant de grandes différences géographiques, donc humaines, entre un nord sahélien, des savanes centrales, une forêt  méridionale et des régions bordières du fleuve.
Du mois d’août 1960, date de l’indépendance, jusqu’à 1993, avec Barthélemy Boganda, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko et André Kolingba, le pays fut dirigé par les « gens du fleuve », Ngbaka ou Yakoma. En 1979, la France renversa l’ « Empereur »  Bokassa et installa au pouvoir David Dacko. Le pouvoir de ce dernier fut contesté par Ange-Félix Patassé, un nordiste sara soutenu par la Libye contre laquelle la France guerroyait au Tchad. En 1981, le général Kolingba, un Yakoma, prit le pouvoir.

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dimanche 23 décembre 2012

Mali : l’Algérie prend la main

Le 21 décembre 2012, à Alger, au lendemain de la visite de François Hollande, et au moment où le conseil de sécurité de l’ONU votait à l’unanimité l’envoi d’une force africaine au Mali, des représentants du MNLA et d’Ansar Dine, les deux composantes de la rébellion touareg, scellaient leur réconciliation, déclarant être prêts à discuter avec Bamako et à intervenir militairement contre les bandes islamo mafieuses qui occupent le nord du Mali. Qu’elle soit suivie d’effets ou non, cette annonce constitue une très importante victoire diplomatique algérienne dans ce Sahel, longtemps « pré carré » français. Le 23 novembre 2012, dans une précédente analyse, j’écrivais à ce sujet que l’effacement régional de la France était la conséquence d’une erreur d’analyse reposant sur la priorité donnée aux postulats idéologiques aux dépens des réalités géographiques, anthropologiques et historiques, avec pour résultat de laisser la place à d’autres, dont l’Algérie et les Etats-Unis. Maintenant que cette « prédiction » s’est réalisée, comment ce dossier désormais internationalisé et dont la gestion a échappé à Paris peut-il évoluer ?

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jeudi 20 décembre 2012

Mali : entre realpolitique et dhimmitude, quand l’Algérie dicte la politique de la France


Tel Cyrano, me « bouchant le nez devant l’azur », je laisserai à d’autres le soin de dénoncer le discours de François Hollande devant les députés algériens pour m’en tenir à la seule question du Mali.

Quand les services français et les hommes de terrain démontraient qu’il était impératif de soutenir les Touareg contre les islamistes, les conseillers de l’Elysée considéraient qu’une telle analyse relevait du romantisme colonial, parce que nous ne sommes plus à l’époque de l’Escadron blanc. Englués dans leur idéologie  et donc totalement déconnectés des réalités, ils soutenaient au contraire l’idée d’une rocambolesque intervention de la CEDEAO, ce volapuk ouest africain, cache-sexe de leur incompétence ou, comme  l’aurait dit Péguy, de leurs « lâchetés civiques et intellectuelles ». 
Or, miracle de Notre Dame d’Afrique, il aura suffi de quelques minutes à peine au président Bouteflika pour convaincre François Hollande qu’il s’agissait pourtant là de la seule politique réaliste à tenir dans la région et qu’il convenait donc d’oublier une intervention militaire à laquelle l’Algérie était, avec raison, totalement opposée (voir mes précédents communiqués à ce sujet).
Maître en matière de langage convenu, le Figaro a merveilleusement bien résumé ce retournement par un titre : « Paris et Alger convergent sur le dossier malien ». Singulière convergence en effet quand, en réalité, François Hollande, avec la fermeté de vues que nous lui connaissons, s’est purement et simplement rallié aux options d’Alger…
Face à cette insolite mais néanmoins louable reculade, comment vont donc réagir les « conseillers » de l’Elysée dont la principale activité a consisté jusque là à dynamiter les analyses que les militaires font « remonter » depuis le terrain? Vont-ils continuer à bloquer l’aide aux Touareg, permettant ainsi aux islamistes de conforter leurs positions, ou bien vont-ils soutenir la nouvelle politique française qu’il va falloir expliquer à nos amis de la région sahélienne ? Comme ce changement a été décidé par l’Algérie, gageons que tous les héritiers des « porteurs de valises » l’adopteront, soit avec l’ethno-masochisme des collabos, soit avec la résignation des dhimmis … 

Bernard Lugan
20/12/12

lundi 17 décembre 2012

Que faut-il attendre du voyage de François Hollande en Algérie ?


Les 19 et 20 décembre, accompagné de huit ministres et de l’incontournable Benjamin Stora, François Hollande effectuera un voyage officiel en Algérie. Deux mois après avoir rendu un scandaleux hommage aux prétendues « victimes » d’une manifestation interdite qui, le 17 octobre 1961, et alors que la France était en guerre, tentèrent un coup de force en plein Paris, saura t-il se comporter en chef de l’Etat et non plus en militant sectaire? Nous le saurons sous peu.

Au Maghreb, la France avait deux alliés historiques, le Maroc et la Tunisie, et un partenaire, l’Algérie, avec lequel les rapports sont à la fois compliqués et complexes. La Tunisie étant désormais hors jeu, le dernier véritable ami régional de la France est donc le Maroc. Le voyage du président français va-t-il être une opération de bascule au profit de l’Algérie ou un simple rééquilibrage dans les relations entre Paris, Rabat et Alger? Au-delà des polémiques et de la guerre des mémoires, où en sont les relations entre la France et l’Algérie ? Peuvent-elles être influencées par le voyage présidentiel ?

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mardi 11 décembre 2012

La Tunisie deviendra-t-elle le « Tunistan » ?

Passés en quelques mois de la clandestinité au pouvoir, les islamistes du parti Ennahdha sont engagés dans une politique de fuite en avant. Premier parti à l’issue du scrutin à l’assemblée constituante du 23 octobre 2011, mais minoritaire dans l’absolu, Ennahdha qui a obtenu 89  sièges sur 217 fut contraint de constituer une coalition avec deux partis de « centre gauche ». Aujourd’hui, fragilisés par le naufrage économique et social de la Tunisie, les islamistes veulent faire passer en force leurs principes théocratiques afin d’empêcher tout retour en arrière.

Face à eux, et selon les sondages, deux Tunisiens sur trois considèrent que la situation du pays est mauvaise ou très mauvaise, mais cette masse de mécontents est à la fois inorganisée et divisée ; quant à l’armée, elle n’a pas le même poids historique qu’en Egypte. La seule force d’opposition cohérente est donc l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) qui revendique 500 000 membres et qui est en guerre ouverte contre les « barbus ». Pourra t-elle empêcher que la Tunisie se transforme en « Tunistan » ? Nous le saurons dans quelques heures puisque le puissant syndicat a décrété une grève générale et une mobilisation de grande ampleur pour le 13 décembre; il sera alors possible mesurer sa représentativité.

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samedi 8 décembre 2012

Egypte : révélations sur le coup d’Etat « discret » du 7 décembre 2012

Le 8 décembre au matin, dans un communiqué particulièrement clair, l’armée égyptienne a mis en garde les Frères musulmans, soulignant que les méthodes du président Morsi, à savoir les pleins pouvoirs qu’il venait de s’octroyer afin de faire adopter en force une constitution théocratique, allaient faire emprunter à l’Egypte « un sentier obscur qui déboucherait sur un désastre, ce que nous (l’armée) ne saurions permettre ». C’est en maîtresse de la situation que parlait l’armée. Elle était fondée à le faire car, dans la nuit du 7 au 8 décembre 2012, elle avait en effet réussi un coup d’Etat « discret ». Le second en un an. Le premier s’était produit le 10 février 2011 et il était dirigé contre Hosni Moubarak ; le second, celui de cette nuit, le fut contre les Frères musulmans. Explication et révélations sur ces deux évènements de très haute importance.

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jeudi 6 décembre 2012

Egypte : le dessous des cartes


Comme il fallait s’y attendre, et comme je l’ai annoncé depuis plus d’un an, notamment sur ce blog, l’Egypte est en phase de pré guerre civile. Si la situation devait empirer, son poids démographique, son déficit alimentaire chronique, l’enchevêtrement de ses populations et son environnement géopolitique, feraient que les évènements y auraient des conséquences encore plus importantes que celles que nous observons plus à l’ouest depuis l’élimination du colonel Kadhafi.

S’il n’est pas question d’annoncer le résultat de la partie qui se joue sous nos yeux, il est cependant possible d’identifier les acteurs qui ont pris place autour du tapis car la vie politique égyptienne est organisée autour de quatre grandes forces :
  
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