dimanche 13 décembre 2009

Actualité africaine

Bernard Lugan analyse l'actualité africaine (Radio Courtoisie - 10 décembre 2009)



1 commentaire:

  1. Je pense comprendre, de la part du TPIR, l'intention inavouée se cachant derrière la recherche de têtes pensantes, instigatrices du génocide.
    La preuve d'une préméditation au sein d'un noyau d'"extrémistes" permettrait de dédouaner en partie de leur responsabilité les simples exécutants!
    En effet, manipulés par ce petit groupe relayant par voie hiérarchique (responsables locaux), et par radio leurs ordres d'appel au massacre, aidés par la drogue et la bière de banane, la part de responsabilité des assassins s'en trouve diluée.
    Cela nous rassure un peu devant notre incompréhension face à la cruauté dont l'homme peut se montrer capable. D'un côté quelques monstres organisateurs, de l'autre des exécutants, à la fois bourreaux et victimes!
    Il est plus acceptable et surtout plus confortable pour nos consciences de ne pas accabler la nature humaine de telles inclinaisons à la monstruosité.

    Cependant, pour avoir vécu au Rwanda comme coopérant de 1990 à 1992, à Butare puis à Kigali, je me permets de vous faire part de mes impressions et ressentis concernant les problèmes "ethniques" (je laisse entre guillemets car les hutus et les tutsis ne sont pas des ethnies différentes au sens premier du mot, mais ils ont gardé des morphotypes tout à faits caractérisables que l'on pourrait comparer en Europe à ce qui différencie un scandinave d'un méditerranéen).
    J'ai pu constater la gêne à parler de son origine (de la part des tutsis surtout), la jalousie hutu face à la réussite sociale plus fréquente chez les tutsis, à leur meilleure intégration auprès de la communauté européenne, et à la beauté des femmes tutsis en général. Jalousie doublée sans doute d'un complexe d'infériorité tenant à la fois de l'Histoire et de l'aspect physique, dont le port altier, qui est naturel aux tutsis, peut être pris pour une attitude hautaine.

    Je peux aisément croire que ces ressentiments des hutus envers les tutsis aient pu envenimer envers ces derniers cette haine et cette rage criminelle. Phénomène assossié à une surpopulation dramatique, des discours de haine dans les médias, accentué par la pression du FPR aux frontières, et le sentiment d'impunité suite à la fuite de l'ONU dès les premiers massacres.

    Je peux témoigner personnellement de la crainte des tutsis "de l'intérieur" qui se sentaient pris en otage dans leur pays et envisageaient un scénario catastrophe pour leur communauté si le FPR tentait une prise de pouvoir par la force. La moindre étincelle allait mettre le feu aux poudres et on sentait déjà en 1992 la situation explosive. Des rumeurs de massacres à grande échelle circulaient (parvenues à mes oreilles de compatriotes ou de belges résidents locaux qui fréquentaient des personnages haut placés, dans l'armée notamment). Rumeurs dans les deux sens d'ailleurs car j'ai aussi entendu parler par une française mariée à un hutu de listes de personnalités hutu à abattre par le FPR! Il est compréhensible dans cette ambiance que l'attentat contre l'avion présidentiel (dont j'avais plusieurs fois rencontré les 3 membres de l'équipage français ...) ait pu être considéré par tous, comme le signal de départ d'un génocide programmé et organisé.
    Mais l'enquête prouve qu'il n'y a pas de préméditation.

    Il me reste donc une interrogation immense: Le FPR, en abattant l'avion, pouvait-il méconnaître à ce point la situation précaire des tutsis à l'intérieur du pays pour ne pas penser au risque de génocide? ... ou bien était-ce calculé pour justifier leur prise de pouvoir ...???
    Aucune des 2 solutions ne me convient, car ce sont leurs cousins et neveux, parfois leurs frères et leurs soeurs que les soldats du FPR découvraient dans les charniers au fur et à mesure de leur avancée ! Le pouvoir peut-il valoir un tel sacrifice ?

    RépondreSupprimer