samedi 14 juillet 2012

Conférence de Bernard Lugan : Les enjeux de l'arc sahélien


Partie 1


Partie 2

Peut-on empêcher la talibanisation du Nord Mali ?

Aritcle de Bernard Lugan pour le site Atlantico.

Cliquer ici pour le consulter


mardi 3 juillet 2012

Que se passe t-il vraiment à Tombouctou ? Point de situation et d’explication

La situation à Tombouctou doit être analysée en termes militaires et en termes politico-religieux.

1) Le point de situation militaire

Au mois de janvier 2012, de retour de Libye, les Touaregs du MNLA culbutent l’armée malienne puis ils proclament l’indépendance de l’Azawad. Profitant de l’aubaine, les islamistes d’Al Qaida et de ses diverticules régionaux se joignent au mouvement avec des objectifs totalement différents puisqu’ils prônent la création d’un califat transnational. Ils sont aidés par un dissident touareg qui fonde le mouvement Ansar Dine constitué au départ par une fraction touareg ifora à laquelle se joignent des combattants islamistes arabes ou sahéliens.
Alors qu’il était primordial de soutenir le MNLA qui, seul, pouvait localement faire obstacle aux islamistes, nous avons au contraire laissé ces derniers se renforcer et cela jusqu’au moment où, étant en position de force, ils chassèrent les Touaregs de la région du fleuve Niger. Aujourd’hui, la fraction touareg d’Ansar Dine a très largement rejoint le MNLA qui s’est replié vers la frontière algérienne, dans la région de Kidal. Ansar Dine n’est donc plus un mouvement touareg, mais une milice islamiste.
Nous sommes désormais, et à ce jour, en présence de deux ensembles qui se combattent, les Touaregs et les islamistes. Numériquement, ces derniers ne sont qu’une poignée, entre 300 et 500, mais ils sont fortement armés grâce au pillage des arsenaux libyens et ils détiennent des otages européens et algériens.

2) Le point de situation politico-religieux

Les destructions opérées à Tombouctou par les miliciens islamistes répondent moins à l’inscription des richesses architecturales de la ville à l’inventaire de l’UNESCO qu’à une réaffirmation classique d’un courant fondamentaliste bien connu dans l’islam et qui impose de lutter contre toutes les résurgences ou survivances du paganisme.
Or, à Tombouctou, la population va prier autour des tombeaux de saints locaux pour leur demander la guérison ou la réussite. Ceci est considéré par les fondamentalistes comme une forme d’idolâtrie qu’il importe d’éradiquer avec la plus grande fermeté car Allah, dieu unique qui seul mérite prière et invocation, interdit de demander à d’autres ce qui ne relève que de Lui. Ce sont les tombeaux de ces saints qui sont actuellement détruits et non les mosquées. Cependant, certaines de ces dernières parmi les plus célèbres abritent elles aussi des tombeaux qui vont être rasés.

Face à cette situation qui menace de dégénérer, que convient-il de faire ? Pouvons-nous laisser se développer un califat fondamentaliste en zone sahélienne ?

1) Comme je le préconise depuis le début de la crise (voir mes précédents communiqués), il conviendrait d’aider les Touaregs dans leur combat contre les islamistes.
2) Il est en même temps nécessaire de convaincre Bamako que le Mali « unitaire » n’existera jamais plus -il n’a d’ailleurs jamais existé-, et qu’il est donc urgent de penser à une nouvelle organisation constitutionnelle et territoriale qui permettrait de faire revenir les Touaregs sur leur déclaration unilatérale d’indépendance en échange d’une très forte décentralisation.
3) Une intervention de la CEDEAO permettrait certes de reprendre Tombouctou et Gao, mais les islamistes se disperseraient aussitôt dans le désert où ils deviendraient alors insaisissables. Sauf si les Touaregs, bien conseillés, étaient en mesure de leur couper le repli vers le Nord… et nous en revenons à ma première proposition.

En définitive, les exactions des islamistes devraient servir la cause des Touaregs puisqu’ils détiennent la solution du problème ; mais il faudra que les responsables politiques européens pathétiquement cramponnés à des analyses régionales obsolètes se décident enfin à ouvrir les yeux.

Bernard Lugan
04/07/12

lundi 2 juillet 2012

dimanche 1 juillet 2012

Dans l'affaire dite des "missiles Mistral", Libération a menti en parlant d'un document original et le Figaro s'est déshonoré en reprenant l'information sans la vérifier

Dans son édition du 1° juin 2012, le journal Libération publiait un dossier de trois pages avec « à la une » un titre explosif affirmant que sa collaboratrice, Madame Malagardis, avait « découvert » un document confidentiel jusque là inconnu « prouvant » que les FAR, l’armée gouvernementale hutu, possédaient des missiles, dont des Mistral. Elle en tirait une forte conclusion : des Hutu auraient pu abattre l’avion de leur propre président, avec, en sous-entendu, la complicité de la France puisqu’ils ne disposaient pas des personnels capables d’engager de tels armements… Dans le même dossier, la question était posée de savoir pourquoi il avait fallu attendre si longtemps pour qu’un document d’une telle importance sorte enfin du « placard » aux secrets entourant la question du génocide du Rwanda.
Une fois de plus, grâce aux « chevaliers blancs » de la presse française, la vérité allait donc pouvoir être connue. Fermez le ban !

Le jour même, soit toujours le 1 juin 2012, j’ai publié sur mon blog un communiqué dans lequel on pouvait lire : 

« En écrivant dans l’édition du 1 juin 2012 du journal Libération que les forces armées rwandaises (FAR) auraient possédé des missiles Mistral, Maria Malagardis, illustre une fois de plus les grands travers de la presse française : esprit partisan, vision hémiplégique des évènements, non vérification de l’information, liberté prise avec les faits, le tout couronné par une grande incompétence. Quant au Figaro, son attitude est encore plus lamentable, puisque ses journalistes ont, par suivisme, répercuté sans la vérifier la pseudo révélation de leur consoeur. Reprise par toutes les radios et par la plupart des chaînes de télévision, cette « information » a été présentée comme susceptible de renverser ce que l’on croyait savoir sur les responsabilités concernant l’attentat du 6 avril 1994, action terroriste qui coûta la vie au président Habyarimana et qui fut l’élément déclencheur du génocide du Rwanda. Or, et il importe de le dire haut et fort, il s’agit là d’une nouvelle manipulation orchestrée par les soutiens européens du régime de Kigali. En effet ce document est connu de tous les spécialistes depuis des années. Il a même été longuement étudié, analysé et critiqué avant d’être finalement écarté par le TPIR en raison de son inconsistance. Mais, Madame Malagardis ignore les travaux de ce tribunal qui siège depuis 1996 (…) ».

Dans ce communiqué, connaissant que trop les méthodes d’une certaine presse française, je n’ai pas donné plus de détails, laissant les journalistes incompétents, manipulateurs ou manipulés, s’avancer en terrain découvert ; ce qu’ils ont d’ailleurs imprudemment fait... 

Aujourd’hui, un mois après leurs prétendues « révélations », je vais donc rendre publics deux éléments permettant de mesurer le sérieux de l’ « enquête » de la rédaction de Libération reprise par les journalistes suivistes du Figaro. Je réserve naturellement l’essentiel de mes informations aux abonnés à l’Afrique Réelle qui en sauront davantage quand ils recevront le numéro de juillet :

1) Le prétendu document « original » « découvert » par Madame Malagardis en 2012 à New York est conservé depuis 1996 dans les archives du TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda), à Arusha, où il est référencé sous le titre : UN Restricted 01 sept 1994 UNRES-4125/J2M-2 Background Paper for U.S Mission, United Nations (USUN). Subject : Former Rwandan Army (ex Far) Capabilities and Intentions (U). La page mentionnant l’armement, dont les prétendus missiles Mistral, est référencée Enclosure (2). 

2) J’ai cité et analysé ce document en tant qu’expert assermenté, notamment en 2008 lors du procès du capitaine Sagahutu, dans un rapport d’expertise déposé au greffe du TPIR le 1° décembre 2008, puis défendu devant la Cour sous le titre : Rapport de Bernard Lugan, témoin expert devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda dans le cadre de la procédure engagée par le Procureur contre le capitaine Innocent Sagahutu (TPIR-2000-56-T). Je cite le document « découvert » en 2012 par madame Malagardis aux pages 67-69, paragraphe IV, alinéa A de la version française de ce rapport de 2008…

La suite au prochain épisode et au gré des futures « révélations » d’une presse française décidément bien malade…

Bernard Lugan
01/07/12

lundi 25 juin 2012

Selon le général Nyamwasa, Paul Kagamé aurait ordonné l’assassinat du président Habyarimana

Jeudi 21 juin, à Johannesburg, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, ex chef d’état-major de l’armée rwandaise a fait une déclaration proprement fracassante en affirmant sous serment que Paul Kagamé « a ordonné le meurtre du président Habyarimana». Réfugié en Afrique du Sud depuis 2010, il confirmait ainsi les termes de l’ordonnance du juge Bruguière accusant l’actuel chef de l’Etat rwandais d’être à l’origine de l’attentat déclencheur du génocide du Rwanda.

Ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, ce Tutsi de haute lignée, co-fondateur du FPR, demande depuis des mois à être entendu par la justice française car il détient tous les secrets entourant la période 1990-1994. Il figure d’ailleurs parmi les neufs très hauts responsables contre lesquels le juge Bruguière a émis des mandats d’arrêt internationaux pour leur « participation » réelle ou supposée à l’assassinat du président Habyarimana.
Après avoir rompu avec Paul Kagamé, le général Nyamwaza se réfugia en Afrique du Sud où il fut victime d’une tentative de meurtre et très grièvement blessé. C’est à l’occasion du procès des six hommes qui tentèrent de le réduire au silence qu’il a fait les déclarations explosives qui, en toute logique, devraient permettre de donner une nouvelle impulsion aux investigations des juges anti-terroristes français chargés d’enquêter sur l’assassinat du président Habyarimana et dans lequel périrent trois ressortissants français.
Ces déclarations venant après celles de Théogène Rudasingwa, ancien chef de cabinet de Paul Kagamé et après celles de son ancien chef du service de renseignements, lui aussi réfugié en Afrique du Sud où il vit sous protection policière, l’heure de vérité sur l’attentat du 6 avril 1994 approche donc inexorablement. En dépit des manœuvres d’enfumage périodiquement tentées par l’actuel régime rwandais.

Bernard Lugan
25/06/12

mercredi 20 juin 2012

mardi 19 juin 2012

Bernard Lugan sur Méridien Zéro (17 juin 2012)


Partie 1

 
Partie 2