dimanche 30 janvier 2011

Conférence de Bernard Lugan : Les conséquences de la colonisation

Le 20 janvier 2011 à Lyon


Partie 1


Partie 2


Partie 3


Partie 4


Partie 5



Partie 6

10 commentaires:

  1. Monsieur le Professeur,

    Félicitations pour cette conférence, très intéressante et hautement enrichissante à tous égards.

    Très respectueusement, et cordialement.
    JC.COLLET

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  2. Merci pour vos éclaircissements. Cependant, vous démarrez l'aventure coloniale au deuxième empire colonial (XIXème siècle) alors que la France a déjà connu un premier empire qui remonte au XVIIème-XVIIIème. Les motivations de ces aventures me paraissent plus profondes que les seules visées messianiques, philosophiques ou mercantiles que vous décrivez. N'est-ce pas la rivalité avec la Grande-Bretagne qui pousse la France dans une course de vitesse en Afrique? L'affaire de Fachoda illustre bien cette compétition. Dès le premier empire colonial, les motivations premières sont géopolitiques. Le développement des marines a joué un rôle crucial dans ce grand jeu à l'échelle planétaire. Ce n'est pas par hasard que la Grande-Bretagne ait eu le plus grand empire colonial de l'histoire et qu'à la fois la Royal Navy ait été maîtresse incontestée des océans pendant cette période. Il me semble que les ressorts profonds du colonialisme étaient d'ordre géopolitique et stratégique.

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  3. Merci M Lugan pour ce nouvel éclairage que vous apportez sur la question coloniale .
    Une vision plus proche des réalités que ce que nous servent les bien-pensants et leurs nervis inféodés , savoir les journaleux .
    Vous avez je crois parfaitement raison d'insister sur ce fait capital que l'échec de la colonisation provient, entre autres , de ce "péché originel" que constitue la transposition de nos idéaux occidentaux de démocratie à des peuples qui fonctionnent différemment , et ce de façon immémoriale .
    Nous avons fauté par ethnocentrisme ....
    Mais le pire , c'est que nous continuons !
    La "repentance" est consubstantielle de cette approche rousseauiste , et "Lumièriste" ...
    Je retrouve en vous la verve , l'énergie , et la salutaire expression du non "politiquement correct" qui ont fait les grands moments de l'Action Française (entre deux guerres)...N'y manque que l'intensité du talent de polémiste d'un Daudet .
    Votre discours est sans ambiguité quant à sa filiation ...

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  4. Cet éclaircissement sur la question coloniale est indispensable quand on sait à quel point de nombreux professeurs d'histoire sont dans le registre de la repentance,préférant faire de la morale et renonçant à toute approche objective de ce fait historique.Ainsi de nombreux élèves pensent que la France s'est enrichie en pillant les richesses des peuples colonisés.Le travail de Jacques Marseille qui est cité dans cette conférence est superbement ignoré, sans doute parce qu'il est marqué par son appartenance au courant libéral.
    C'est pourquoi je recommande aux lecteurs de ce site de prendre connaissance de la position du très libéral Jean-Baptiste Say à propos de l'aventure coloniale et de la comparer à celle de Victor Hugo.Mais pour être juste, il faut aussi lire celle d'Anatole France connu pour ses convictions socialistes.Vous pourrez trouver ces textes sur Hérodote.net : la colonisation vue par des penseurs français.
    A la lecture de ces textes on peut en tirer la conclusion que ce sont souvent les positions minoritaires qui sont les plus justes mais qui sont écartées car elles vont à l'encontre de la pensée dominante.Descartes le savait bien qui écrivait dans le "Discours de la méthode":"On est toujours nombreux dans l'erreur et seul dans la vérité".

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  5. Merci, cher Monsieur, pour ces informations et cette analyse.

    Continuez avec courage !

    Xstophoros.

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  6. "(...) un système parfaitement pervers qui a commencé avec la Révolution française, qui a cassé les corps intermédiaires, qui a cassé nos autorités, qui a cassé nos hiérarchies, qui a cassé nos corps constitués de façon à nous transformer en citoyens individuels et robots face au système (...)"

    La fulgurance luganienne dans toute sa splendeur : un peu plus de deux siècles d'histoire déliquescente résumé en quelques mots. Qu'ils sont beaux les fruits de leur Révolution et de leur humanisme : des individus indéterminés, isolés, robotisés et hébétés. Mais, pas tous...

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  7. Professeur,

    Merci pour cette conférence qui nous rend la fierté d'être français et fait tomber le mur de la honte...

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  8. Je vais être un peu moins dithyrambique, désolé je suis pour les lumières. Ceci dit, la liberté ne s'impose pas, surtout par un systhème bureaucratique centralisé, on est d'accord.

    En fait les lumière c'est la science, entre autre, et plutôt que le tout commercial, le tout militaire, ou le tout bureaucrate, on eut mieux fait d'opter pour l'approche ethnologique, ou comment amener les populations à la démocratisation en partant de leurs coutumes en les arrangeant de façon progressive et adaptative.

    Alors soit la colonisation a été une belle gabegie en faisant du copié collé occidentaliste, fut-il très vaguement universaliste. Ca a couté cher parce qu'on a chercher à gérer les choses de France et par des français, plutôt que d'opter pour les forces vives des colonisés eux même, en les accompagnant dans leurs capacités à organiser leur territoires par eux même.

    Cette logique universelle eut pu amener ces populations à se prendre en main matériellement et de façon plus démocratique m^me si au début on eut pu s'appuyer sur les structures traditionnelle.

    Pour Herriot, la question n'eut pas tant de donner le droit de vote aux colonisé en tant que Français de France, mais il eut pu songer alors à leur donner le droit de vote pour leur territoires respectif, comme peuple frères associés dans une fédération de républiques soeurs. Mais il était déjà sans doute bien trop tard en 1946, le travail n'ayant pas été fait en amont.

    ceci dit, question constat de la gabegie, c'est bien fait, et même si on ne refera pas l'histoire, on peut en tirer quelques leçons qui ne convainquent pas de votre part (le féodalisme comme solution ?). Enfin nous ne sommes pas colonisés par nos colonies, parce que l'immigration ne date pas de nos colonie, polacs, ritals espinguoins, portos, ont investi la France bien avant et ce sans qu'ils viennent d'ex-colonies.

    Les ex-colonisé ne font jamais que comme leurs prédescesseurs, ils viennent chercher l'eldorado (et peut être aussi la démocratie des lumière ne vous déplaise), et seraient venus de toutes façons, bon on leur a donné le français comme passeport, mais cela n'arrêta pas leur prédescesseurs.

    Le monde se rapetisse tout simplement par des transports plus efficaces.

    Quand à l'ethnologie ? eh bien il n'est jamais trop tard pour bien faire, comprendre la culture des gens qu'on accueille peut permettre de penser une asimilation moins dogmatiquement "romantique" et plus pragmatique.

    Ceci dit, je connais beaucoup d'immigrés (seconde génération) parfaitement insérés qui pourraient donner des leçons d'universalisme à bien des franchouillards qui leur refusent locations et boulots par pur délit de faciès (ah ben c'est pas des portos ou des polacs qu'on ne reconnait pas au premier coup d'oeil à la seconde génération).

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  9. Sur la question de la culpabilité, c'est à la mode : Pascal Bruckner vient de nous faire le coup sur l'écologie...
    En tant que mécréant non catho, à vrai dire je ne sais trop ce que ça signifie.
    Alors je parlerais plutôt de regrêts, et tout d'abord les regrêts de n'avoir pas agit de façon optimum ne servent pas à grand chose à postériori, le passé est le passé, point : juste du masochisme intellectuel, on est d'accord.
    Sauf tout de même à évaluer nos erreurs passées pour éviter de retomber dans les mêmes travers dans le présent et l'avenir.
    De fait je tire quelques conclusions de vos recherches.

    1/ Il y toujours nécessaire opposition entre idéalisme, et pragmatisme économique.
    2/ De fait, l'idéalisme universaliste n'a pas su se doter des moyens de ses ambitions en administrant simplement "ses sujets" à la manière d'une monarchie, contrairement au mercantilisme, qui a bien su jouer de cet idéalisme pour se faire financer les moyens (infrastructures) de sa politique à la petite semaine.

    3/ Surtout, le fonctionnement colonial illustre en fait les rapports de pouvoir que les élites tentent de mettre en place avec les colonisés intérieurs que nous sommes. Tout juste mettent-ils des gants, eut égards à la démocratie, mais c'est bien de celà qu'il s'agit, entre une politique de gauche qui ne se donne pas les moyens de ses ambitions, et une politique mercantile qui instrumentalise ces idéaux pour se faire financer ses investissements par le collectif.

    Alors, si je ne suis tout à fait d'accord sur votre optique "la France est devenue la colonie de ses colonies" (elle l'est tout autant que des polonais, italiens etc non colonisés), j'admets néanmoins le concept en renversant la proposition, en disant que "nous tous" sommes les colonisés de l'intérieur, il est peut-être nécessaire pour les pouvoirs publics de redéfinir une politique coloniale intérieure qui ne soit plus de l'ordre d'un passé idéologique qui a montré ses limites à l'externe.

    Ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut gouverner sans tenir compte de la sociologie des administrés en forçant le pas comme dans les colonies : toute politique demande un accompagnement pédagogique amenant à une adhésion participative des populations, en mettant en place ce qu'il faut pour qu'ils gèrent par eux même le maximum de choses (bon resteront toujours les affaires courantes, la coordination, les arbitrages qui pourront être délégués).

    Sous cet angle, vos constats sont très éclairants.

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  10. Merci. Je respire.

    Je ne vous ai certes pas attendu pour tenir ce genre de propos (avec bien moins de connaissances et de verve à l'appui, j'en conviens), ce qui m'a d'ailleurs bien souvent valu rodomontades et menuets de la bien-pensance tous azimuts, mais sachez-le bien et ce, sans flagornerie de thuriféraire sans consistance, vous avez des couilles !

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